D’après plusieurs ministres, Londres prévoit de remanier le protocole nord-irlandais

David Frost, ministre britannique chargé du Brexit.

Le Royaume-Uni prévoit de publier de nouvelles stratégies d’ici à la fin du mois pour réviser le protocole sur l’Irlande du Nord, ont déclaré plusieurs ministres jeudi (8 juillet).

À l’occasion d’un évènement organisé par le groupe de réflexion Policy Exchange, le ministre britannique chargé du Brexit, David Frost, et le ministre britannique chargé de l’Irlande du Nord, Brandon Lewis, ont déclaré que le Protocole ne remplissait pas ses objectifs visant à minimiser les répercussions du Brexit sur le quotidien des citoyens et à faciliter les échanges commerciaux entre l’Irlande du Nord et la Grande-Bretagne.

« La situation actuelle n’est pas conforme avec l’équilibre prudent avec l’accord de Belfast (accord du Vendredi saint). Le Protocole ne devrait pas fonctionner de cette façon. Il convient de reconnaître la réalité politique et de la gérer. Ce gouvernement ne peut simplement pas ignorer la réalité et rester sans rien faire tandis que les tensions s’enveniment et les difficultés s’exacerbent », a indiqué David Frost.

Le protocole place une frontière en mer d’Irlande, l’Irlande du Nord conservant un pied dans le marché intérieur européen, tout en restant une province britannique. L’objectif ? Éviter une frontière physique entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande.

Le Royaume-Uni signe un accord commercial avec la Norvège, l'Islande et le Liechtenstein

La signature de l’accord jeudi fait suite à un accord de principe conclu le mois dernier par les quatre pays.

Les représentants britanniques ont avancé qu’ils ne s’attendaient pas à ce que l’UE introduise le Protocole nord-irlandais de façon si stricte. De même, ils ont souligné le mécontentement des unionistes probritanniques dans la province. Il s’agit là d’une preuve illustrant que le Protocole, dans sa forme actuelle, risque de saper la stabilité politique et le processus de paix.

Si M. Frost a insisté sur le fait que les propos au ton quelque peu virulent ne visaient pas l’UE, il paraît peu probable que la Commission européenne les accueille de bon cœur. Il convient de rappeler que l’exécutif a accepté une demande récemment formulée par Londres de prolonger de trois mois les périodes de grâce pour les viandes réfrigérées voyageant de l’Angleterre vers l’Irlande du Nord. En revanche, l’UE interdit toute importation de ce type de biens s’ils ne sont pas produits conformément aux normes du bloc.

« Si nous parvenons à rétablir un nouvel équilibre avantageux pour tout le monde, nous pourrons alors orienter les liens GB-UE sur une nouvelle voie, une voie qui va au-delà des tensions actuelles », a poursuivi le ministre britannique.

 Aux yeux, de M. Lewis, l’UE se montre « intransigeante » sur le sujet.

Toutefois, les représentants de l’UE et de l’opposition britannique ont tous les deux reproché à Westminster de faire preuve de mauvaise volonté en refusant d’appliquer et en défaisant un accord négocié il y a quelques mois seulement.

Plus tôt jeudi (8 juillet), le leader travailliste Keir Starmer a accusé le Premier ministre Boris Johnson de mettre en péril la stabilité du processus de paix en Irlande du Nord en raison de sa malhonnêteté.

Brexit : sur l’agroalimentaire, l’UE propose un accord proche de celui conclu avec la Suisse

Afin de mettre un terme à la « guerre des saucisses », l’Union européenne pousse le Royaume-Uni à envisager un accord semblable à celui qui la lie à la Suisse sur les produits agroalimentaires. Un article d’Euractiv Italie.

La semaine dernière, le vice-président de la Commission européenne chargé de relations interinstitutionnelles, Maros Šefčovič, a indiqué aux membres de l’Assemblée nord-irlandaise que l’UE « était prête à prendre des mesures plus audacieuses », envisageant une révision éventuelle des lois du bloc. De plus, il a avancé que Bruxelles se montrerait souple si Londres s’engage à mettre en place le Protocole dans sa totalité.

Enfin, il a rappelé que l’UE invitait le Royaume-Uni à réfléchir à un accord semblable à celui qui la lie à la Suisse sur les produits agroalimentaires. Une proposition rejetée à maintes reprises par le sérail politique britannique, invoquant une perte de souveraineté. Affaire à suivre.

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