Revoir notre mode de vie pour éviter les maladies cardio-vasculaires

Première cause de mortalité dans le monde, les maladies cardio-vasculaires sont souvent liées au tabagisme, au manque d’exercice physique et à une mauvaise alimentation. Le diabète et le cholesterol  sont souvent associés à ce fléau qui touche près de 1,9 million de citoyens de l'UE. Les maladies cardio-vasculaires touchent davantage l’Europe Centrale et l’Europe de l’Est.

Contexte

Environ 4 millions d'Européens et 1,9 million de citoyens de l'UE décèdent chaque année de maladies cardio-vasculaires, selon la Société européenne de cardiologie. Les maladies coronariennes et les accidents vasculaires cérébraux (AVC) sont les formes les plus répandues des maladies cardiaques.

Dans le programme d’action du domaine de la santé 2003-2008, l’objectif était de réduire le nombre de décès provoqués par les maladies cardio-vasculaires. Pourtant, six ans après, le combat de l’UE continue, car le nombre de décès liés aux maladies cardiaques, est toujours aussi élevé notamment en Europe Centrale et en Europe de l’Est.  Les perspectives données par l’OMS pour 2030, invitent à démultiplier les actions de prévention et d’encadrement.

C’est d’ailleurs dans ce sens que se prononçait l’UE le 30 janvier dernier. Elle réaffirmait sa volonté d’adopter une démarche globale pour lutter contre les maladies chroniques, en traitant notamment les facteurs de risques, et en soutenant les campagnes de sensibilisation et de prévention.

Problèmes

Les maladies cardio-vasculaires communément appelées « maladies cardiaques » désignent un ensemble de troubles affectant le cœur et les vaisseaux sanguins. Cette pathologie prend différentes formes, comme notamment l’accident vasculaire cérébral (AVC), l’embolie pulmonaire ou encore l’hypertension artérielle. Responsables de près de la moitié des décès dans les pays européens, les maladies cardio-vasculaires représentent un poids économique notable en Europe, en raison du coût élevé et de la durée des soins médicaux nécessaires. Leur coût pour l’économie européenne est estimé à 196 milliards d’euros par an.

Quels sont les facteurs de risques ?

Parmi les causes majeures des maladies cardio-vasculaires, on trouve une mauvaise alimentation (trop grasse ou trop sucrée), l’usage abusif d’alcool, le manque d’exercice physique et le tabagisme actif ou passif. Les femmes, de plus en plus nombreuses parmi les fumeurs sont plus exposées que les hommes aux risques d’AVC. C’est notre mode de vie qu’il faut revoir pour ralentir le développement des maladies cardiaques. Un message relayé par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) dans son dernier « Plan d’action pour la stratégie mondiale de lutte contre les maladies non transmissibles ». L’urbanisation rapide, le stress et la pollution seraient autant de facteurs responsables du développement des maladies cardio-vasculaires.

Bon ou mauvais cholestérol ?

Si le cholestérol est indispensable au bon fonctionnement de l’organisme, un taux trop important est dangereux. Le bon cholestérol, aussi appelé cholestérol HDL, circule des artères au foie, où il est supprimé. Il permet de réduire les risques de formation de plaque graisseuse (plaques d’athérome).

A l’inverse, le mauvais cholestérol (appelée cholestérol LDL) provoque la formation des plaques d’athérome et peut à terme boucher une ou plusieurs artères. La plaque d’athérome obstrue les artères au niveau du cou, ce qui entraîne souvent une diminution de la circulation sanguine, et en conséquence des malaises, des pertes de connaissances, voir des accidents vasculaires cérébraux. Pourtant, alors que l’obésité ou le diabète ont été reconnus comme maladie par l’OMS, le cholestérol n’est toujours pas reconnu comme tel.

États des lieux en France.

En France, les maladies cardio-vasculaires représentent la seconde cause de mortalité, et la première chez les femmes. Vingt millions de personnes risquent de développer une maladie cardio-vasculaire dans notre pays. Dans les années 1990, l’apparition des statines, a introduit une véritable révolution. Molécules utilisées dans le traitement des problèmes cardio-vasculaires, et par la suite en préventif pour les patients ayant un taux élevé de cholestérol, les statines ne font pas consensus. Deux visions existent sur ce remède miracle, le plus vendu sur le marché mondial du médicament. Certains médecins ont cessé de les prescrire considérant que leur efficacité sur le long terme n'a jamais été établie scientifiquement. C’est notamment le cas du Pr Philippe Even, qui publiait en février 2013, un ouvrage intitulé La Vérité sur le cholestérol. D’autres, comme la coalition constituée d’associations de patients, de sociétés savantes médicales, et d’associations de lutte contre les maladies cardio-vasculaires et neurovasculaires, s’inquiètent de l’arrêt brutal du traitement de leurs patients, suite aux nombreuses polémiques autour des statines.

Comment se prémunir contre les risques de maladies cardio-vasculaires ?

Afin de prévenir les risques d’hypertension, d’hyperglycémie, de surpoids et d’obésité, il faut réduire l’apport en sel dans son alimentation et privilégier la consommation de fruits et de légumes. L’exercice physique est également indispensable pour se prémunir des risques d’AVC, ou d’embolie pulmonaire. Pratiquer 30 minutes d’exercices par jour est le minimum pour s’assurer une bonne santé cardio-vasculaire.

Un problème de santé majeur

Selon des statistiques de 2012, le réseau européen du cœur affirme que les maladies cardio-vasculaires sont les principales causes de décès avant 75 ans. L’Union Européenne doit rapidement renforcer son action dans ce domaine, afin de régler définitivement ce problème de santé publique. Cela est d’autant plus urgent, que les perspectives de l’OMS ne sont pas bonnes : d’ici 2030, les maladies cardiaques devraient rester la première cause de décès dans le monde.

Réactions

« Les statines constituent tout simplement l’une des armes majeures de l’arsenal thérapeutique dont disposent les médecins, pour protéger des millions de personnes des deux premières causes de décès dans la monde: les infarctus du myocarde (7 millions de décès/an) et les accidents vasculaires cérébraux (6,2 millions de décès/an). L’efficacité des statines a été scientifiquement prouvée, de ce fait elle est reconnue par l’ensemble des organismes nationaux et internationaux de santé, et à contrarioil est démontré que les patients qui ne suivent pas rigoureusement la prescription d’un traitement contenant une statine (patients « non observants ») présentent une surmortalité et des récidives d’infarctus du myocarde plus nombreuses que les «bons observants ». La Fondation Cœur et Artères recommande donc aux patients de suivre scrupuleusement leurs traitements contenant une statine, prescrits par leur médecin généraliste ou cardiologue, seuls personnels de santé qualifiés pour évaluer la situation globale de la personne. La Fondation Cœur et Artères regrette que des débats spécieux entraînent des patients à interrompre leur traitement de leur propre initiative, mettant ainsi leur vie en danger» La Fondation Cœur et Artère interrogée par EURACTIV.fr

« Le Comité Permanent des Médecins Européens croit fermement que les traitements des maladies cardio-vasculaires doivent être régulièrement remis en question.  Ceci afin de s’assurer qu’ils soient parfaitement en adéquation avec les dernières découvertes dans le domaine. Cependant, l’accent ne doit pas simplement être mis sur les traitements. Les actions de prévention sur les maladies cardio-vasculaires sont capitales, comme notamment les programmes de dépistage. Pour cela, les Etats européens devraient consacrer de réels budgets. Enfin nous considérons qu’il est essentiel d’être attentif à son mode de vie, et faire en sorte qu’il soit le plus sain possible » affirme le Comité Permanent des Médecins Européens interrogé par EURACTIV.fr

 « Le cholestérol est sans danger, les statines ne servent à rien et l'infarctus ne tue guère qu'après 75 ans» a écrit le Pr Philippe Even, dans son livre La Verité sur le Cholestérol, paru en février 2013.

« L’épidémie de diabète de type 2 est étroitement corrélée à un changement de mode de vie, qui associe progressivement depuis 40 ans une alimentation trop riche en calories et un déficit d’activité physique responsables de surpoids et d'obésité. La prévention du diabète de type 2 passe par la consommation d’une nourriture riche en végétaux, contenant des quantités raisonnables de graisses et de sucreries, et la pratique d’une activité physique suffisante (au minimum 30 minutes par jour, à un niveau d’intensité d’effort correspondant à de la marche soutenue) pour maintenir un tour de taille inférieur à 102 cm chez les hommes, et 88 cm chez les femmes. Chez des sujets pré-diabétiques l’amélioration du mode de vie est plus efficace que la prise d’un médicament antidiabétique pour éviter le passage au stade diabétique» a expliqué la Fondation Cœur et Artère interrogée par EURACTIV.fr

« Il existe de nombreuses possibilités pour mieux prévenir les risques de diabète, et pour offrir de meilleurs soins aux patients atteint de cette pathologie. La prévention et le traitement du diabète peuvent être plus efficaces avec la dispense d’un minimum de connaissances sanitaires sur le diabète. Les médecins et autres professionnels de santé peuvent  contribuer à une meilleure prévention et à un meilleur traitement du diabète en communiquant davantage sur cette pathologie avec leurs patients. Il faut également instaurer un dialogue entre les différents médecins afin de  lutter contre la comorbité  (existence de plusieurs troubles, lié à une maladie en particulier). Enfin, il faut utiliser les nouvelles technologies dans la prévention des soins» a affirmé le Comité Permanent des Médecins Européens interrogé par EURACTIV.fr

« En refusant le label « Grande Cause Nationale 2014 » au collectif « Tous contre le diabète », le Premier Ministre a montré que cette pathologie ne faisait pas partie des priorités de santé publique. Une occasion manquée de mobiliser tous les acteurs de proximité dans le cadre d’une large action de prévention et d’accompagnement des pathologies chroniques. » déclarait la Fédération Française des Diabétiques le 17 février 2014 dans un communiqué de presse sur le diabète.

« L’épidémie croissante du diabète exige un débat sérieux et s’inscrivant dans la durée, sur la façon dont nous pouvons adapter nos politiques de santé, améliorer nos systèmes sociaux et de santé et sensibiliser le public aux défis à venir » a indiqué la Commission européenne par l'intermédiaire du commissaire européen en charge de la santé.

« La direction générale de la santé finance des projets de recherche ou des études en santé publique et en prévention dans le domaine des maladies cardio-vasculaires, sans fléchage particulier sur la lutte contre le cholestérol. La plus grande partie des financements est allouée par le ministère de la recherche. » a assuré le Direction Générale de la Santé interrogée par Euractiv.fr

« L'excès de cholestérol est pris en charge en France dans une démarche globale de réduction des facteurs de risques cardiovasculaires. Cette prévention des maladies cardiovasculaires repose avant tout sur la mise en œuvre de mesures hygiéno-diététiques notamment arrêt du tabagisme, contrôle du poids, correction de la sédentarité excessive. La Haute autorité de santé (HAS) met à la disposition des médecins des recommandations professionnelles relatives à la prise en charge des patients présentant un excès de cholestérol. Il est rappelé que cette prise en charge  repose d’abord sur la mise en œuvre de mesures hygiéno-diététiques. Si la prescription d’un médicament anti cholestérol est jugée nécessaire, le choix de la molécule et de sa dose dépend du niveau de risque du patient, de l’existence ou non d’antécédents cardio-vasculaires, du taux initial de LDL-cholestérol et de la réduction recherchée » a ajouté la Direction Générale de la Santé interrogée par Euractiv.fr

« Beaucoup d’actions ont déjà été engagées tant dans le domaine de la prévention que de la prise en charge des maladies cardio-vasculaires. Nous n'en citerons que quelques-unes. Toutes mobilisent fortement les associations de patients ainsi que les professionnels de santé : le programme national nutrition santé (PNNS) (...) s’attachant à promouvoir les bonnes pratiques en termes d’alimentation et d’activité physique, ainsi que le plan obésité 2012-2014, le programme de l’Assurance Maladie lancé en mai 2010 destiné à améliorer la prévention des maladies cardiovasculaires et qui concerne chaque année 2,3 millions d’assurés et leurs médecins, et le plan d’action national accidents vasculaires cérébraux (AVC) 2010-2014 qui comporte un important axe visant à améliorer la prévention et l'information de la population avant, pendant et après l'AVC » a précisé la Direction Générale de la Santé interrogée par Euractiv.fr

« L’information du public est axée sur la prévention globale des facteurs de risque cardiovasculaire et les mesures hygiéno-diététiques à mettre en œuvre. Le PNNS permet de développer de nombreux supports d’information (supports pédagogiques, sites Internet, guides, brochures, affiches…) destinés notamment au grand public. Toutes les informations relatives au PNNS sont disponibles sur le site http://www.mangerbouger.fr/ La  lutte contre l'hypercholestérolémie est un enjeu majeur de santé publique et c'est une priorité qui trouvera toute sa place dans la nouvelle stratégie de santé voulue par le gouvernement, notamment dans son volet prévention »  a expliqué la Direction Générale de la Santé interrogée par Euractiv.fr

Prochaines étapes

  • 3-4 avril 2014: Sommet sur les maladies chroniques
  • D'ici mars 2017: action commune de CHRODIS à Madrid autour des maladies chroniques

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