Les animaux domestiques pris en otage par le Brexit

Les Britanniques risquent d’avoir des difficultés à traverser les frontières européennes avec leur animal de compagnie après un Brexit dur. [Andrew Branch/Unsplash]

Environ 250 000 chiens et chats britanniques pourraient être enfermés ou mis en quarantaine en Europe si les négociations entre le Royaume-Uni et l’UE se soldaient par un échec.

Le 29 mars, le Royaume-Uni a déclenché l’article 50, le processus légal permettant la sortie du pays de l’UE. Le coup d’envoi de deux ans de négociations intenses de divorce a donc été donné.

Révoquer l’article 50 serait illégal selon des diplomates

Les États membres de l’UE s’interrogent sur la légalité d’une possible révocation de l’article 50, proposée par le Parlement européen dans une résolution.

Si l’UE et le Royaume-Uni sont incapables de finaliser un accord de sortie ou un accord de transition avant mars 2019, le Royaume-Uni court le risque de se faire dégager de l’Union de la pire manière qui soit.

Dans ce cas-là, explique Michel Barnier, le négociateur en chef pour la Commission européenne, le Brexit « le plus dur », pourrait en effet mener à la réintroduction des contrôles douaniers, à de longues files d’attente à Douvres, à des pénuries d’approvisionnement et à des perturbations du trafic aérien.

Mais ce n’est pas tout : le Royaume-Uni pourrait brusquement se faire sortir du programme de passeport européen pour animal de compagnie, qui permet la libre circulation des chiens, des chats et des furets à travers les frontières.

Chaque année, 250 000 chiens et chats britanniques partent en vacances dans l’UE avec leur propriétaire, selon les analyses de la Commission européenne.

Selon l’État membre dans lequel ils se trouvent, les animaux qui n’ont pas de passeport ou de puce électronique peuvent être mis en quarantaine ou tout simplement renvoyés à la maison.

Euractiv a demandé à la Commission européenne si elle prenait au sérieux la menace d’une sortie du Royaume-Uni du passeport pour animal de compagnie et quand le sujet serait-il discuté lors des futures négociations.

« Le sort des chiens et des chats et leur liberté de circulation sont bien entendu de la plus haute importance, pas seulement pour la Commission européenne, mais pour l’Union européenne en général », a déclaré un porte-parole de la Commission, Alexander Winterstein.

Une des solutions serait de conclure un accord pour lequel les passeports britanniques et les passeports européens pour animaux sont considérés comme équivalents aux yeux des autorités de réglementation. Pour que cela fonctionne, le nouveau passeport britannique devra respecter les normes européennes.

L’accord final sur le Brexit doit être approuvé par les États membres et le Parlement européen. Michel Barnier a décidé qu’octobre 2018 serait la date butoir pour un accord final, ce qui donnerait cinq mois de marge pour sa ratification.

La nécessité de négocier un accord sur des questions comme les passeports d’animaux de compagnie donne une idée du travail titanesque qui attend les négociateurs des deux côtés.

Toutefois, le Dogs Trust britannique, un membre fondateur de l’Alliance européenne Dog & Cat, estime que le régime européen de voyage des animaux de compagnie (PETS) a encouragé le trafic illégal de chiots depuis l’Europe centrale et de l’Est jusqu’au Royaume-Uni.

« La décision du Royaume-Uni de sortir de l’UE est une occasion unique pour modifier la loi régissant les voyages des animaux et le contrôle des maladies tout en évitant l’importation illégale de chiots au Royaume-Uni », a déclaré Paula Boyden, directrice vétérinaire au Dogs Trust.

« Nos recommandations sont tout à fait conformes aux règles qui s’appliquaient avant que des changements soient apportés au PETS : c’est-à-dire que les propriétaires de chiens et de chats pourront continuer à voyager avec leurs animaux de compagnie et que rien ne changera pour eux s’ils respectent la loi ».

Le Parlement renforce la lutte contre les épidémies animales

Un nouveau projet de loi adopté par la commission agriculture du Parlement européen vise à mettre un terme à l’épidémie des maladies animales grâce à un encadrement du recours aux antibiotiques.

La libre circulation des citoyens européens est l’une des quatre libertés de l’Union européenne. Les responsables européens ont été catégoriques sur le fait que le Royaume-Uni ne pouvait pas contrôler la liberté de circulation et en même temps avoir accès au marché unique.

La Première ministre, Theresa May, qui veut introduire des contrôles aux frontières pour les personnes, a déclaré que le Royaume-Uni quitterait aussi le marché unique et conclurait un accord de libre-échange avec l’UE.

Alors que les Britanniques vantent leur amour pour les animaux, le sujet n’a pas beaucoup retenu l’attention durant la campagne du référendum, excepté quelques tweets très populaires.

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.