L’indépendance de l’Écosse progresse dans les sondages

Nicola Sturgeon est prudente, et ne veut pas que l'idée d'un troisième référendum en moins de dix ans ne découragent les Écossais. [SNP/Flickr]

Alors que le début des négociations du Brexit approche, près de la moitié des Écossais souhaitent quitter le Royaume-Uni, selon un sondage publié le 8 février.

Un sondage réalisé pour le Herald, à Glasgow, révèle qu’à l’exclusion des indécis, 49% des Écossais se déclarent favorables à l’indépendance et 51 % contre. Indécis compris, les partisans d’une indépendance représentent 43% des Écossais (45% contre), soit une hausse de 3 points par rapport à la précédente étude menée par le même institut, en décembre.

Le parlement britannique vient de valider la proposition de loi de la Première ministre, Theresa May, qui prévoit le vote des députés sur l’accord final négocié avec Bruxelles, mais n’offre aucune garantie contre un Brexit « dur ».

Stat quo

Si le statu quo reste en tête, l’indépendance écossaise ne serait donc plus à exclure en cas de référendum. En 2014, 55 % des électeurs s’étaient exprimés contre une sortie du Royaume-Uni, mais l’imminence du Brexit est en train de changer la donne.

En effet, en Écosse, comme en Irlande du Nord et à Gibraltar, la majorité de la population a voté pour rester dans l’UE. Un sentiment anti-Brexit exacerbé par la déclaration de Theresa May sur le marché unique, qu’elle compte quitter également, et l’absence actuelle d’un accord sur les droits des travailleurs européens résident au Royaume-Uni, et vice-versa.

>> Lire : Le parlement écossais vote symboliquement contre le Brexit

Alex Salmond, ancien dirigeant du Parti national écossais (SNP), Premier ministre écossais et porte-parole du parti à Westminster sur les affaires étrangères, s’est réjoui du résultat de ce sondage, et entend retenter un référendum national.

Malgré la défaite de son camp – l’indépendance – lors du référendum de 2014, l’ancien chef de file des nationalistes est vu comme plus offensif que sa successeure, Nicola Sturgeon, à ce sujet. La Première ministre écossaise ne peut en effet risquer qu’une nouvelle campagne et un troisième référendum, pour les Écossais, ne lassent les électeurs.

Référendum dès 2018?

Et à raison, puisque le sondage du Herald a également révélé que 56 % des Écossais ne souhaitaient pas l’organisation d’un nouveau référendum avant la fin des négociations de Brexit, qui devraient se conclurent en 2019. Nicola Sturgeon a cependant déclaré « très probable » l’organisation d’un référendum, et certaines sources estiment que celui-ci pourrait avoir lieu dès 2018.

En 2014, deux enjeux essentiels avaient entravé le camp indépendantiste : la perspective d’abandonner la livre sterling pour l’euro, alors que la crise grecque battait son plein, et le prix très bas du pétrole, une des exportations principales de l’Écosse.

L’administration écossaise, tout comme son homologue galloise, à Cardiff, fait partie des conseils ministériels conjoints, avec le gouvernement britannique. En pratique, les Cardiff et Édimbourg n’ont cependant pas d’influence concrète, et encore moins un veto, sur la forme que prendra la sortie de l’UE.

>> Lire : L’Ecosse veut pousser Londres au compromis sur le Brexit

Au vu du dernier sondage, le débat sur l’indépendance se joue à présent à 50-50, a déclaré le SNP. « Si les conservateurs continuent de poursuivre aveuglément un Brexit dur, en ignorant volontairement l’opinion claire d’une grande majorité d’Écossais, de plus en plus de citoyens verront dans l’indépendance un moyen de s’assurer davantage de certitude et de stabilité », a souligné Derek Mackay, du parti nationaliste.

Le sondage a été réalisé sur un échantillon de 1 067 Écossais de plus de 16 ans, qui ont répondu à la question suivante : « L’Écosse devrait-elle être un pays indépendant ? ». 43 % d’entre eux ont répondu « oui », 45 % « non » et les 12 % restant ne se sont pas exprimés.

Theresa May opposée à un nouveau référendum

« Nous ne pensons pas qu’il faille un second référendum. Il y en a déjà eu un, il était clair, décisif, légal, et les deux côtés ont accepté les résultats », a déclaré la porte-parole de Theresa May le 8 février.

Elle était interrogée sur des informations selon lesquelles le gouvernement britannique prépare un plan d’urgence dans l’éventualité d’un appel à un nouveau référendum sur l’indépendance écossaise.

>> Lire : Theresa May tire un trait sur la marché unique

Selon le quotidien écossais The Courier, le gouvernement se prépare à ce que Nicola Sturgeon lance un appel à la tenue d’un référendum en août 2018, lors du prochain congrès de son parti indépendantiste SNP le mois prochain.

Des « discussions pour un plan B » se déroulent actuellement entre l’équipe de Theresa May, le Bureau pour l’Écosse (un département du gouvernement), et la cheffe des conservateurs écossais, Ruth Davidson, affirme le journal en citant des sources proches de Downing Street, sans avoir été démenti.

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