Suspens sur la participation des Britanniques aux élections européennes

Les députés britanniques ont voté pour l'exclusion d'un Brexit sans accord [EPA-EFE/PARLIAMENTARY RECORDING UNIT]

La Première ministre britannique Theresa May a prévenu les députés qu’un report du Brexit pourrait impliquer que le pays participe aux élections européennes du mois de mai.

Après une journée de négociations tendues à Westminster, les députés britanniques ont finalement voté à une majorité de 321 sur 594 pour éviter un Brexit sans accord. Les députés peuvent désormais demander le report de l’article 50 et avoir recours à une série de « votes indicatifs » pour connaître la direction que le Brexit pourrait prendre au parlement britannique.

Après le vote, Theresa May a prévenu les députés qu’à moins qu’ils n’approuvent l’accord d’ici mercredi prochain, avant son départ pour le sommet du Conseil, celle-ci se verrait contrainte de négocier un report « bien plus long » que trois mois, qui impliquerait une participation aux élections européennes. « Je ne pense pas que ce serait une bonne chose », a-t-elle ajouté.

Un report du Brexit? Pas si simple

Theresa May n’exclut plus de demander un report de la date fatidique du Brexit, programmé le 29 mars. Les Européens sont prêts de leur côté à jouer des prolongations pour éviter un divorce chaotique, mais pas à n’importe quel prix.

Face au Parlement européen réuni en session plénière à Strasbourg, le négociateur en chef du Brexit, Michel Barnier, a déjà remis en question la nécessité d’un report du Brexit et prévenu que le risque d’une sortie sans accord était « plus élevé que jamais ». Guy Verhofstadt, responsable du groupe de pilotage sur le Brexit au Parlement européen, s’est dit mercredi « contre toute prolongation de l’article 50, même pour 24 heures », à moins que la Chambre des communes trouve une proposition pour avancer.

Le vote des députés britanniques n’était toutefois pas juridiquement contraignant et n’exclut donc pas la possibilité d’un scénario sans accord. 11 ministres, qui sont aussi députés, se sont abstenus de voter, bien que la position du gouvernement soit de rejeter la motion et de garder l’option d’un Brexit sans accord sur la table« La seule façon d’y arriver est d’approuver l’accord ou de révoquer l’article 50 », a déclaré le secrétaire à l’environnement, Michael Glove, l’un des leaders de la campagne « Leave » pour le référendum de 2016, aujourd’hui chargé de représenter la position du gouvernement.

Du côté de l’UE, un porte-parole de la Commission a minimisé l’importance du vote. « Il y a seulement deux manières de quitter l’UE, avec ou sans accord. Écarter l’option d’un Brexit sans accord n’est pas suffisant, il faut que les députés proposent un accord », a-t-il déclaré.

De nombreux ministres ont indiqué que les députés auraient la possibilité d’avoir recours à des « votes indicatifs » dans les prochains jours afin de déterminer le type d’accord qu’ils pourraient approuver.

Un Brexit sans accord précipiterait le pays dans l’abîme

La Première ministre britannique, Theresa May, a prévenu les législateurs que s’ils rejetaient l’accord du Brexit de la semaine prochaine, ils plongeraient le pays dans une crise qui pourrait compromettre la sortie de l’UE.

« Un coup de massue pour l’économie »

Le chancelier de l’Échiquier, Philip Hammond, qui avait présenté ses prévisions économiques plus tôt dans la journée, a indiqué que les députés « auraient l’occasion d’esquisser un projet qui ferait consensus pour une sortie de l’UE sans encombre. »

Aucune des options du Brexit n’est pour l’heure exclue. Le porte-parole du parti travailliste, Sir Keir Starmer, a annoncé aux députés que son parti restait ouvert à un deuxième référendum. Il y a toutefois une division au sein du parti de l’opposition : certains verraient plutôt un accord « à la norvégienne » où le pays quitterait l’UE mais ferait encore partie du marché unique et de l’union douanière, et d’autres soutiennent un deuxième référendum.

Le chancelier de l’Échiquier a averti qu’un Brexit sans accord causerait « une baisse significative à moyen/long terme de la capacité de production de l’économie britannique ». Le gouvernement a intensifié son plan d’urgence en cas de Brexit « sans accord » en annonçant son intention de supprimer temporairement les droits de douane sur 87% des produits d’importation si le pays quittait l’UE sans accord.

Furieux, les dirigeants de l’industrie se sont plaints de ne pas avoir été consultés quant à ces mesures et de ne pas avoir le temps de se préparer, à seulement deux semaines de la date officielle du Brexit. La directrice générale du syndicat patronal Confederation of British Industry a qualifié la motion de « coup de massue pour l’économie ».

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