Le Royaume-Uni ne désignera pas de nouveau commissaire européen

[Photo: EPA-EFE/STEPHANIE LECOCQ]

Le gouvernement britannique a confirmé qu’il ne désignerait pas de candidat au poste de commissaire européen, avançant qu’il s’agissait d’une distraction alors que le pays s’apprête à quitter l’UE le 31 octobre 2019.

Sir Tim Barrow, représentant permanent du Royaume-Uni auprès de l’Union européenne, a déclaré dans un courrier à l’attention de la Commission européenne et du Conseil européen que son gouvernement ne nommerait pas de candidat au poste de commissaire européen, alors que la date butoir était prévue ce 26 août 2019.

Dans sa lettre, Tim Barrow évoque la décision de Boris Johnson prise le 25 juillet 2019 selon laquelle il ne choisira pas de candidat pour compléter l’administration d’Ursula von der Leyen à partir du 1er novembre 2019.

Les États membres doivent soumettre leurs candidats le 26 août 2019, mais la crise politique italienne risque de repousser la date d’échéance. La France, quant à elle, cache encore son jeu.

Qui sont les nouveaux commissaires européens ?

Les gouvernements ont désigné leurs candidats pour la prochaine Commission européenne qui sera présidée par Ursula von der Leyen. Ils doivent désormais être auditionnés par le Parlement européen.

L’absence de candidat britannique pourrait poser un problème d’ordre juridique : le droit de l’UE stipule que chaque État membre doit être représenté à la Commission européenne. La lettre rédigée par Londres affirme néanmoins que le Royaume-Uni ne s’opposera pas à ce que le Conseil adopte une liste de 27 candidats et qu’elle soit transmise au Parlement européen.

« Le Royaume-Uni reste prêt à travailler de manière constructive pour garantir l’entrée en fonction d’un nouveau collège de commissaires à partir du 1e novembre 2019 », a conclu Tim Barrow.

Juncker suggère de réduire le nombre de commissaires européens

Le président de la Commission européenne appelle les États membres à alléger le nombre de commissaires : il n’y a pas assez de travail pour 28 selon lui. Il demande aussi de ne pas remplacer temporairement ceux qui ont été élus eurodéputés.

En outre, une question persiste : que se passerait-il si le Royaume-Uni demande et se voit accorder une prolongation du délai du Brexit, sachant que la nouvelle Commission viendra d’être constituée lors du prochain sommet européen de ce 17 octobre 2019 ?

L’actuel commissaire européen britannique, chargé de la Sécurité de l’Union et qui ne se réclame d’aucun parti politique, pourrait toutefois voir son mandat renouveler en cas d’une prolongation du délai du Brexit — même si le ton employé dans la lettre ne semble pas offrir la possibilité de revenir en arrière.

La confirmation officielle qu’aucun candidat britannique ne sera présenté est une preuve supplémentaire selon laquelle le gouvernement de Boris Johnson semble accepter l’idée d’un Brexit sans accord.

Stephen Barclay, ministre chargé du Brexit, a indiqué dans un communiqué que « nous quittons l’UE ce 31 octobre 2019. En tant qu’État membre sortant, nous ne nous impliquerons pas dans les affaires de la nouvelle Commission, nommer un nouveau commissaire britannique n’aurait pas d’intérêt ».

Stephen Barclay avait déjà annoncé auparavant que les représentants du Royaume-Uni ne prendraient plus part aux réunions européennes dont les programmes ne sont pas liés au Brexit, ajoutant que leurs fonds seraient redirigés pour resserrer les relations diplomatiques entre les deux parties.

Le Royaume-Uni se met en retrait des réunions européennes

À partir du 1 septembre 2019, le gouvernement britannique ne participera plus à la plupart des réunions de l’UE. Londres cèdera également certains de ses droits de vote à la Finlande.

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