Une eurodéputée UKIP suspendue suite au scandale des dépenses frauduleuses

L'eurodéputée UKIP Janice Atkinson. [UKIP/YouTube]

Une eurodéputée du Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP) a été suspendue le 19 mars et écartée de la course aux élections législatives de mai suite à des accusations de dépenses frauduleuses au Parlement européen.

Janice Atkinson a également été exclue par le parti UKIP, qui s’est dit « extrêmement déçu » de l’eurodéputée du sud-est de l’Angleterre. Elle avait été élue lors des élections européennes l’année dernière, qui ont fait de UKIP le premier parti du Royaume-Uni.

Sa chef d’équipe, Christine Hewitt, a été filmée en caméra cachée par un journaliste du Sun, en train d’accepter une fausse facture de restaurant trois fois plus élevée que la somme réelle.

Christine Hewitt aurait dit au journaliste, « l’idée est de les surfacturer légèrement pour rapatrier des fonds ».

Le mois dernier, à l’occasion de la conférence du parti eurosceptique, Janice Atkinson a organisé un cocktail, auquel a assisté l’épouse de Nigel Farage, le chef de file de UKIP. Les 1 314 euros de la réception avaient été payés par Christine Hewitt avec une carte de crédit.

Selon The Sun, le journal britannique le mieux vendu, elle est revenue 24 heures plus tard et a demandé au manager de lui faire une facture de 4 357 euros pour pouvoir réclamer plus d’argent à l’Union européenne.

Christine Hewitt et Janice Atkinson ont toutes deux été mis en examen par l’Office européen de lutte antifraude (OLAF) et la police du Kent.

Incroyable déception

Un porte-parole de UKIP a déclaré que « le parti était extrêmement déçu par Madame Atkinson, qui s’est totalement fourvoyée en agissant d’une manière que le parti ne cautionne et ne cautionnera jamais. Le parti a tout de suite réagi, et comme nous l’avions montré quand nous avions suspendu un autre eurodéputé pour des irrégularités financières, nous continuons à adopter une tolérance zéro vis-à-vis de ce genre de comportement. »

Nigel Farage, candidat dans la circonscription de South Thanet et leader du groupe Europe de la liberté et de la démocratie directe au Parlement européen a déclaré « si ce pourquoi elle a été suspendue est vrai, je suis stupéfait qu’elle ait fait quelque chose d’aussi stupide ».

>> Lire : L’UKIP propose « une bière avec Nigel » Farage pour lever des fonds

Janice Atkinson était censée briguer un mandat dans les circonscriptions de Folkestone et de Hythe lors des élections de mai, qui sont pour l’instant dominées par les thèmes de l’immigration et de la relation du Royaume-Uni avec l’UE.

Le Premier ministre britannique, David Cameron, a promis un référendum sur le Brexit si le parti conservateur remporte les élections et a appelé à réformer les règles européennes relatives à l’immigration. UKIP a adopté une ligne plus dure sur ces questions, en proposant une sortie de l’UE et l’introduction d’un système de points pour l’immigration, comme en Australie.

Scandale raciste

Janice Atkinson, une des figures politiques les plus populaires du parti UKIP, avait déjà défrayé la chronique pour de mauvaises raisons. En août 2014, elle avait été qualifiée de raciste après avoir appelé une supportrice d’origine thaïe de UKIP « une Ting Tong de je ne sais où ».

Ting Tong (« fou » en thaï) est le nom d’une fiancée transsexuelle thaï commandée par la poste et joué par le comique Matt Lucas dans un sketch de la série populaire Little Britain. Elle échange des rapports sexuels contre l’obtention d’un permis de résidence britannique, entre autres.

En décembre, il a été révélé que Janice Atkinson, porte-parole de UKIP pour l’aide sociale, devait plus de 2 768 euros de pension alimentaire à son ex-mari, alors qu’elle avait critiqué les « familles irresponsables » qui ont plus d’enfants que ce qu’ils peuvent se permettre.

En janvier, elle avait déclaré au Parlement européen à Strasbourg que les eurodéputés « avaient directement encouragé » la mort de jeunes Ukrainiens en intervenant dans le conflit ukrainien.

>> Lire : UKIP reproche aux eurodéputés les morts de la crise ukrainienne

Les élections européennes ont eu lieu le 22 mai au Royaume-Uni et ont coïncidé avec les élections régionales en Angleterre et en Irlande du Nord.

Au total, 73 eurodéputés ont été élus. Les conservateurs, le parti qui est actuellement au sein de la coalition gouvernementale avec les libéraux-démocrates, ont été relayés à la troisième position pour la première depuis lors des élections européennes. Les travaillistes avaient terminé à la même position lors des européennes de 2009. C'est aussi la première fois depuis 1984, que le plus grand parti d'opposition ne remporte pas les élections européennes.

Le Parti de l'indépendance du Royaume-Uni, UKIP, a remporté 32,88 % des suffrages et arraché 24 sièges au Parlement européen. Le parti travailliste arrive en deuxième position avec 27,4 % des suffrages exprimés et 20 sièges. Les conservateurs obtiennent la troisième place avec 26,03 % des votes et 19 sièges. Le parti vert de l'Angleterre et du pays de Galles a obtenu 3 sièges, le Parti national écossais a obtenu 2 sièges, enfin les libéraux-démocrates et quatre autres petits partis ont reçu 1 siège chacun.

Les résultats des élections législatives britanniques du 7 mai offriront une indication sur la volonté des Britanniques : rester dans l'UE ou la quitter, après quarante ans de relations difficiles.

La montée de l'euroscepticisme au Royaume-Uni a fait de l'adhésion à l'Union européenne l'un des sujets brûlants des élections. En cas de victoire de son candidat, le parti conservateur, au pouvoir, a promis l'organisation d'un référendum sur la question d'ici fin 2017, plaçant l'avenir de l'Europe au centre du débat politique.

Le Premier ministre David Cameron a déclaré qu'il ferait campagne en faveur de l'adhésion du Royaume-Uni dans l'UE, mais seulement s'il parvient à négocier des réformes avec l'UE, affirmant que « l'intérêt national de la Grande-Bretagne est mieux servi dans une Union européenne souple et ouverte ». 

  • 7 mai : élections au Royaume-Uni

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