Justine Henin : « j’étais une adepte de junk food»

Henin.jpg

La championne de tennis Justine Henin a dû apprendre à suivre une discipline et à manger sain. Grâce à son expérience personnelle et à ses fondations, elle contribue à la lutte contre l’obésité en soutenant un mode de vie sain auprès des jeunes.

Justine Henin est une ancienne joueuse de tennis n° 1 mondial. Elle a remporté sept Grands Chelems et la médaille d'or aux Jeux olympiques d'été à Athènes en 2004. Elle s'est confiée à Jeremy Fleming d'EURACTIV lors d'une conférence à Bruxelles sur l'obésité.

 

Qu'est-ce qui vous a poussé à participer à la conférence de l'International Chair on Cardiometabolic Risk (ICCR) ? En quoi vous sentez-vous concernée par le problème de l'obésité en Europe ?

Je souhaitais partager mon expérience en tant qu'ancienne joueuse de tennis de haut niveau. C'était ma passion et mon travail. J'ai appris beaucoup pendant ma carrière, car quand j'étais petite, je n'aimais pas vraiment manger sain. Lors de mon enfance, j'étais une adepte de la malbouffe, j'avais de mauvaises habitudes. Grâce à ma carrière, j'ai appris à faire attention à tout. L'activité physique à un niveau extrême n'est pas nécessairement une bonne chose. Mon corps est un peu fatigué maintenant. Mais je garde de bonnes habitudes, je mange sainement et je continue à faire du sport. Je suis une jeune maman d'une petite fille de six mois. La situation devient de plus en plus difficile en Belgique [dans le contexte d’une alimentation saine] et cela m'inquiète.

J'ai cru comprendre que vous participiez déjà à plusieurs projets qui touchent à l'obésité. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Oui, j'ai créé la fondation « Justine for kids ». J'ai perdu ma maman très tôt, à l’âge de 12 ans. Elle avait un cancer du côlon. Je ne sais pas si elle mangeait sainement ou non, mais je voulais faire quelque chose pour les enfants. Nous travaillons avec des enfants malades dans des hôpitaux ou avec des adolescents en difficulté. J'en parle beaucoup avec eux ainsi que de l'activité physique. Je pense réellement qu'à tous les niveaux, si les gens bougent, ils se sentent mieux.

J'ai également créé une académie pour les jeunes joueurs de tennis de 12 à 18 ans. Je leur dis : « vous ne devez pas venir ici pour devenir un champion, mais pour votre développement personnel ». Nous essayons de nous pencher sur une alimentation saine, la vie en communauté pour atteindre un but, une discipline, une mentalité. C'est la chose la plus importante que j'ai apprise et que je peux enseigner. Manger sain et faire du sport, cela peut être amusant. Nous les mettons au défi.

Le problème de l'obésité est omniprésent. Quand je parle à mon entourage, à mes amis, à ma famille, ils me disent tous qu'ils veulent perdre du poids et reprendre le sport. Je suis convaincue que les gens y pensent tous les jours.

Selon l'OMS, 19,1 % des Belges sont obèses et 51,5 % en surpoids. Vous êtes maman depuis peu. En élevant votre fille, qu'allez-vous faire pour vous assurer que son enfance soit saine et qu'elle n'alimente pas ces statistiques ?

J'espère faire du bon travail. Je n'ai aucune leçon à donner parce que c'est très récent, mais j'espère que je serai en mesure de lui apprendre les bonnes choses. Elle vient de commencer à manger des légumes il y a quelques jours. Maintenant que je ne joue plus au tennis, j'aurais du temps et ce n'est pas facile pour tous les parents. J'ai de la chance de pouvoir passer du temps avec ma fille, de cuisiner avec elle et de lui donner l'occasion de faire du sport. Peut-être qu'elle fera autre chose, mais il importe de rester actif. Ce n'est pas facile pour les parents, nous vivons dans un monde stressant. Mais je pense que beaucoup de choses dépendent des choix. Certains de mes amis ne donnent que de l'eau à leurs enfants et d'autres des sodas. Je pense que nous pouvons faire un choix, même si ce n'est pas évident.

Vous avez travaillé avec certains décideurs politiques dans le cadre de vos projets actuels. En fonction de cette expérience, quel conseil donneriez-vous aux eurodéputés, au commissaire européen et au président du Conseil de l'UE ?

Je ne peux parler que de mon expérience, mais je leur conseillerais d'écouter les experts. Au cours de ma carrière, de nombreux spécialistes m'ont aidée. Ils entraient souvent dans les détails et c'est toujours mieux quand le message est simple. Ces dernières années, nous avons entendu tellement de messages. Mais nous savons tous comment rester en bonne santé, manger sainement et bouger un peu. En général, nous savons ce que nous devons faire. Je suis sûre que tout le monde peut faire un petit effort, non seulement pour lui-même, mais aussi pour la prochaine génération.

Plus d'information

Commission européenne

Recherchesearch

Organisations

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.