Le Royaume-Uni se met en retrait des réunions européennes

[Photo: Michael Tubi / Shutterstock]

À partir du 1er septembre 2019, le gouvernement britannique ne participera plus à la plupart des réunions de l’UE. Londres cèdera également certains de ses droits de vote à la Finlande.

Selon le ministère pour la sortie de l’Union européenne, les représentants britanniques participeront seulement aux réunions européennes qui présentent un intérêt national considérable pour le Royaume-Uni, comme la sécurité, le Brexit, la souveraineté, les relations internationales et la finance.

« Cette décision reflète le fait que le Brexit approche à grands pas et que de nombreuses réunions européennes traiteront de l’avenir de l’UE après la sortie du Royaume-Uni », stipule la déclaration.

Il est étrange que le Royaume-Uni n’inclue pas l’environnement ou le climat à sa liste de préoccupations, sachant que le pays a pour ambition d’organiser prochainement le Sommet des Nations unies sur le climat.

Boris Johnson suscite l’hostilité de l’UE sur le "backstop"

Le premier Ministre du Royaume-Uni s’est attiré les foudres du président du Conseil européen. Aux yeux de Donald Tusk, les alternatives au « backstop » proposées par Boris Johnson sont « irréalistes ».

Le Secrétaire d’État à la sortie de l’Union européenne, Stephen Barclay, a déclaré que « les réunions européennes demandent énormément de temps et d’énergie », avançant que leur participation sera réduite de moitié et que des centaines d’heures seront ainsi libérées pour saisir les occasions qui se présenteront et concentrer leurs efforts à la sortie de l’UE prévue ce 31 octobre.

Pour l’eurodéputée Catherine Bearder (Renew Europe) « il s’agit d’un caprice mené par des politiques nationaux, qui dévalorise notre adhésion à l’UE ainsi que notre influence sur Bruxelles et nos alliés ».

Le mot de la fin(lande)

Le Royaume-Uni a en fait renforcé sa présence à Bruxelles depuis le référendum de 2016, faisant passer ses effectifs d’environ 100 à plus de 150.

Le boycott d’un État membre aussi influent que le Royaume-Uni pourrait toutefois entraver les processus décisionnels de l’UE, étant donné que des abstentions dans les votes pourraient fausser les négociations des affaires européennes

Afin d’éviter ce scénario, Londres cèdera ses droits de vote à la Finlande, actuellement à la tête du Conseil de l’Union européenne.

La Finlande veut convaincre l'UE de mettre le bien-être au rang du PIB

La Finlande vise une croissance économique plus inclusive, l’une ses priorités lors de sa présidence au Conseil de l’UE. La ministre finlandaise des Affaires sociales, Aino-Kaisa Pekonen, présente sa conception de « l’économie du bien-être ».

David Forest, négociateur du Brexit, a annoncé à plusieurs diplomates que la Finlande devrait faire usage de cette procuration « afin que l’UE ne soit pas bloquée et puisse aller de l’avant ».

L’eurodéputé écossais Alyn Smith (Verts/ALE) a souligné sur twitter que le Royaume-Uni, qui compte plus de 66 millions d’habitants, avait cédé ses droits de vote à un pays qui n’en compte que cinq millions.

Le gouvernement a, en outre, confirmé que Boris Johnson participera encore aux réunions du Conseil européen, ou plutôt à une réunion : le sommet prévu le 12 et 13 octobre 2019.

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