Londres libre d’imposer des visas à la Pologne après le Brexit

David Davis, British Secretary of State for Exiting the European Union [Commission]

Le Royaume-Uni sera libre d’introduire des visas pour la Pologne, la Roumanie et la Bulgarie et risque de le faire après sa « sortie ordonnée » de l’UE, a déclaré David Davis, négociateur en chef du Brexit.

David Davis et son homologue européen, Michel Barnier, se sont exprimés devant la presse le jeudi 28 septembre pour débriefer du quatrième cycle de négociation ayant eu lieu cette semaine.

Les deux négociateurs ont indiqué qu’ils avaient pu clarifié un certain nombre de détails portés par la Première ministre Theresa May lors de son discours à Florence le 22 septembre.

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La Première ministre britannique va s’efforcer de relancer les négociations, actuellement au point mort, sur le divorce avec l’UE lors de son déplacement à Florence, le 22 septembre.

Michel Barnier a toutefois prévenu que le temps pressait pour faire des progrès suffisants pour que les dirigeants européens acceptent de débloquer les discussions sur la future relation du Royaume-Uni avec l’UE, après son départ en mars 2019. « Il reste beaucoup de travail à accomplir dans les semaines et les mois à venir », a-t-il assuré.

Lors de la conférence de presse, David Davis a été interrogé sur l’éventualité de réintroduire les visas pour la Pologne, la Bulgarie et la Roumanie après sa sortie, ou si l’accord du Brexit contiendrait un engagement à ne pas imposer de visas.

« Oui, nous serons libres d’imposer des visas à nouveau, nous ne serons plus membres de l’Union européenne, nous serons libres d’avoir la politique migratoire que nous voulons. Comme je l’ai déjà dit, ça ne veut pas dire que les personnes d’autres pays européens ne pourront pas venir au Royaume-Uni et y travailler, mais nous aurons cette liberté », a répondu David Davis.

Michel Barnier a d’abord éviter de commenter la question affirmant qu’elle est plus du ressort du négociateur britannique, mais a fini par expliquer que légalement il ne pouvait pas s’atteler à cette problématique mais que plus tard, dans le contexte des discussions sur la future relation avec le Royaume-Uni, « il serait toujours possible de discuter de questions comme l’immigration, de questions concernant les citoyens des deux côtés ».

Il a toutefois souligné que ce serait dans le contexte des relations de l’UE avec le Royaume-Uni, qui aurait déjà le statut de pays tiers.

La campagne « Leave » menée par les pro-Brexit s’est largement construite sur l’idée qu’une sortie de l’UE permettrait d’arrêter les Polonais, les Roumains et les Bulgares de prendre les emplois des citoyens britanniques.

La politique de visas de l’UE nécessite une réciprocité des pays tiers, ce qui signifie que si le Royaume-Uni, en tant que pays tiers, imposait des visas aux Polonais seulement, les 27 États membres devraient réintroduire des obligations de visas pour les citoyens britanniques.

Cette règle s’est néanmoins avérée impraticable, du moins dans le cas des relations UE-USA, car les citoyens de Pologne, Chypre, Croatie, Roumanie et Bulgarie ont toujours besoin de visas pour se rendre aux États-Unis.

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