Soupçons sur les financements de campagne des pro-Brexit

epa06801913 Arron Banks, cofondateur de la campagne Leave.EU, arrive au parlement pour s’expliquer devant les députés, à Portcullis House à Londres, Grande-Bretagne, le 12 juin 2018. Des allégations le lient à des responsables russes et font craindre une influence de la Russie sur le résultat du référendum Brexit. EPA-EFE/NEIL HALL

Une enquête criminelle vient d’être ouverte sur Arron Banks, homme d’affaires ayant financé UKIP et la campagne anti-UE avant le référendum du Brexit.

L’Agence nationale contre le crime britannique (NCA) a lancé une enquête sur l’origine des fonds versés par l’homme d’affaires Arron Banks à la campagne Leave.EU, qui militait pour le Brexit. Cette enquête ne porte pas sur une possible infraction à la loi électorale, a indiqué l’agence, spécialisée dans les délits graves et la criminalité organisée.

La commission électorale britannique a pointé l’illégalité du financement de la campagne anti-UE avant le référendum du Brexit, en juin 2016. Notamment en cause : des prêts de donateurs inadmissibles et la dissimulation de transactions financières de la part d’entreprises basées à Gibraltar et sur l’île de Man.

La commission estime que des délits pénaux ont probablement eu lieu et qu’Arron Banks n’était pas vraiment le donateur des prêts de 8 millions de livres (9,1 millions d’euros) accordés aux groupes de campagne.

La campagne pro-Brexit condamnée pour infraction à la loi électorale

La campagne « Vote Leave » s’est vu imposer une amende pour avoir contourné les limites de dépenses prévues par la loi électorale, sans que cela ne remette en cause le Brexit.

L’homme d’affaires s’est montré confiant quant au fait « qu’une enquête complète et honnête pourra enfin faire cesser les allégations  absurdes portées contre [lui] et [ses] collègues ». Il assure également que la commission électorale avait agi « sous une pression politique intense de la part des anti-Brexit ».

À l’annonce de l’ouverture de l’investigation, des partisans de l’UE ont appelé au gel du processus de Brexit jusqu’aux conclusions des enquêteurs. Le Royaume-Uni devrait sortir de l’UE le 29 mars 2019.

L’enquête de la commission électorale portait sur les 2 millions de livres (2,3 millions d’euros) qui auraient été prêtées à l’association Better for the country, qui gérait la campagne Leave.EU, par Arron Banks et son groupe d’assurances. Elle s’est aussi penchée sur les 6 millions de livres (6,8 millions d’euros) supplémentaires données à l’organisation pour la campagne, par l’homme d’affaires lui-même.

« Nous avons des raisons valables de penser que l’argent donné à Better for the country provenait de sources inadmissibles et que M. Banks et Mme Bilney, responsable de Leave.EU, ont dissimulé à dessein les circonstances réelles de ce don », explique le conseiller juridique de la commission électorale, Bob Posner.

« C’est important parce qu’au moins 2,9 millions de livres issues de ce don ont été utilisées pour des dépenses et donations durant la période réglementée menant au référendum sur l’UE », ajoute-t-il.

Certains prêts accordés à Leave.EU et Better for the country en 2015 et 2016 par la Rock Holdings Limited, basée sur l’île de Man, sont inadmissibles, souligne la commission électorale. Celle-ci estime qu‘Arron Banks, Elizabeth Bilney et d’autres membres de la campagne ont dissimulé les vrais détails de ces transactions financières. Les deux principaux intéressés réfutent en bloc.

« La Rock Holdings Limited est une société que je possède et que je contrôle, et je suis un contribuable britannique. Aucun argent russe ou étranger n’a jamais été engagé », a déclaré Arron Banks à Reuters.

Leave.EU n’a pas remporté le statut de campagne officielle des anti-UE, mais a existé en parallèle, comme une sorte d’unité de campagne dotée de ressources et d’un personnel abondants. Avant le référendum, Arron Banks aurait fourni 9,6 millions de livres (10,9 millions d’euros) à cette campagne menée par Nigel Farage, qui était alors à la tête du parti UKIP. Il a aussi versé 1 million d’euros au parti europhobe en 2014.

L’homme d’affaires écarte régulièrement les questions portant sur l’origine de sa fortune, et en particulier sur les activités minières de ses entreprises dans plusieurs pays du sud de l’Afrique. Sa société d’assurance lui a remporté beaucoup d’argent, et il a aussi fait des dons au parti conservateur.

Le Brexit coûte plus cher que l'UE

Le Brexit coûte plus cher à Londres que sa participation à l’UE. Soit 560 millions d’euros par semaine. Et le soutien des conservateurs à leur gouvernement faiblit.

 

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