Theresa May demande l’ouverture rapide de négociations commerciales

Theresa May souhaite faire avancer les négociations sur le commerce. [Frederic Legrand - COMEO/Shutterstock]

La Première ministre britannique, Theresa May, a demandé à l’UE d’ouvrir « le plus vite possible » des discussions commerciales.

Le 15 décembre, les dirigeants européens doivent confirmer que Londres et Bruxelles ont fait des « progrès suffisants » sur les modalités de leur divorce, pour ouvrir un nouveau chapitre centré sur leur future relation post-Brexit, que le Royaume-Uni attend avec impatience.

Encore fragilisée au lendemain d’une déconvenue au Parlement britannique, Theresa May, « déçue », a toutefois assuré que le Royaume-Uni était « en bonne voie pour tenir (ses) promesses sur le Brexit, sur le vote du peuple britannique ».

Selon un responsable britannique, elle a réclamé qu’on en vienne aux discussions commerciales « le plus vite possible », au cours d’un dîner avec ses 27 homologues de l’UE le 14 au soir.

Ces derniers acceptent volontiers d’ouvrir dès janvier la négociation sur une période de transition après leur séparation, attendue pour fin mars 2019. Mais Londres devra attendre le mois de mars pour parler commerce, préviennent-ils dans un projet de texte vu par l’AFP.

Les Européens veulent en effet y voir plus clair dans les intentions britanniques avant de révéler leur position. D’ici au printemps, ils espèrent obtenir davantage de détails sur l’idée que se font les Britanniques du « partenariat approfondi et spécial » voulu par la Première ministre, qui n’est jamais entrée dans plus de détails.

Elle « cache son jeu pour le moment », a observé le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte. « Une bonne technique de négociation » selon lui, mais « nous aurons besoin de comprendre comment elle voit la relation future ».

Les 27 et les Britanniques ne pourront s’entendre sur un véritable accord de libre-échange qu’une fois le Royaume-Uni devenu un pays tiers, mais les Européens s’engagent à accompagner l’accord de retrait final d’une déclaration politique sur le sujet.

Theresa May perd un vote crucial au parlement britannique

Victime de la rébellion d’une partie de son propre camp, la Première ministre britannique a perdu, à quatre voix près, un vote crucial sur le Brexit au Parlement, exposant sa faiblesse à la veille d’un sommet européen

Un vrai test

Theresa May a perdu de justesse mercredi soir un vote crucial devant son Parlement en raison de la rébellion d’une partie de son camp conservateur. Les députés ont ainsi voté un amendement prévoyant que tout accord final conclu sur le Brexit devra être ratifié par un vote contraignant du Parlement.

« Dès qu’elle négocie(ra) quelque chose, elle devra retourner à Londres pour obtenir approbation. Ça ne change rien à l’agenda, mais rend juste les choses plus difficiles pour le gouvernement britannique », a jugé le Premier ministre luxembourgeois, Xavier Bettel.

Tandis que Theresa May chancelle, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a averti jeudi que la deuxième phase des discussions serait « le vrai test » pour l’unité des 27.

Certes, l’UE s’affiche unie face à Londres, mais les autres thèmes du sommet ont montré qu’elle pouvait toujours se diviser sur d’autres questions. « Nous allons évoquer des sujets pour lesquels le manque d’unité est très voyant, je veux parler de l’Union monétaire et de la migration », a explicité Donald Tusk.

Ces divisions – entre le nord et le sud de l’UE dans le premier cas, l’est et l’ouest dans le second – « sont souvent accompagnées d’émotions qui rendent difficile la recherche d’un langage commun, d’une argumentation rationnelle. C’est pour cela que nous devons travailler sur notre unité plus intensivement », a-t-il jugé.

Les divisions sur les quotas de réfugiés ressurgissent avant le Sommet européen

Le commissaire Dimitris Avramopoulos a dénoncé les propositions « inacceptables » et « anti-européennes » sur l’immigration du président du Conseil, Donald Tusk, en amont du sommet européen des 14 et 15 décembre.

Le débat sur la réforme de la zone euro aura lieu vendredi matin au cours d’un petit-déjeuner entre les 27, avant qu’ils n’évoquent dans la matinée la suite des négociations du Brexit.

Le thème des migrants animait quant à lui le dîner jeudi, après que Donald Tusk a pris l’initiative d’une discussion « ouverte et franche » sur « ce qui a marché et ce qui n’a pas marché » dans la réponse de l’UE à la vague migratoire depuis 2015.

En suggérant que les quotas de répartition, très controversés, de demandeurs d’asile avaient été « inefficaces » au cours des deux années écoulées, le président du Conseil a satisfait les pays comme la Hongrie et la Pologne, hostiles à ce volet de la politique migratoire européenne.

Il a cependant aussi froissé les autres, ainsi que la Commission européenne, qui souhaitent que des mesures de relocalisation de réfugiés soient à nouveau incluses dans la réforme en chantier de l’asile dans l’UE, par solidarité avec les pays en première ligne comme l’Italie et la Grèce.

Avant le dîner, une cérémonie a célébré le lancement d’une coopération militaire inédite entre 25 États membres (seuls le Royaume-Uni, le Danemark et Malte restent en dehors), par laquelle l’UE ambitionne de donner une nouvelle impulsion à l’Europe de la défense.

Les 28 ont aussi reconduit pour six mois leurs lourdes sanctions économiques contre la Russie et réitéré leur position « inchangée » sur le conflit israélo-palestinien et le statut de Jérusalem.