Brexit. La pression monte entre Londres et Bruxelles à la veille de la reprise des négociations

David Frost, le négociateur britannique sur le Brexit. [Stephanie Lecocq/EPA/EFE]

Ce week-end, David Frost, le négociateur en chef du Brexit pour le Royaume-Uni a averti Bruxelles que le gouvernement britannique n’avait « pas peur » de claquer la porte des négociations sans conclure d’accord commercial post-Brexit.  

David Frost accueillera son homologue pour l’UE Michel Barnier à Londres afin d’amorcer le huitième tour des négociations mardi (8 septembre). Les deux parties devront tenter de lever les obstacles que posent l’alignement sur les règles européennes et le secteur halieutique.

Dans un entretien avec The Mail on Sunday, un journal hebdomadaire britannique, M. Frost a également rejeté l’imbroglio actuel sur l’équipe de Theresa May, expliquant que l’ancienne Première ministre avait « flanché aux moments critiques » des discussions sur l’accord de retrait.

De ce fait, le négociateur britannique a avancé que le bloc s’était habitué à « ne pas nous prendre au sérieux ».

Brexit : pas d'accord commercial sans compromis sur la pêche, avertit Barnier

Le négociateur en chef de l’Union européenne sur la relation post-Brexit Michel Barnier a averti mercredi qu’un accord commercial avec le Royaume-Uni ne serait possible qu’à condition qu’un compromis sur la pêche soit trouvé. Il accuse Londres d’utiliser ce sujet comme « monnaie d’échange » dans les négociations.

Ces propos se sont attiré les foudres de Gavin Barwell, chef du cabinet May, pour qui David Frost « ne manque pas de toupet », étant donné que 95 % de l’accord de retrait signé par Boris Johnson avait été négociés par Theresa May.

« Les 5 % restants témoignent de la capitulation britannique à la principale demande européenne », a expliqué M. Barwell, faisant référence à l’approbation du « backstop » de l’UE par Boris Johnson, un filet de sécurité empêchant la mise en place d’une frontière physique entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande.

Même si la période transitoire post-Brexit prend fin le 31 décembre, la date butoir pour s’entendre sur un nouvel accord commercial et coordonner sa ratification entre les parlements nationaux et le Parlement européen se rapproche peu à peu.

Interrogé par la BBC dimanche (6 septembre), le secrétaire des Affaires étrangères Dominic Raab a également tenté de faire pression sur Michel Barnier, mettant en garde que cette semaine de négociations serait « un coup de semonce pour le navire européen », répétant qu’« un accord était à portée de main » si les deux parties parvenaient à trouver un compromis sur les aides d’État et la filière halieutique.

Les problématiques relatives aux pêcheries semblent être plus complexes à résoudre. Alors que l’UE exige des accords similaires à ceux de la politique commune de la pêche, le Royaume-Uni souhaite suivre le modèle de l’accord de pêche entre l’UE et la Norvège

Londres devrait présenter ses plans concernant son futur régime d’aides d’État au fil du mois, une action dont les représentants espèrent qu’elle constituera un premier pas vers un compromis. Michel Barnier a déclaré que l’UE ne pouvait pas accepter un accord commercial sans savoir à quoi ressemblerait le régime de subventions du Royaume-Uni, bien que son équipe ait indiqué que le Royaume-Uni ne devait pas nécessairement refléter les règles européennes en la matière.

« Je pense que cette semaine sera primordiale pour que le bloc accepte l’impossibilité de marchander sur ces deux points », a soutenu M. Raab.

Ces dernières semaines, les deux parties semblent s’être davantage ancrées dans leur position. Il y a quelques jours, M. Barnier s’est dit « inquiet et déçu » du refus de compromis britannique, tandis que le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian tient l’« attitude intransigeante et, pour être honnête, saugrenue » du Royaume-Uni comme responsable de l’enlisement des négociations.

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