Londres espère entamer les discussions post-Brexit avec l’UE

David Davis et Michel Barnier. [European Commission]

Le quatrième cycle de négociation qui a débuté le 25 septembre sera celui de la dernière chance pour Londres de faire avancer les négociations vers la question de l’après-Brexit avant le Conseil d’octobre.

Le négociateur en chef pour l’UE, Michel Barnier, a qualifié de « constructif » le discours prononcé par la Première ministre britannique la semaine dernière, à Florence. À présent, l’important est de voir comment les détails d’un accord pourraient être déterminés avec le négociateur britannique, David Davis.

La première phase des négociations porte sur les questions que l’UE voudrait régler avant de commencer à discuter des relations post-Brexit, à savoir la facture de Londres, les droits des citoyens européens et britanniques à l’étranger et la frontière irlandaise, seule frontière terrestre entre l’UE et le Royaume-Uni hors UE.

May change d’avis sur le Brexit dur

Déterminée à relancer les négociations de sortie de l’UE, Theresa May a plaidé pour un Brexit « doux » avec une période de transition de deux ans et s’est engagée à honorer les engagements financiers britanniques vis-à-vis des Européens.

Michel Barnier a beau s’être félicité du discours délivré par Theresa May, dans lequel elle propose notamment une période de transition de deux ans, il a souligné que ces déclarations n’altèreraient pas le déroulement des négociations. Il a également indiqué qu’il « restait plus nécessaire que jamais » d’avancer sur ces trois sujets.

« Il ne faut pas mélanger les éléments qui font partie de la sortie en bon ordre de l’UE  et les discussions sur notre relation futur » a-t-il rappelé. « Il me semble que  nous ne pourrons discuter d’une période de transition que si nous concluons un accord de principe sur la sortie en bon ordre de l’union. »

Or, le discours florentin de Theresa May n’a pas réellement abordé ces trois questions clé de la première phase de négociations, même si elle a confirmé que Londres « respecterait ses engagements ».

Conseil de la dernière chance

Au début des négociations, le sommet du Conseil des 19 et 20 octobre a été désigné comme date limite informelle pour faire progresser ces premières questions. Les dirigeants européens doivent en effet décider de donner ou non un mandat à Michel Barnier pour commencer à négocier la future relation entre les deux blocs.

Le cycle de négociation de cette semaine est donc en quelque sorte la dernière chance pour l’équipe britannique de faire avancer le processus pour enfin aborder ce qui l’intéresse le plus : la négociation de l’avenir. Londres espère encore commencer à discuter d’un accord commercial avant la fin de l’année. La semaine passée, un haut responsable européen affirmait toutefois que les 27 prendraient « tout le temps dont nous avons besoin » avant de s’atteler à la deuxième phase des discussions.

« Il y a eu quelques progrès mais nous devons vraiment avancer maintenant. Le temps presse », a plaidé le ministre estonien Matti Maasikas, dont le pays assure la présidence tournante de l’Union européenne.

David Davis et Michel Barnier se sont rencontrés le soir du 25 septembre pour ouvrir le bal des discussions, qu’ils laisseront ensuite aux négociateurs jusqu’à jeudi. Les deux représentants devraient ensuite organiser une conférence de presse commune.

Theresa May rencontrera pour sa part Donald Tusk, le président du Conseil, pour déjeuner à Londres jeudi, puis les 27 autres chefs d’État et de gouvernement en Estonie, le soir même, pour diner.

Inquiet, Barnier exhorte Londres à négocier «sérieusement»

Le négociateur en chef de l’UE pour le Brexit, Michel Barnier, a exhorté lundi le Royaume-Uni à « commencer à négocier sérieusement » sa sortie de l’UE, à l’ouverture d’une nouvelle session de tractations à Bruxelles.

Pragmatisme

David Davis a concédé que progresser dans les discussions exigera du « pragmatisme des deux côtés ».

Si les Européens n’ont pas réclamé de fixer un montant pour progresser vers la phase suivante des négociations, ils exigent de définir rapidement une « méthodologie » pour calculer le montant des engagements britanniques.

Côté européen, le règlement financier du divorce a été évalué officieusement entre 60 et 100 milliards d’euros, selon plusieurs sources.

Au quotidien The Times, qui affirme que Londres a accepté de payer 40 milliards de livres (45 milliards d’euros), soit 20 milliards comme contribution au budget européen qui court jusqu’en 2020 et 20 milliards pour d’autres engagements, David Davis a répondu que la somme était « inventée ».

Période de transition

Par ailleurs, si période de transition il y a, elle devra se faire sous le régime des règles communautaires, a indiqué le négociateur en chef de l’UE.

« S’il s’agit durant cette période de maintenir la participation du Royaume-Uni au marché unique et à l’Union douanière […] et aux politiques qui accompagnent le marché unique, il est clair que la totalité de l’architecture de régulation européenne, [sa mise en œuvre], les conditions financières, la supervision, tout cela sera maintenu dans cette période-là sans exception », a expliqué Michel Barnier.

Brexit: les négociateurs sous la pression des entreprises

Pour poursuivre leurs échanges commerciaux dans de bonnes conditions, les entreprises du Royaume-Uni et d’Allemagne veulent des clarifications rapides concernant les modalités de mise en œuvre du Brexit. Un article de notre partenaire La Tribune.

 

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