Theresa May ouvre la porte à un second référendum

Theresa May EPA-EFE/JULIEN WARNAND

Theresa May a proposé aux députés britanniques réfractaires « une dernière chance » pour adopter son accord sur le Brexit la semaine prochaine. Un appel reçu par un silence glacial.

Le nouvel accord sur le Brexit de la Première ministre, contenu dans un accord de retrait de 100 pages, comprend une série d’incitatifs pour les députés récalcitrants, allant d’engagements sur l’emploi et les normes environnementales à la perspective d’un second référendum.

S’exprimant le 22 mai, Theresa May a prévenu que l’impasse politique continue sur le Brexit risquait « d’ouvrir la porte au cauchemar d’une politique perpétuellement polarisée ».

L’accord du Brexit, que Theresa May a conclu avec les dirigeants européens en novembre dernier, a été rejeté trois fois par la Chambre des communes. Le 29 mars, date où le Royaume-Uni était censé quitter le bloc, l’accord n’avait été rejeté « que » de 58 voix.

L’incapacité à faire passer l’accord de retrait en deuxième lecture au parlement la semaine prochaine forcera le gouvernement à officiellement l’abandonner. La Première ministre tente donc le tout pour le tout pour convaincre les députés de l’opposition du Parti travailliste, des libéraux et démocrates et du Parti national écossais de le soutenir.

Suite à la défaite du 29 mars, des négociations entre partis ont été lancées avec le parti travailliste, mais n’ont débouché sur aucun compromis. Le chef de file des travaillistes, Jeremy Corbyn assurant que Theresa May refusait d’avancer sur ses demandes clés d’union douanière permanente entre l’UE et le Royaume-Uni.

La Première ministre a reconnu que négocier un accord de Brexit avec des partis politiques récalcitrants s’était avéré « beaucoup plus difficile que prévu ». Dans sa nouvelle proposition de compromis, elle propose la possibilité d’un référendum pour valider son accord, si les députés y sont favorables.

« Je ne crois pas que nous devons emprunter cette voie, car je pense que nous devons appliquer le résultat du premier référendum […] Mais je reconnais qu’une partie de la chambre des Communes s’y oppose de manière sincère et authentique. »

Le Brexit, "poison" des élections européennes

Le chef de file du groupe libéral au Parlement européen, Guy Verhofstadt, estime que la décision d’accorder au Royaume-Uni va empoisonner les élections européennes.

Elle a également promis de présenter un projet de loi distinct pour garantir que les droits des travailleurs et les normes environnementales ne soient pas en-dessous de ceux de l’UE, et les députés auront l’occasion de voter à nouveau sur une union douanière temporaire sur les biens. Si les travaillistes remportent les prochaines élections générales, ils pourraient transformer cette mesure en une disposition permanente.

La proposition a toutefois rapidement été rejetée par les eurosceptiques conservateurs et le parti travailliste. Environ 20 députés conservateurs ayant voté pour l’accord sur le Brexit le 29 mars ont déjà signalé qu’ils s’opposeraient au compromis.

« Il n’y a rien de nouveau ou d’audacieux dans ce mauvais buffet d’options de non-Brexit », a déclaré l’ancien ministre du cabinet, Iain Duncan Smith. « Le filet de sécurité est encore là, et à part son nom, c’est en tout une union douanière. Bruxelles aura encore le contrôle de notre destin », a-t-il ajouté.

Jeremy Corbyn a quant à lui rejeté la proposition et l’a qualifié de « version remodelée du même vieil accord ».

Le parti de Theresa May devrait subir une lourde défaite lors des élections européennes de jeudi, où les conservateurs devraient obtenir moins de 10 % et finir à la cinquième place derrière le parti du Brexit de Nigel Farage, les travaillistes, les Libéraux et démocrates et les Verts.

Les conservateurs n’ont pas vraiment fait campagne en vue du scrutin européen et pourrait se retrouver avec seulement trois des 73 sièges britanniques au Parlement européen.

La semaine dernière, Theresa May aurait répondu à la demande de ses députés d’arrière-ban pour établir le calendrier de sa démission à la tête du parti si son accord est rejeté pour la quatrième fois.

La démission de la Première ministre signalerait le début d’une course à la présidence du parti qui ne devrait pas être conclue avant que le parlement britannique parte en vacances à la mi-juillet. La fenêtre d’opportunité est donc très étroite pour donner la chance au successeur de Theresa May d’ouvrir les négociations avec les négociateurs européens et au parlement britannique d’adopter un accord avant la nouvelle date prévue de sortie, le 31 octobre.

Les dirigeants européens repoussent le Brexit au 31 octobre

Le Royaume-Uni devrait rester dans l’UE jusqu’au 31 octobre et prendre part aux élections européennes de mai, Theresa May ayant obtenu une nouvelle prolongation afin d’éviter une sortie sans accord.

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