Georges Soros intensifie la campagne anti-Brexit

George Soros [Pool/EPA]

Le philanthrope milliardaire milite activement pour la tenue d’un nouveau référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l’UE.

Dans un discours prononcé devant le Conseil européen sur les relations extérieures à Paris le 29 mai, George Soros a décrit le Brexit comme un « processus extrêmement préjudiciable, néfaste pour les deux parties ». Il a ajouté que le processus de « divorce » entre le Royaume-Uni et le bloc allait probablement durer environ cinq ans.

« Les arguments économiques en faveur de l’adhésion à l’UE sont solides, mais il faudra du temps pour qu’ils soient assimilés », a-t-il déclaré.

George Soros est un donateur majeur pour le groupe de campagne anti-Brexit « Best for Britain », dirigé par Eloise Todd, une ancienne responsable du groupe socialiste du Parlement européen. Il lui aurait versé 500 000 livres sterling (570 000 €). Best for Britain lancera un manifeste dans les jours à venir afin d’obtenir un nouveau scrutin l’année prochaine, a assuré George Soros.

Un nouveau référendum annulant le vote « Leave » de juin 2016 « rendrait un grand service à l’Europe en annulant le Brexit et en ne créant pas un trou difficile à combler dans le budget européen », a-t-il avancé avant d’ajouter : « mais pour être prise au sérieux, l’opinion publique britannique doit exprimer son soutien par une victoire nette. »

Ces Britanniques qui veulent faire annuler le Brexit

Au Royaume-Uni, environ 500 000 personnes adhèrent aux collectifs pro-européens créés après le Brexit. Parmi eux, 30 000 militants cherchent à obtenir un second référendum. Un article de notre partenaire, Ouest-France.

Les négociations autour de l’article 50 sur les conditions de sortie du Royaume-Uni de l’UE sont dans l’impasse depuis plusieurs mois, les ministres de Theresa May s’efforçant de se mettre d’accord sur les relations que le Royaume-Uni devrait entretenir avec l’Union douanière. Cela a retardé les pourparlers sur un futur accord commercial. Selon des sources du gouvernement britannique, les détails d’un futur pacte commercial entre le Royaume-Uni et l’UE ne seront toujours pas mis au point après sa sortie officielle de l’UE en mars 2019.

Pour le moment, les Britanniques ne montrent guère d’enthousiasme pour un deuxième référendum, et aucun grand parti politique n’appelle à un nouveau scrutin. Les sondages d’opinion suggèrent qu’une faible majorité de Britanniques regrettent la décision de quitter l’UE et sont divisés sur la question de savoir si un référendum devrait être organisé sur les conditions définitives de la sortie de la Grande-Bretagne du bloc.

Les Britanniques veulent toujours du Brexit

Bien que les Britanniques jugent que le Brexit devrait toujours avoir lieu, quatre personnes sur dix estiment que les négociations sont « un désastre total ».

Pendant ce temps, George Soros a exhorté l’UE à « se transformer en une association à laquelle des pays comme le Royaume-Uni voudraient adhérer », avertissant que le bloc est plongé dans une « crise existentielle ».

« Tout ce qui pouvait mal tourner a mal tourné », à commencer par la réponse de l’UE à la crise financière de 2007-2008. « L’Europe est confrontée à trois problèmes urgents : la crise des réfugiés, les désintégrations territoriales, comme l’illustre le Brexit, et la politique d’austérité qui a entravé le développement économique de l’Europe », a-t-il déclaré.

Gérer la crise des réfugiés « pourrait être un bon point de départ », a-t-il expliqué tout en critiquant les pays européens ayant « fait affaire avec les dictateurs, les soudoyant pour empêcher les migrants de passer par leur territoire ou pour utiliser des mesures répressives pour empêcher leurs citoyens de partir ». Et ce dans le but de freiner les flux migratoires vers l’Europe.

« L’objectif principal de la plupart des pays européens n’est pas de favoriser le développement démocratique, mais d’endiguer les flux migratoires. À long terme, cela générera davantage d’arrivées de réfugiés politiques. »

George Soros a fait valoir qu’un plan Marshall financé par l’UE pour l’Afrique, d’une valeur d’environ 30 milliards d’euros par an, pour aider les pays en développement, serait le moyen le plus efficace de faire face à la migration.

Il a averti que l’effondrement de l’accord nucléaire iranien et le différend commercial entre l’Europe et les États-Unis « ne pouvaient qu’avoir un effet négatif sur l’économie européenne ».

Le lanceur d’alerte de Cambridge Analytica dénonce le truquage du Brexit

Cambridge Analytica a illégalement faussé le référendum de 2016 sur le Brexit en exploitant les données des profils Facebook, a expliqué un lanceur d’alerte aux députés à Londres.

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