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19/01/2017

Un Anglais lève 165 000 euros pour attaquer les « politiques menteurs » du Brexit

Royaume-Uni en Europe

Un Anglais lève 165 000 euros pour attaquer les « politiques menteurs » du Brexit

Boris Johnson et Nigel Farage font partie des personnalités politiques visées par le projet.

Le Britannique Marcus J.Ball a lancé une opération de crowdfounding pour attaquer en justice les politiciens qui ont menti pendant la campagne pour le référendum sur le Brexit. Si les chances de gagner en justice sont modestes, le succès populaire est au rendez-vous. Un article de notre partenaire La Tribune.

La société civile se lance dans la lutte contre les mensonges en politique. Marcus J.Ball a organisé une opération de crowdfunding appelé #Brexitjustice qui lui a permis de lever 165.000 euros (145 000 livres) comme le rapporte Business Insider. Le but de cette levée est d’engager des procédures judiciaires contre les politiciens qui ont menti pendant la campagne sur le Brexit.

Lorsque le site spécialisé britannique l’avait interrogé en juillet dernier, Ball expliquait avoir déjà levé 104 000 euros sur un objectif de 115 000 euros. Il avait déclaré à l’époque qu’il voulait utiliser ces dons afin d’engager une équipe de juristes qui « pourrait poursuivre les leaders du Leave en se basant sur des fraudes, des manipulations en public, une influence excessive, et d’inciter à une possible haine raciale. »

La liste des personnes visées par le projet comprend l’actuel secrétaire d’État aux Affaires étrangères et ancien maire de Londres Boris Johnson et le leader du parti conservateur Ukip Nigel Farage.

Quelques partisans du Vote Leave avaient affirmé que le Royaume-Uni « envoyait 350 millions de livres à l’Europe (environ 430 millions d’euros). » Si le Brexit l’emportait, cette somme devait servir à financer le système de santé publique britannique (le National Health Service). Quelques heures après le scrutin sur le référendum, Nigel Farage avait déclaré lors d’un entretien à l’émission Good Morning Britain qu’il ne pouvait pas assurer cette promesse et que c’était « une erreur ».

Par ailleurs, la somme envoyée à l’UE n’était pas de 350 millions de livres par semaine, mais plutôt 136 millions.

Les deux camps sont visés

Le Britannique, passionné par les questions d’enseignement supérieur, les politiques et le monde des startups, a désormais une équipe de juristes derrière lui pour lancer des actions en justice contre ces politiciens. Si le groupe de juristes devrait se focaliser sur les partisans du Brexit, Ball indique qu’il souhaite s’attaquer aux deux camps qui ont mené campagne.

« Si Brexit Justice travaille réellement sur la vérité chez les politiques, nous devons enquêter sur la malhonnêteté dans les deux camps. Si nous pouvons construire des dossiers solides contre les leaders politiques venant du camp du Brexit et ceux venant du Remain, nous poursuivrons les deux camps ensemble. Je suis allé voir mes donateurs et je leur ai dit mon intention d’enquêter sur les deux camps […]Cela renforcera notre cause devant les tribunaux. »

Pour plaider sa cause, Ball a engagé les services du cabinet de juristes basé à Londres Edmonds Marshall McMahon. L’un des partenaires fondateurs de la société, Andrew Marshall, un avocat avec plus de 20 ans d’expérience, devrait mener ces actions en justice. Il a auparavant mené des procédures judiciaires contre Shell, Rolls Royce et contre l’aéroport de Londres-Luton.

Une société civile impliquée dans la lutte contre le mensonge

Dans cette opération de crowdfunding, plus de 5 000 personnes ont fait des dons et 10 individus ont donné plus de 1.000 livres. La campagne a donc reçu un véritable soutien du public et ce n’est qu’un début.

En revanche, Ball indique qu’il lui faudrait lever encore plus d’argent pour garantir un succès à ces procédures. « A ce moment, je crois qu’il faudrait 2 000 000 de livres (2,3 millions d’euros) au minimum pour donner une chance raisonnable, et en même temps je pense que c’est réalisable. Je vais à nouveau lancer un appel au crowdfounding et demander un soutien financier des compagnies et de riches personnes. Nous sommes en train de nous élever contre des millionnaires, ce devrait être difficile. »

Si le succès des actions judiciaires contre les mensonges en politique n’est pas garanti, ce type d’initiative mené par des acteurs de la société civile pourrait peut-être réussir là où les médias britanniques avaient échoué à combattre les inepties des politiques comme l’indiquait Arrêts sur images en juin dernier.

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