AstraZeneca : pour leur 2e dose, les moins de 55 ans auront le vaccin Pfizer ou Moderna

La technique de l’ARN messager est utilisée par deux autres vaccins autorisés en Europe, ceux de Pfizer/BioNTech et Moderna. Celui d’AstraZeneca utilise une technologie différente, dite « à vecteur viral ». [EPA-EFE/MICHAEL REYNOLDS]

Les moins de 55 ans vaccinés contre le Covid-19 avec une première dose d’AstraZeneca auront leur deuxième avec un autre vaccin, Pfizer ou Moderna, a annoncé vendredi (9 avril) la Haute autorité de santé (HAS).

Cela concerne 533 000 personnes en France, selon la HAS. Elle avait suspendu le vaccin AstraZeneca pour les moins de 55 ans le 19 mars, en raison de rares cas de thromboses (caillots sanguins) repérés en Europe. Mais auparavant, certaines personnes, notamment des soignants, avaient reçu une première dose de ce vaccin injecté depuis le début février.

« Pour ces personnes, nous recommandons aujourd’hui d’administrer un vaccin à ARN messager » pour la deuxième dose avec un intervalle de 12 semaines entre les deux, a indiqué la présidente de la HAS Dominique Le Guludec, lors d’une visioconférence.

La technique de l’ARN messager est utilisée par deux autres vaccins autorisés en Europe, ceux de Pfizer/BioNTech et Moderna. Celui d’AstraZeneca utilise une technologie différente, dite « à vecteur viral ».

Le fait de changer de vaccin entre la première dose et la seconde est appelé « schéma vaccinal mixte », a expliqué le Pr Élisabeth Bouvet, présidente de la commission technique des vaccinations de la HAS.

« On a des raisons de penser que ce schéma vaccinal est intéressant. Il n’y a aucune raison de craindre des effets secondaires particuliers. La seule chose qu’il faut s’assurer est qu’il y ait une bonne réponse immunitaire, ça devrait être le cas », a poursuivi la Pr Bouvet.

Aucune étude de grande ampleur n’a été réalisée chez l’humain pour ce type de schéma vaccinal, a noté la HAS.

Depuis le début des années 2000, les études ont été « essentiellement effectuées chez l’animal ou dans des essais de phase 1 et 2 chez l’Homme », et pas dans des essais de grande ampleur (dits de phase 3), relève la HAS dans son avis.

Les études en question portent « sur un certain nombre de vaccins en cours de développement hors Covid », a expliqué la Pr Bouvet, en citant des recherches sur des vaccins contre le virus VIH du sida, la grippe ou l’hépatite B.

C’est un « schéma très intéressant car il apporte un certain nombre d’avantages en termes de type de réponse immunitaire, de durée de réponse immunitaire », a-t-elle poursuivi.

Selon la Pr Le Guludec, les études en cours, même préliminaires, ont montré l’« absence de dangerosité » de ce schéma. C’est en revanche son « niveau d’efficacité » qui doit être mieux cerné dans des études plus larges, selon elle.

Présidence de l’UE : les décisions concernant le vaccin AstraZeneca « touchent tout le monde »

Mercredi (7 avril), la présidence portugaise du Conseil de l’UE a signalé aux États membres que les décisions prises individuellement au sujet du vaccin AstraZeneca entraînaient des répercussions sur l’ensemble du bloc. Pour Lisbonne, les 27 doivent renforcer leur coordination.

Le ministre de la Santé Olivier Véran, âgé de bientôt 41 ans, fait lui-même partie des gens qui recevront une 2e dose de Pfizer ou Moderna après une première d’AstraZeneca : ce vaccin lui avait été injecté le 8 février en sa qualité de neurologue de formation.

Depuis son autorisation, le parcours d’AstraZeneca a été chaotique, avec plusieurs rebondissements qui ont entamé la confiance du public.

Le 2 février, juste après son autorisation, il est d’abord réservé aux moins de 65 ans en France, faute de données sur son efficacité chez les plus âgés. Un mois plus tard, son utilisation est élargie à tous les âges.

Puis, mi-mars, le vaccin est suspendu quelques jours après les signalements en Europe de cas de thromboses, dont l’Agence européenne des médicaments (EMA) a reconnu mercredi qu’ils étaient bien liés à l’AstraZeneca.

Entre-temps, la France avait décidé le 19 mars de l’injecter uniquement aux plus de 55 ans, car ces thromboses ont surtout été observées chez des sujets plus jeunes.

D’autres pays ont également fixé des limites d’âge, mais sans forcément choisir la même. AstraZeneca est par exemple réservé aux plus de 30 ans au Royaume-Uni, de 60 ans en Allemagne ou de 65 ans en Suède.

« L’EMA n’a pas publié de directives concernant le mélange et l’association de différents vaccins entre la première et la deuxième dose », a déclaré Peter Arlett, responsable du groupe de travail sur les méthodes et les analyses de données, lors d’une conférence de presse mercredi (7 avril).

Il a noté qu’il y a actuellement beaucoup de discussions sur cette option, qui, selon lui, est principalement motivée par la nécessité d’optimiser la « disponibilité relativement limitée » des différents vaccins qui ont été autorisés.

Il a ajouté qu’il y a « une raison théorique de penser que le mélange de vaccins pourrait fonctionner, et pourrait être une approche sûre et efficace », mais il a confirmé qu’aucune donnée n’a été soumise à l’EMA et que, par conséquent, aucune évaluation n’a été faite pour le mélange des vaccins COVID-19.

« Si de telles données sont disponibles, nous les évaluerons immédiatement », a déclaré M. Arlett.

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