Theresa May persiste sur la ligne d’un Brexit dur

Theresa May et Jeremy Corbyn lors du non-débat sur Sky News et Channel 4. [Sky News]

Theresa May a répété qu’elle préférait une absence d’accord à un mauvais accord sur le Brexit. Une position qui fragilise la Première Ministre avant les élections législatives.

« Nous serons là pour négocier l’accord qui convient mais comme je l’ai dit aucun accord vaut mieux qu’un mauvais accord. Nous devons être prêts à nous désengager », a-t-elle déclaré lors d’un débat sur la chaîne de télévision Sky News.

« Ils [les Européens] adoptent une position agressive dans la négociation qui ne peut être compensée que par un gouvernement fort de la Grande-Bretagne », a-t-elle assuré. « Si nous ne réussissons pas les cinq prochaines années, notre prospérité économique va souffrir, l’emploi et le niveau de vie seront menacés, et avec eux la sécurité et la tranquillité d’esprit des familles laborieuses. »

Elections législatives

Cette déclaration de Theresa May intervient à dix jours des élections législatives anticipées que la chef du gouvernement britannique a convoquées avec l’espoir d’obtenir une majorité renforcée à la Chambre des communes.

Au moment de l’annonce des élections, les conservateurs caracolaient en tête des sondages, mais les enquêtes d’opinion montrent à présent un net resserrement de l’écart entre le Parti conservateur de Theresa May, toujours en tête, et le Parti travailliste de Jeremy Corbyn.

Évoquant le Brexit qui est l’enjeu principal de cette élection, Jeremy Corbyn a indiqué qu’en cas de victoire de son parti, il ferait en sorte qu’un accord soit trouvé pour une séparation d’avec l’UE. Interrogé sur la perspective d’une absence d’entente entre Britanniques et Européens, le travailliste a répondu : « il y aura un accord. Nous nous assurerons qu’il y ait un accord ».

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Un duel difficile pour Theresa May

Le 29 mai, les leaders du Parti conservateur et travailliste ont été interrogés successivement et séparément par le public, puis par le journaliste Jeremy Paxman devant des millions de téléspectateurs. Le Brexit s’est bien sûr invité au cœur du duel télévisé.

Theresa May avait refusé tout face-à-face direct avec son rival travailliste, alors que le principal parti d’opposition a rattrapé une partie de son énorme retard dans les sondages sur les conservateurs ces dernières semaines, avant que la campagne ne soit suspendue pendant quatre jours à la suite de l’attentat de Manchester.

Le public a d’abord attaqué Jeremy Corbyn sur la sécurité, son maillon faible. Theresa May a pour sa part été interpellée à plusieurs reprises sur les coupes budgétaires imposées par le gouvernement conservateur dans les services publics depuis 2010.

Les deux candidats ont ensuite été soumis au feu nourri des questions de Jeremy Paxman, journaliste réputé pour ses interviews sans concessions, qui avait posé la même question douze fois de suite à un homme politique en 1997.

Jeremy Corbyn s’est plutôt bien tiré de l’exercice aux yeux, même d’un de ses plus grands critiques, l’ex-leader du parti UKIP, Nigel Farage, qui, tout en réaffirmant son opposition totale, l’a trouvé « totalement sincère ».

Il a assuré qu’il ferait « en sorte » qu’il y ait un accord avec l’UE. Acceptant le « verdict du peuple », il s’est dit lui aussi en faveur d’une « immigration contrôlée », mais il a tenu à rappeler « la contribution énorme des travailleurs immigrés à notre système de santé ou de transports ».

Retranchements

Theresa May a, quant à elle, été poussée dans ses retranchements, surtout sur le Brexit, contre lequel elle avait fait campagne avant le référendum du 23 juin 2016. Elle a répété que, selon elle, « pas d’accord est meilleur qu’un mauvais accord » pour le Royaume-Uni et a promis d’être « aussi coriace qu’il le faudra » lors des négociations qui débuteront quelques jours après le scrutin du 8 juin.

Ses interventions ont toutefois été moquées par ses opposants, notamment sur Twitter, où ils se sont livrés à un concours de GIFs aux dépens de la Première ministre. Ils lui reprochent entre autres d’être incapable de faire face à la population et la comparent souvent à un robot.

« Theresa May quand on lui pose une question sur ses politiques, les coupes budgétaires la politique en générale, ou même la vie. »

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