Rétorsions financières en vue pour le Royaume-Uni

Michel Barnier, négociateur en chef de l'UE pour le Brexit. [European Commission]

Michel Barnier, a déclaré que si le Royaume-Uni ne voulait pas payer pour sortir de l’UE, « la seule option [serait] de trancher dans le vif des programmes » européens déjà budgétisés. Un article de notre partenaire Euroefe.

Michel Barnier, le négociateur principal du Brexit pour Bruxelles, qui ne souhaite pas en arriver là, a fait cette déclaration devant la commission mixte Congrès-Sénat pour l’UE, où il a expliqué le 10 mai le processus du Brexit.

Préalablement, le chef d’État espagnol, Mariano Rajoy, avait rencontré Michel Barnier pour lui faire part du soutien et de la confiance de l’Espagne face à la tâche qui l’attend.

Devant le Congrès espagnol, Michel Barnier a défendu une sortie « ordonnée » du Royaume-Uni en mars 2019 selon l’article 50 du Traité de Lisbonne, en prenant en compte les relations futures entre les deux parties.

Un accord à l’automne 2018

Il a déclaré qu’il s’agissait d’une période « très courte » pour la négociation et qu’il voulait trouver un accord avec les Britanniques avant octobre ou novembre 2018.

Selon lui, la sortie du Royaume-Uni va créer un climat d’incertitude, notamment pour les 3,2 millions de citoyens européens qui vivent au Royaume-Uni et les 1,2 million de Britanniques qui se trouvent dans l’UE.

« Nous devons trouver avec les Britanniques un accord pour maintenir le statut de ces personnes » et garantir leurs droits, a-t-il rappelé.

Il a souligné le fait qu’il n’y aurait pas différents types de négociation, mais qu’il y aurait une négociation « unique » au nom de tous les pays de l’UE. Elle sera « sérieuse et complexe ». L’UE ne recherche « ni la vengeance, ni la revanche », mais les négociateurs européens doivent être fermes dans la défense des droits des 27, a-t-il mis en garde.

«Le Brexit commence à ressembler à un coup d’État»

Le Brexit est politiquement illégitime, estime le professeur A. C. Grayling, qui affirme que le retour du Royaume-Uni dans l’UE est une réelle option d’ici 10 à 15 ans.

Il a expliqué qu’un budget européen avait été fixé pour sept ans, que des projets communs avaient été établis pour bénéficier aux citoyens de tous les pays, également du Royaume-Uni, « nous demandons donc aux Britanniques de régler leurs comptes », a-t-il précisé.

Sinon, trancher dans le vif

Michel Barnier a insisté sur la nécessité de trouver une solution, un accord, car cette question est « extrêmement sensible ».

« S’ils ne remboursent pas, si personne ne veut payer, la seule option sera, et je ne le souhaite pas, de trancher les programmes dans le vif, à moitié, et cette situation serait absolument catastrophique », a-t-il souligné.

La facture du Brexit s'annonce salée pour le Royaume-Uni

Le Royaume-Uni doit continuer de payer pour des programmes européens après sa sortie de l’UE, selon Bruxelles.

Il a également abordé la question des frontières, surtout en Irlande, ou « le processus de paix est très fragile ».

« Les Britanniques ont décidé d’abandonner le marché unique et l’union douanière avec toutes les conséquences que cela implique », a-t-il déclaré. Pour cela, il faut travailler à la construction du cadre des futures relations commerciales à travers un accord ambitieux et juste pour les deux parties et une nouvelle collaboration pour le reste (universités, sécurité et terrorisme, opérations internationales de paix).

Cette « divergence » suppose que, si les négociations ne portent pas leurs fruits sur des sujets comme l’environnement, la protection des consommateurs ou la fiscalité, la ratification de l’accord par les parlements nationaux sera « très difficile ».

Le négociateur a demandé de ne pas transformer le débat sur le Brexit en un débat sur l’avenir de l’UE.

Barnier garde la tête froide face à Londres

Le négociateur européen du Brexit estime que la protection des droits des citoyens est un devoir moral. Il refuse de se laisser entrainer dans un échange de reproches stériles avec Londres.

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