Tusk veut un report du Brexit contre un soutien de l’accord 

[Council]

Le président du Conseil européen a averti le Royaume-Uni que l’UE n’acceptera la demande de prolongation du Brexit de Theresa May que si les députés britanniques soutiennent l’accord de retrait la semaine prochaine.

Donnant-donnant, c’est la proposition qu’a fait Donald Tus à la veille du sommet européen. Le président du Conseil européen a déclaré qu’à la suite d’un appel téléphonique avec Theresa May, « une courte prolongation sera possible, mais elle sera conditionnelle à un vote positif à la Chambre des communes ». Le parlement britannique a déjà rejeté à deux reprises l’accord sur le Brexit de la Première ministre et personne ne sait si elle parviendra à faire changer de bord ses opposants.

Pour Donald Tusk, « la question reste ouverte quant à la durée d’une telle prolongation. La proposition de la Première ministre Theresa May pour le 30 juin, qui a ses mérites, crée une série de questions de nature juridique et politique. »

Cette déclaration constitue la base de la lettre d’invitation officielle envoyée par Donald Tusk aux dirigeants européens mercredi.

Mercredi soir, la Press Association a rapporté que la France, l’Espagne et la Belgique se préparaient à opposer leur veto à la demande du Royaume-Uni. Toutefois, les diplomates de la plupart des États membres ont fait savoir qu’ils étaient prêts à accorder une courte prolongation.

Le même jour, Theresa May a admis que le Royaume-Uni ne quitterait pas l’UE avec un accord le 29 mars, qualifiant cette situation de « grand regret personnel ». Elle a de nouveau imputé la responsabilité du retard aux députés britanniques et a insisté sur le fait qu’elle ne retarderait pas le Brexit au-delà du 30 juin.

La Première ministre britannique a officiellement demandé une prolongation de trois mois du processus de l’article 50 dans une lettre adressée à Donald Tusk, se disant « confiante » dans le fait que la Chambre des communes soutiendrait l’accord déjà rejeté deux fois.

En réponse, le chef de la Commission européenne, Jean Claude-Juncker, a averti que toute prolongation ne devrait courir que jusqu’au 24 mai pour éviter que le Royaume-Uni ne doive participer aux élections du Parlement européen.

Le report du Brexit plane sur les élections européennes

Theresa May a officiellement demandé à l’UE de décaler la date du Brexit au 30 juin. Mais un report au-delà du 23 mai entraînerait une participation de Londres aux élections européennes, inenvisageable pour les Britanniques comme pour les Européens.

Theresa May devrait faire une déclaration à 20h00 le 21 juin sur l’état des négociations.

Le président du Conseil a également minimisé les propos selon lesquels les dirigeants de l’UE allaient devoir tenir un deuxième sommet pour se prononcer sur la demande d’extension. Selon lui « si les dirigeants acceptent mes recommandations… nous pourrons finaliser et formaliser la décision sur l’extension par une procédure écrite ».

Dans la seule phrase qui a été supprimée par la suite de la lettre d’invitation, il a toutefois déclaré qu’il « n’hésiterait pas » à rappeler les dirigeants européens si nécessaire.

« Même si l’espoir d’un succès final peut paraître fragile, voire illusoire, et bien que la fatigue vis-à-vis du Brexit soit de plus en plus visible et justifiée, nous ne pouvons renoncer à rechercher – jusqu’au dernier moment – une solution positive, bien sûr sans rouvrir l’accord de retrait. Nous avons réagi avec patience et bonne volonté à de nombreux revirements de situation, et je suis convaincu que, maintenant aussi, nous continuerons à faire preuve de la même patience et de la même bonne volonté, à ce moment crucial du processus », conclut Donald Tusk.

En réponse, Guy Verhofstadt, l’eurodéputé libéral belge qui dirige le groupe de pilotage du Brexit du Parlement européen, a tweeté que «  la seule question pertinente maintenant est de savoir si la Première ministre peut réunir une majorité multipartite la semaine prochaine. »

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