Michel Barnier considère les barrières commerciales comme inévitables après le Brexit

David Davis, Theresa May, Jean-Claude Juncker et Michel Barnier lors d'une rencontre à la Commission européenne en décembre. [Eric Vida/lPool/EPA]

A Londres, Michel Barnier a prévenu les Britanniques que les barrières commerciales avec l’UE seraient inévitables si le Royaume-Uni insistait pour quitter l’union douanière. Chaque partie refuse actuellement de céder du terrain.

« Sans l’union douanière, et en dehors du marché unique, les barrières sur le commerce des biens et des services sont inévitables », a déclaré le 5 février Michel Barnier, négociateur en chef pour l’UE, suite à des réunions avec son homologue britannique David Davis et la Première ministre britannique, Theresa May, à Londres.

Cela inclut des services financiers, ainsi que le « passeport » permettant actuellement aux banques britanniques d’échanger sans problème avec le continent. Tout cela n’existera plus après le Brexit, selon Michel Barnier.

L’UE contre le maintien du «passeport européen» des banques britanniques

Après le Brexit, les négociateurs de l’UE estiment qu’il n’y a pas lieu d’envisager le maintien du « passeport européen » qui permet aux banques basées sur le sol britannique d’opérer sur tous les marchés de l’UE.

Le week-end dernier, Theresa May a exclu toute adhésion à l’union douanière après la sortie du Royaume-Uni de l’UE en mars 2019, après avoir subi d’intenses pressions de la ligne dure de son parti conservateur. Elle réunira environ dix de ses ministres en cette fin de semaine pour finaliser la position du gouvernement.

« Du côté européen, nous attendrons la position officielle du gouvernement britannique dans les prochaines semaines », a commenté Michel Barnier.

Pour sa part, David Davis a annoncé aux journalistes qu’une « période intense de négociation » allait commencer, afin de finaliser les conditions de la période de transition de deux ans avant le prochain sommet européen qui aura lieu le 22 mars. Cela permettra de commencer les négociations sur un futur accord de libre-échange.

Les discussions commencent à Bruxelles le 7 février et se concentreront sur les questions de la frontière irlandaise, de gouvernance et de mise en place de la transition.

« Je suis convaincu que nous parviendrons à un accord politique lors du Conseil économique de mars », a déclaré David Davis. « Nous voulons un accord de libre-échange complet, accompagné d’un accord douanier, et ce, avec le moins de tensions possible, tout en nous donnant l’opportunité de conclure des accords de libre-échange avec le reste du monde. »

La période de transition sera « limitée dans le temps », a-t-il rappelé, tout en ajoutant qu’à terme, le Royaume-Uni se trouvera en dehors de l’union douanière et du marché unique à plus long terme.

Hilary Benn, présidente de la commission sur le Brexit pour le parti travailliste au parlement, a déclaré à la BBC le 5 février que sortir de l’union douanière était « une grave erreur ». « Le gouvernement fait désormais face aux conséquences des lignes rouges qu’il a établies, y compris en disant que leur volonté est de sortir de l’union douanière. »

Les lignes rouges de l'UE sur la période post-Brexit déstabilisent Londres

L’UE exige que le  Royaume-Uni continue d’appliquer toutes les règles européennes au cours de la phase de transition post-Brexit souhaitée par Londres.

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