Un Brexit sans accord précipiterait le pays dans l’abîme

La Première ministre britannique, Theresa May en, Irlande du Nord. [EPA-EFE/Aidan Crawley]

La Première ministre britannique, Theresa May, a prévenu les législateurs que s’ils rejetaient l’accord du Brexit, ils plongeraient le pays dans une crise qui pourrait compromettre la sortie de l’UE.

C’est à l’occasion d’une visite à Grimsby, ville portuaire du nord du pays qui a voté à 70 % pour quitter l’Union, que la Première ministre britannique s’est exprimée pour tenter de convaincre des députés britanniques de soutenir son accord. Celle-ci a déclaré que la plupart des Britanniques voulaient que les députés « en finissent ». « Si vous rejetez l’accord, personne ne sait ce qu’il adviendra. Nous pourrions ne pas quitter l’UE avant longtemps. Nous pourrions quitter l’Union sans les protections prévues par l’accord. Nous pourrions ne jamais la quitter. La seule certitude, c’est une incertitude prolongée », a déclaré la Première ministre Theresa May.

Celle-ci a appelé les députés britanniques à ne pas empêcher le Brexit, ce qui « blesserait profondément » la confiance publique en la démocratie. La Chambre des communes votera l’approbation de l’accord de retrait mardi prochain, et les députés britanniques pourraient à nouveau refuser l’accord à moins que le gouvernement de Theresa May ne parvienne à faire des concessions de dernière minute sur la question du filet de sécurité irlandais.

Si les députés rejettent l’accord, ceux-ci auront la possibilité de voter pour un Brexit « sans accord » mercredi ou pour l’extension des négociations sur l’article 50, qui reporteraient la sortie britannique après le 29 mars. Bien que des hauts représentants du gouvernement britannique aient indiqué que toute extension ne dépasserait pas trois mois, certains britanniques craignent que les dirigeants européens n’exigent un report plus long ou ne refusent le report sans concessions du côté britannique.

Un report du Brexit? Pas si simple

Theresa May n’exclut plus de demander un report de la date fatidique du Brexit, programmé le 29 mars. Les Européens sont prêts de leur côté à jouer des prolongations pour éviter un divorce chaotique, mais pas à n’importe quel prix.

Le Royaume-Uni cherche encore à obtenir des garanties « juridiquement contraignantes » du caractère temporaire du filet de sécurité irlandais et veut s’assurer qu’il ne piègera pas le pays dans une union douanière avec l’UE sans accord sur la relation future entre le pays et l’UE. Le filet de sécurité vise à empêcher la présence d’une frontière physique sur l’île d’Irlande en cas de Brexit sans accord.

Toutefois, les négociations de cette semaine entre le négociateur en chef du Brexit, Michel Barnier, et les ministres britanniques ne sont pas vraiment parvenues à sortir de l’impasse. Theresa May a défendu le filet de sécurité, qu’elle a décrit comme une « politique d’assurance ». « Comme toute politique d’assurance, aucune partie ne veut y avoir recours. Cela doit faire partie de l’accord, le filet de sécurité ne peut pas être permanent », a-t-elle déclaré.

D’autres ministres britanniques ont quant à eux remis l’échec de l’accord sur les négociateurs européens. Vendredi matin, le ministre britannique des Affaires étrangères, Jeremy Hunt, a déclaré que les relations entre le Royaume-Uni et l’UE seraient « empoisonnées pendant des années à venir » si l’UE refusait de faire des concessions sur le filet de sécurité.

Pour leur part, les hauts fonctionnaires européens continuent de regretter que le gouvernement britannique n’ait toujours pas trouvé d’alternative claire au filet de sécurité. Au même moment, le gouvernement britannique concédait que son cadre juridique ne serait pas prêt pour le 29 mars, date officielle du Brexit.

Depuis le début de cette année, les négociations ont porté sur des centaines de législations déléguées, mais de nombreux autres textes ont été considérés comme non prioritaires, a déclaré un porte-parole du gouvernement britannique. « Nous sommes sur le point de publier le texte législatif dont nous aurons besoin pour la sortie, et près de 80 % des textes ont été traités », a-t-il déclaré.

 

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