Le Brexit, « poison » des élections européennes

Jean-Claude Juncker et Guy Verhofstadt [Photo: EPA-EFE/PATRICK SEEGER]

Le chef de file du groupe libéral au Parlement européen, Guy Verhofstadt, estime que la décision d’accorder au Royaume-Uni va empoisonner les élections européennes.

« Je crains que nous continuions dans cette incertitude. Et je crains que tout cela n’importe le bazar du Brexit dans l’Union européenne », a déclaré le responsable de l’ALDE, Guy Verhofstadt, à Strasbourg.

De façon surprenante, l’eurodéputé a déclaré : « jamais je n’aurais pensé dire ça un jour […] mais peut-être que la seule chose qui peut nous sauver c’est Nigel Farage », puisque les forces travaillistes et conservatrices seront forcées de trouver un accord entre partis pour contrer le nouveau parti Brexit de l’ancien chef de file de UKIP.

Les discussions devraient se poursuivre à Westminster aujourd’hui entre les deux partis britanniques, malgré la pause des vacances de Pâques.

Nigel Farage a affirmé en session plénière que son nouveau parti remporterait les élections générales si la Première ministre Theresa May et le dirigeant du parti travailliste, Jeremy Corbyn, trouvaient un compromis sur une union douanière permanente. Selon lui, cette solution serait une « trahison absolue ».

Pendant ce temps, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker a déclaré aux eurodéputés que c’était au Royaume-Uni de décider quand il quittera l’UE. Il a aussi ajouté que sa position officielle ne consistait pas à dire que le Brexit pouvait être annulé ou reporté au-delà du 31 octobre.

Jean-Claude Juncker s’est exprimé devant les eurodéputés lors de la dernière session plénière, une semaine seulement après le report de six mois proposé par les dirigeants européens à Theresa May. Il a souligné que l’UE n’avait rien à gagner des perturbations qu’entrainerait un Brexit sans accord au Royaume-Uni.

Les dirigeants européens repoussent le Brexit au 31 octobre

Le Royaume-Uni devrait rester dans l’UE jusqu’au 31 octobre et prendre part aux élections européennes de mai, Theresa May ayant obtenu une nouvelle prolongation afin d’éviter une sortie sans accord.

« Les seuls qui bénéficieraient de ça sont ceux qui s’opposent au multilatéralisme et qui cherchent à saper l’ordre mondial », a prévenu le président de la Commission.

« Nous avons adopté les mesures de contingence nécessaire et sommes prêts pour un Brexit sans accord », a-t-il annoncé, ajoutant que l’UE faisait une pause avec le Brexit et devait se concentrer sur d’autres enjeux politiques.

Le président de la Commission a salué la « bonne pratique » de travail avec le groupe de pilotage du Brexit, dirigé par Guy Verhofstadt, tout en soulignant que rien ne pouvait être décidé sur le Brexit sans prendre en compte la position du Parlement.

« Je n’aime pas la date du 31 octobre, ce sera mon dernier jour en tant que président de la Commission. Nous ne pourrons pas avoir de session nocturne, car je devrais partir à minuit, bien entendu, Donald Tusk pourra rester », a ironisé le Luxembourgeois.

Le président du Conseil a pour sa part souligné qu’il était « clair pour tout le monde qu’il n’y aurait pas d’ouverture de l’accord de retrait. Toutefois, l’UE est prête à revoir la déclaration politique. »

Donald Tusk a tenu à préciser que l’UE n’avait pas cédé à la peur et l’alarmisme de voir le Royaume-Uni perturber le fonctionnement de l’UE durant une extension du Brexit.

Des Brexiters prêts à saboter le Parlement européen de l’intérieur

Des Brexiters comptent se faire élire aux élections européennes si elles ont lieu au Royaume-Uni en mai pour siéger au Parlement européen et saboter, de l’intérieur, son travail.

« En réalité, depuis le début du processus, le Royaume-Uni est constructif et responsable, nous n’avons donc aucune raison de penser que cela peut changer », a-t-il soutenu.

Il a ajouté que si le Royaume-Uni avait l’intention d’élire des eurodéputés, ceux-ci seraient « des membres à part entière du Parlement européen avec les droits et obligations associés à ce rôle. Je dis ça aujourd’hui, car je suis fermement opposé à l’idée de traiter le Royaume-Uni comme un membre de seconde zone durant la période de prolongation. »

Dans son discours à Strasbourg, il a répondu à certains eurodéputés qui l’accusent de diviser l’UE et de prolonger la crise du Brexit en repoussant la sortie au 31 octobre.

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