L’Ecosse veut pousser Londres au compromis sur le Brexit

Il n’y a pas de temps à perdre pour le Comité ministériel conjoint composé des dirigeants britanniques, écossais, gallois et nord-irlandais, photographié ici à Cardiff le 30 janvier, pour élaborer un compromis qui satisfera les régions décentralisées. [Downing Street]

La Première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, a donné à Theresa May jusqu’en mars pour présenter un plan de compromis à l’Écosse, lors d’une réunion du Comité ministériel conjoint le 30 janvier à Cardiff.

La Première ministre britannique s’est donnée jusqu’en mars pour déclencher l’article 50, qui ouvrira deux ans de négociations pour sortir le Royaume-Uni de l’UE après 41 ans d’adhésion.

Toutefois, l’Écosse, qui a voté pour rester dans le bloc lors du référendum de juin 2016, doit toujours « faire entendre sa voix », selon Nicola Sturgeon, dont le Parti national écossais gère une administration minoritaire à Édimbourg.

Après la réunion du Comité ministériel conjoint dans la capitale galloise, Nicola Sturgeon a regretté que jusqu’à présent, seule l’Écosse se fût préparée à un compromis pour « arrondir les angles ». Étaient également présent lors de la réunion, le Premier ministre travailliste du Pays de Galle, Carwyn Jones, le Sinn Féin d’Irlande du Nord, ainsi que le ministre britannique en charge du Brexit, David Davis et le ministre du Commerce international, Liam Fox.

Second référendum

Désormais sous la pression de l’organisation d’un second référendum sur l’indépendance de l’Écosse suite à un Brexit non désiré, Nicola Sturgeon a déclaré : « Je suis venue aujourd’hui déterminée à trouver un terrain d’entente, un moyen d’arrondir les angles entre les Britanniques désirant quitter l’UE et les Écossais ayant voté le contraire. »

« Je suis aussi venue délivrer un message précis au gouvernement britannique : jusqu’à présent, seul le gouvernement écossais a fait l’effort du compromis. Il n’y a eu aucune volonté de la part du gouvernement britannique de faire un pas en avant », a-t-elle regretté. « Reste donc à savoir si l’Écosse sera écoutée dans tout ce processus, et en ce sens, la période entre maintenant et l’activation de l’article 50 est absolument cruciale ».

>> Lire : Le risque d’un référendum écossais se précise

Le SNP de Nicola Sturgeon organise sa conférence de printemps en mars, date à laquelle elle annoncera peut-être l’organisation d’un référendum sur l’indépendance.

Néanmoins, selon un sondage publié le 30 janvier, le soutien à l’indépendance a baissé à 43 % face à un statu quo qui remporte 51 % des voix. Le référendum sur l’indépendance de 2014 avait été perdu à 45 % contre 55 %.

Theresa May se rend désormais à Dublin, pour une réunion avec le président irlandais, Enda Kenny. Pour compliquer les choses, un sondage publié le 30 janvier également en Irlande montrait que 56 % des répondants souhaitaient un référendum sur l’accord final sur le Brexit.

L’Irlande à un droit légal en ce qui concerne les référendums sur les grands traités de l’UE et avait déjà jeté un pavé dans la mare avec un « non » au traité de Nice par exemple.

Le Pays de Galle, représenté par Carwyn Jones lors de la réunion du Comité, est dans une situation plus complexe. La nation a voté « Leave » lors du référendum, alors qu’elle est bénéficiaire d’importants financements régionaux de l’UE depuis plus de 40 ans.

Carwyn Jones a déclaré aux journalistes que la réunion avait été « utile », mais a ajouté : « il y a encore beaucoup de travail à faire. Nous voulons jouer un rôle à part entière dans le processus. En fin de compte, tout tourne autour de l’emploi, nous devons protéger l’emploi et notre économie. »

Quelle vision? 

« Nous ne connaissons pas encore la vision détaillée du gouvernement britannique sur de nombreux sujets. Mais les bonnes choses ont été dites lors de la réunion, maintenant nous voulons voir de l’action. »

>> Lire : May annonce un Brexit « clair et net »

Interrogé sur l’éventualité d’organiser un second référendum écossais sur l’indépendance en mars, Nicola Sturgeon est restée équivoque. « Je ferai ce qui est en mon pouvoir pour protéger le point de vue de l’Écosse. Le temps nous est compté dans ce processus. Ça ne peut pas continuer comme ça indéfiniment », a-t-elle affirmé.

« C’est ma dernière chance d’expliquer clairement à la Première ministre que je dois voir bouger les choses un peu de son côté aussi, et dans les semaines à venir, elle a l’occasion de démontrer qu’elle fera un pas en avant », a espéré Nicola Sturgeon.

Comité ministériel conjoint

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