L’UE pourrait mieux se préparer face au coronavirus

La directrice de l’organe sanitaire européen appelle l’UE à revoir les mesures de prévention de la pandémie.

Selon Andrea Ammon, directrice du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), le coronavirus ne représente pas un danger énorme tant qu’on ne comptait que quelques cas groupés.

« Pour l’instant, la stratégie européenne vise à contenir [le virus], ce qui implique de détecter et de diagnostiquer les cas symptomatiques rapidement ainsi que d’identifier et de surveiller de près toutes les personnes entrées en contact avec le patient », estime-t-elle.

Ces quatre dernières semaines, l’ECDC a réalisé quatre évaluations des risques et a mis à jour ses recommandations dès qu’elle recevait de nouvelles informations sur le virus.

L’agence européenne a aussi proposé une série d’options pour contenir le coronavirus, étant donné que la décision finale dépend en dernier ressort des autorités nationales.

Interrogée sur le degré d’efficacité de certaines mesures par rapport à d’autres, Andrea Ammon a déclaré que tout dépendait des contextes nationaux et politiques — raison pour laquelle l’agence européenne a présenté plusieurs options pour contenir le virus.

La directrice de l’ECDC estime que « la situation en Europe diffère complètement de celle en Chine et la stratégie européenne actuelle ne fonctionnerait plus en Chine ».

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Bien que l’Europe ne cherche encore qu’à contenir le virus et qu’il ne risque pas de se propager dans un futur proche, il sème un vent de panique. « Il est clair que les [Européens] sont préoccupés, en particulier parce qu’on ne peut répondre à toutes leurs questions pour l’instant », assure Andrea Ammon.

« Nous verrons probablement s’il était nécessaire [de paniquer] dans quelques semaines, quand nous aurons mieux mesuré à quel point le coronavirus est contagieux et à quel moment commence la période de transmissibilité ».

« Mais actuellement, il ne semble pas y avoir de raison de s’inquiéter. Nous jugeons encore le risque comme faible en Europe », explique la directrice.

D’après elle, la communication en temps de crise constitue toujours un défi majeur, parce que la situation évolue sans cesse. La communication doit donc évoluer en parallèle. « Dans ce cas-ci, [la situation] est particulièrement délicate parce que le virus est nouveau et nous ne connaissons pas encore ses caractéristiques », souligne la directrice.

Elle a cité en exemple l’information rapportée par plusieurs médias selon laquelle les personnes qui ne présentent pas de symptômes du virus peuvent tout de même le transmettre.

Andrea Ammon souligne que cette hypothèse n’a pas encore été vérifiée et explique que cette affirmation avait été avancée lorsque le visiteur chinois d’une entreprise allemande avait rapidement été diagnostiqué comme contagieux sans présenter de symptômes. Ce n’est que par la suite que les autorités allemandes se sont rendu compte que cette personne ressentait bien les symptômes et qu’elle prenait aussi des antipyrétiques.

À l’heure actuelle, même s’il se peut que des personnes qui ne manifestent pas les symptômes du coronavirus s’avèrent porteuses de la maladie, il reste à déterminer si elles sont susceptibles de la transmettre à ce stade de développement du virus, signale la directrice.

Andrea Ammon demande également l’Europe à revoir ses plans de préparation à la pandémie, en passant du simple confinement du virus et de sa propagation à une stratégie d’atténuation, afin de faire face à un scénario comme celui qui se déroule actuellement en Chine.

Andrea Ammon rappelle qu’« après la pandémie de grippe [aviaire] en 2009, il avait été convenu qu’il était généralement bien plus efficace de se préparer à une crise sanitaire qu’à une pandémie ».

Elle ajoute que même si les autorités essayent de limiter la propagation du virus, cette technique ne fonctionne pas toujours. Ainsi, l’algorithme de dépistage, qui pouvait changer lors du traitement de cas sévères.

La coordination au sein de l’UE et avec les pays tiers s’est améliorée par rapport aux crises sanitaires précédentes, a annoncé la directrice de l’ECDC. « Nous sommes en contact permanent avec la DG SANTÉ, mais aussi avec les centres chinois et américains de contrôle des maladies ».

La protection du personnel médical pose aussi problème, d’autant plus après la mort du docteur chinois qui avait essayé de prévenir les autorités de son pays lors de l’apparition de l’épidémie.

Le week-end dernier, l’ECDC a publié des recommandations à l’attention des professionnels de la santé qui traitent des patients touchés par le coronavirus sur les mesures de prévention et de contrôle à prendre. L’agence européenne a aussi réalisé un feuillet d’information sur les démarches à effectuer sur la base des connaissances actuelles sur la maladie.

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