À Strasbourg, le Parlement donne son feu vert pour renforcer l’Agence européenne des médicaments

Le texte, essentiel pour consolider les actions de l’EMA et renforcer l’Union européenne de la santé, prévoit notamment de lutter contre les pénuries de médicaments et de dispositifs médicaux.  [Tamakhin Mykhailo/Shutterstock]

Mercredi 19 janvier, à l’occasion de la session plénière, les eurodéputés ont adopté par 655 voix pour, 31 contre et 8 abstentions, l’accord conclu l’année dernière avec le Conseil visant à renforcer les pouvoirs de l’Agence européenne des médicaments (EMA). 

« Plus de transparence, plus de participation, plus de coordination, plus d’efficacité dans la surveillance et plus de prévention » : voilà comment le rapporteur Nicolás González Casares (S&D) résume le texte de loi adopté par les parlementaires dans un communiqué de presse en ligne.

Le texte, essentiel pour consolider les actions de l’EMA et renforcer l’Union européenne de la santé, prévoit notamment une meilleure préparation aux futures crises sanitaires et la lutte contre les pénuries de médicaments et de dispositifs médicaux. 

Pour ce faire, deux « groupes de pilotage sur les pénuries », un pour les médicaments et l’autre pour le matériel médical, seront créés afin de collecter des informations en temps réel sur les stocks disponibles au sein de l’UE. Les groupes d’experts mettront en ligne ces informations sur une plateforme de surveillances des pénuries afin de faciliter l’accès à ces données.

Le but est d’impliquer tous les acteurs du monde de la santé afin de parvenir à une meilleure coopération transfrontalière, notamment grâce aux « observateurs représentant des patients et des professionnels de santé, qui pourront donner leur avis » et aux les « titulaires d’une autorisation de mise sur le marché, les distributeurs en gros ». 

« Le nouveau règlement accroît la transparence à la fois de l’Agence mais aussi de tous les acteurs de la chaîne d’approvisionnement, en les impliquant davantage dans le processus et en favorisant la coopération entre les agences de l’UE », appuie Nicolás González Casares dans sa déclaration. 

Les législateurs ont également voté de propositions pour plus de transparence d’un bout à l’autre de la chaine d’approvisionnement. C’est pourquoi l’Agence européenne des médicaments ouvrira une page internet afin d’informer les citoyens sur les pénuries, les essais cliniques et les produits utilisés dans les médicaments en circulation. 

Failles du système de santé européen

La Covid-19 a mis en lumière les failles du système de santé européen, mettant les dirigeants au pied du mur en les obligeant à réagir pour protéger les citoyens. C’est dans ce contexte qu’en octobre 2020, la Commission européenne établit les premières mesures pour instaurer Union européenne de la santé plus puissante. 

Parmi les principales propositions : la création d’une nouvelle agence de santé, l’Autorité européenne de préparation et de réaction en cas d’urgence sanitaire (HERA), un plan européen de lutte contre le cancer, une nouvelle stratégie pharmaceutique ainsi qu’une meilleure préparation aux futures crises sanitaires en renforçant, entre autres, l’EMA. 

Le 28 octobre dernier, les négociateurs du Parlement et du Conseil avaient conclu un accord provisoire pour renforcer l’Agence européenne des médicaments. Maintenant que le texte a été voté en session plénière, il sera ajouté au Journal officiel de l’UE dans les jours qui viennent. 

« Protéger la santé de tous les Européens est au cœur de l’Europe de la santé que nous construisons aujourd’hui », a tweeté Frédérique Ries du groupe Renew. 

Sa collègue Véronique Trillet-Lenoir a de son côté publié une vidéo sur ses réseaux sociaux où elle évoque des « moments absolument enthousiasmants » à Strasbourg, déclarant que l’Union européenne de la santé avance certes « pas-à-pas », mais « les pas sont grands ».

Le texte entrera officiellement en vigueur le 1er mars 2022.

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