La traduction de la stratégie britannique pour le Brexit tourne au ridicule

Livre blanc [DExEU]

Le gouvernement britannique a fait traduire le résumé de son Livre blanc sur le Brexit en 22 langues européennes. Mais de multiples erreurs de traduction se sont glissées dans les textes.

Le gouvernement britannique a fait traduire son Livre blanc sur le Brexit, une décision interprétée par de nombreux fonctionnaires bruxellois comme une tentative pour s’adresser directement aux capitales nationales.

Et ainsi contourner l’équipe de négociation de la Commission européenne, dirigée par l’ancien commissaire français Michel Barnier.

Le ministère de la sortie de l’Union européenne (DExEU), supervisé par le député David Davis avant sa démission, a collaboré avec l’Office des affaires étrangères et du Commonwealth (FCO) sur le travail de traduction.

Erreurs de traduction

Ce geste symbolique a toutefois été tourné au ridicule après que des experts en traduction et des locuteurs natifs ont découvert que le texte était rempli d’erreurs de traduction.

Dans la langue de Molière, et aussi celle de Michel Barnier, un « principled Brexit » est traduit par « Brexit vertueux ». Un terme qui fâche de nombreux francophones, car il change le sens du terme original en ajoutant un aspect moral à l’expression.

Dans la version croate, le terme utilisé pour dire Royaume-Uni est « Ujedinjeno Kraljevstvo », alors que ce terme est hors d’usage depuis un certain nombre d’années dans les documents officiels. « Ujedinjena Kraljevina » est la version actuellement acceptée.

Quant à la version galloise, un locuteur a pointé l’usage du mot « cenhadaeth » pour désigner la mission d’une organisation, mais a fait remarquer qu’une autre signification de « cenhadaeth » est « évangélisme religieux ».

La seule version entièrement traduite du Livre blanc, qui s’étend sur plus de 100 pages, sera en gallois, qui n’est pas une langue officielle de l’UE.

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Les locuteurs natifs ont également confirmé que les versions italienne et néerlandaise étaient aussi remplies de mauvaises traductions.

Certains néerlandophones et Maltais ont fait valoir qu’en raison de la prédominance de l’anglais dans leur pays, la traduction de documents aussi complexes et techniques n’était pas nécessaire.

Mais c’est dans la version allemande que les erreurs sont les plus nombreuses. Pour commencer, sur la page Internet du ministère, le lien vers la version allemande du Livre blanc a été étiqueté à tort comme « Deutsche » alors que l’orthographe correcte est sans « e ». Elle a été corrigée par la suite.

Les noms de l’Estonie et de la Finlande ont également été mal orthographiés, de même que celui de la Pologne, bien que la version polonaise n’ait pas été publiée sur le site Web.

Les utilisateurs de Twitter ont également relevé que la traduction allemande était pleine de termes archaïques, de mots composés apparemment inventés et certains l’ont même qualifié d’« illisible ».

Les directives de négociation de l’article 50 de l’UE ont été traduites dans les 24 langues officielles de l’Union par les services de traduction des institutions et d’autres documents sont disponibles dans les langues de travail de l’UE, à savoir le français et l’allemand.

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Le service de traduction de la Commission européenne est le plus grand service de ce type au monde, employant des milliers de linguistes afin de rendre les documents officiels disponibles dans chaque langue. Au total, les traducteurs rendent 552 combinaisons linguistiques possibles.

Le budget annuel de la DG Traduction est d’environ 330 millions d’euros et, en 2014, elle a traduit environ 2,3 millions de pages, pour un coût d’environ 2 euros par citoyen européen.

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