Le Royaume-Uni reconnait que le Brexit lui fera perdre en influence

Tout en déclenchant le Brexit, la Première ministre britannique a reconnu que le Royaume-Uni ne pourra plus profiter des avantages d’une adhésion à l’UE.

Theresa May s’adressait à la Chambre des communes pour briefer les députés sur les deux ans de négociation sans précédent à venir, lorsque le président du Conseil européen, Donald Tusk, a reçu la lettre de notification de l’Article 50 à Bruxelles. Ce dernier a alors tenu une conférence de presse où il a déclaré : « il n’y a aucune raison de prétendre que c’est une journée heureuse ». « Vous nous manquez déjà », a-t-il ajouté.

Après 44 ans d’adhésion, cette journée marque le début de la fin pour le Royaume-Uni en tant que membre de l’Union européenne.

Theresa May a promis que son ambition était d’instaurer un « nouveau partenariat, spécial et approfondi » avec l’UE. Elle a reconnu que le Royaume-Uni ne ferait plus partie du marché unique, après avoir admis que Londres ne pouvait pas trier parmi les quatre libertés de l’UE.

Valeurs démocratiques et libérales de l’Europe

La Première ministre s’est toutefois faite houspiller lorsqu’elle a dit que le monde « peut-être aujourd’hui plus que jamais avait besoin des valeurs libérales et démocratiques de l’Europe ».

Tout en répétant à plusieurs reprises que le Brexit était « la volonté déclarée et démocratique des Britanniques », suite au référendum de juin dernier, Theresa May a concédé que cette journée était « une célébration pour certains et une déception pour d’autres ».

« Nous savons que nous allons perdre de l’influence », a-t-elle avoué, faisait référence aux décisions sur l’économie européenne. Elle a néanmoins affirmé que Londres allait se lancer dans des négociations sans précédent « de manière constructive, avec respect et dans une coopération sincère ».

Les dirigeants européens prêts pour un Brexit ordonné ou pour l’échec

Exclusif. Dans un communiqué du Conseil européen consulté par Euractiv, les États membres de l’UE regrettent que le Royaume-Uni quitte l’Union, mais se disent « prêts pour le processus qui devra désormais avancer ».

Theresa May n’a pas présenté de nouvelles positions, mais a réitéré sa promesse de s’attaquer aux droits des citoyens européens « le plus tôt possible », car cela était une « priorité absolue ».

Au moment du référendum, Theresa May était elle-même dans le camp du « Remain », avant de remporter la direction du parti conservateur suite à la démission de David Cameron.

Au Parti national écossais (SNP), Angus Robertson a déclaré à Theresa May qu’elle rendait « l’indépendance écossaise inévitable », puisque 62 % d’entre eux ont voté pour rester dans l’UE.

Theresa May a répliqué en disant que sa propre circonscription dans le sud-est de l’Angleterre avait également voté pour rester, mais que désormais le pays devait s’unir.

La Première ministre britannique avait déjà affirmé devant la Chambre des communes que le rapatriement des pouvoirs depuis Bruxelles signifierait en réalité « plus de lois créées à Westminster, à Édimbourg, à Cardiff et à Belfast », et que cela renforcerait l’union.

Le 28 mars, le parlement écossais, mené par le SNP, a voté en faveur d’un second référendum sur l’indépendance. En 2014, le premier avait était perdu avec 55 % des voix contre l’indépendance et 45 % pour.

Au parti travailliste d’opposition, fortement divisé sur la question européenne, Jeremy Corbyn a qualifié les discussions à venir de « plus importantes négociations des temps modernes », et a mis en garde contre un Royaume-Uni en tant que « paradis fiscal à bas salaires ».

Jeremy Corbyn a déclaré que si les négociations échouaient et ne débouchaient sur aucun accord, il s’agirait d’un « accord aux proportions historiques ».

En réalité, Theresa May a promis non seulement de maintenir les droits des travailleurs, mais également « de se baser sur les droits des travailleurs » pour construire un nouvel accord de libre-échange avec l’UE.

En appelant de nouveau à l’unité nationale, Theresa May a déclaré que le Brexit était « un moment historique sur lequel on ne pouvait pas revenir  ».

A cela, le chef de file du parti travailliste, Ed Miliband, a déclaré à la Première ministre que « l’unité [devait] être gagnée et non pas exigée ». Tim Farron, chef de file des libéraux démocrates a quant à lui souligné que le Royaume-Uni était en train de signer pour un accord tacite.

Theresa May a assuré que le Royaume-Uni contrôlerait l’immigration pour « que nous continuions à attirer les plus brillants et les meilleurs ». « Nous saisissons cette opportunité de construire un Royaume-Uni plus juste et plus fort ; un pays auquel nos enfants et petits-enfants seront fiers d’appartenir. »

Elle a déclaré que le Royaume-Uni poursuivrait « un partenariat spécial et approfondi » avec l’Union européenne, basé sur la coopération dans des domaines comme la sécurité et le commerce. Elle a toutefois ajouté que le Royaume-Uni reprendrait le contrôle de ses propres lois et cesserait d’être sous la juridiction de la Cour de justice de l’UE.

« Nous savons qu’il y aura des conséquences à la sortie de l’UE. Nous savons que nous perdrons de l’influence sur les règles qui affectent l’économie européenne », a-t-elle déclaré.

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