Les députés britanniques réclament de nouvelles négociations sur le Brexit

[Handout photo/EPA/EFE]

Dans une série de votes sur le Brexit, les députés britanniques ont réclamé une réouverture des négociations sur le filet de sécurité irlandais. Une option fermement rejetée par l’UE.

Quelques minutes après que les députés britanniques ont soutenu de justesse un amendement rejetant un scénario de Brexit sans accord, c’est à 317 voix pour et 301 voix contre qu’ils ont décidé d’éliminer le « backstop », le filet de sécurité permettant à l’Irlande du Nord de rester dans l’Union douanière si aucun accord commercial n’était conclu entre l’UE et le Royaume-Uni avant décembre 2020.

L’amendement, proposé par le député conservateur Graham Brady et soutenu par le gouvernement de Theresa May, appelle à trouver des « dispositions alternatives » pour éviter une frontière physique.

Lors d’une série d’autres votes, les occupants de la Chambre des communes se sont également opposés à la prolongation de l’article 50 jusqu’à fin 2019 dans le cas où la Première ministre, Theresa May, ne parvient pas à rassembler des soutiens sur son accord de Brexit.

Ils ont également voté un amendement permettant aux députés de prendre le contrôle de la politique liée au Brexit, et un autre, proposé par le parti travailliste, pour maintenir le Royaume-Uni dans l’Union douanière.

Le filet de sécurité, que l’UE estime indispensable pour éviter le retour d’une frontière physique entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande, est l’un des éléments les plus controversés des négociations du divorce. Les partisans du Brexit soutiennent que des solutions technologiques peuvent remplacer les contrôles physiques à la frontière, un scénario que l’UE a toujours rejeté.

En réponse aux votes à Westminster, les dirigeants européens ont répété qu’il n’y aurait pas de renégociation de l’accord de retrait de 585 pages, conclu avec Theresa May en novembre, mais largement désavoué par les députés au mois de janvier.

« L’accord de retrait est et reste le meilleur et le seul moyen de garantir une sortie ordonnée », a souligné le président du Conseil européen, Donald Tusk, avant d’ajouter : « Le filet de sécurité fait partie de l’accord de retrait et ce dernier n’est pas ouvert à la renégociation. »

Barnier juge que l'accord du Brexit est le «seul possible»

Le négociateur en chef du Brexit, Michel Barnier, revient sur ce qui est désormais négociable ou non entre l’UE et le Royaume-Uni.

Dans le même temps, un porte-parole du Taoiseach (Premier minister) irlandais, Leo Varadkar, a aussi rappelé que « l’accord de retrait ne sera pas renégocié » et était « un compromis soigneusement négocié ». Depuis Chypre, Emmanuel Macron a également exclu toute renégociation.

L’impasse entre Bruxelles et Londres accroit pourtant les chances d’un Brexit sans accord le 29 mars, date officielle de sortie du Royaume-Uni de l’UE.

Le 29 janvier, Theresa May a cherché à rallier les conservateurs rebelles qui ont rejeté l’accord en leur demandant de lui accorder « le mandat le plus clair possible » pour rouvrir les négociations.

« Nous sommes à portée de main d’un accord recueillant le consensus, mais les prochains jours seront cruciaux. Pour obtenir ces changements de Bruxelles, j’ai besoin du plus solide des soutiens derrière moi », a-t-elle déclaré.

« Si vous voulez dire à Bruxelles ce que vous désirez, il faut voter pour. Si vous voulez un Brexit, alors il faut voter pour le Brexit. »

Theresa May a ajouté qu’elle attendait « non pas un échange de lettres, mais un changement légalement contraignant » impliquant « la réouverture de l’accord de retrait… à laquelle l’UE est si peu favorable. »

La Première ministre a ajouté que l’UE avait aussi la « volonté » de conclure un accord. Theresa May a désormais deux semaines pour obtenir de nouvelles concessions avant de présenter un accord révisé au parlement britannique le 13 février.

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