Après un an de pandémie, la santé mentale des Européens est au plus bas

Depression

Selon l'étude publiée lundi 10 mai par Eurofound, près de deux tiers des personnes âgées de 18 à 34 ans sont exposées à un risque de dépression. [Shutterstock]

Un an après le début de la pandémie, la santé mentale des Européens a atteint son niveau le plus bas dans tous les groupes d’âge. Les jeunes et les chômeurs sont les plus touchés, selon une enquête de la Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail, Eurofound. Un article d’EUROEFE.

Selon une étude publiée lundi 10 mai par Eurofound, près de deux tiers des personnes âgées de 18 à 34 ans sont exposées à un risque de dépression. Le document relève également que pour les femmes, l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée a été bouleversé pendant la pandémie, en particulier pour celles qui ont de jeunes enfants.

En outre, les inégalités se creusent en raison de l’impact de la pandémie sur les groupes vulnérables. Les résultats de l’étude montrent que les difficultés à joindre les deux bouts ont considérablement augmenté pour les personnes déjà en situation précaire.

Eurofound souligne que la perte d’emplois globale au sein de l’Union européenne continue à s’aggraver un an après le début de la pandémie : près de 10 % des personnes qui avaient un emploi sont désormais au chômage, contre 8 % à l’été 2020. Par rapport au printemps 2020 (5 %), c’est deux fois plus. Parmi les jeunes, le nombre de chômeurs est passé à 17%.

Cependant, nombreux sont ceux en Europe pour qui les perspectives concernant la situation financière sont plus favorables, et dans sept États membres de l’UE, le pessimisme quant à l’avenir est moins aigu qu’à l’été 2020.

Les autorités se penchent sur la santé mentale

Après plus d’un an de pandémie et de confinements successifs, les autorités s’inquiètent pour la santé mentale de la population.

Le chef de l’unité de politiques sociales d’Eurofound, Massimiliano Mascherini, souligne que la pandémie de COVID-19 a affecté les citoyens sur le plan mental, « à mesure qu’augmentaient la crainte de la maladie, les difficultés économiques et l’incertitude quant à l’impact réel de la crise ».

Massimiliano Mascherini relève également que si les inégalités continuent à se creuser entre les citoyens et les États membres, cela « risque de saper davantage la confiance des Européens dans leurs institutions », de déclencher des troubles politiques et d’avoir un impact négatif sur la réponse épidémiologique de l’Europe à la pandémie.

L’enquête note que la confiance dans les institutions s’est effondrée, notamment la confiance dans les gouvernements nationaux, qui est passée de 4,6 à l’été 2020 à 3,9 au printemps 2021.

En outre, la satisfaction des citoyens à l’égard des mesures de soutien en cas de crise a considérablement diminué, puisque seuls 12 % d’entre eux estiment aujourd’hui que les mesures de soutien sont équitables, contre 22 % à l’été 2020.

La pandémie risque de provoquer une vague de problèmes de santé mentale

Alors que le nombre de cas et de décès liés au coronavirus continue à baisser en Europe, les législateurs commencent à prendre conscience des effets de la pandémie sur la santé mentale des citoyens.

L’étude révèle également que plus d’un tiers des personnes qui vivent en Europe nourrissent des doutes concernant la vaccination contre le COVID-19, les hommes étant plus hésitants (29%) que les femmes (25%).

La troisième partie de cette enquête en ligne a été effectuée en février et mars 2021 pour comprendre la situation sociale et économique des personnes à travers l’Europe après quasiment un an de vie marqué par les restrictions dues à la pandémie de COVID-19.

Le rapport a analysé les principaux résultats et a suivi les évolutions et tendances en cours dans les 27 États membres de l’UE depuis que l’enquête a été lancée, en avril 2020.

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