Avortement en Pologne : des ONG dénoncent un climat « dangereux » pour les droits des femmes

Les femmes « ont été confrontées à des obstacles extrêmes pour accéder à l'avortement légal au cours de l'année qui s'est écoulée », indiquent dans un communiqué ces organisations, parmi lesquelles la FIDH, Human Rights Watch (HRW), Amnesty International, le Planning familial. [Rena Schild/Shutterstock]

Quatorze ONG ont dénoncé mardi (19 octobre) les « obstacles extrêmes » à l’avortement en Pologne et un « environnement de plus en plus hostile et dangereux » pour les militantes des droits des femmes, un an après la quasi-interdiction de l’IVG décrétée par le Tribunal constitutionnel.

Les femmes « ont été confrontées à des obstacles extrêmes pour accéder à l’avortement légal au cours de l’année qui s’est écoulée », indiquent dans un communiqué ces organisations, parmi lesquelles la FIDH, Human Rights Watch (HRW), Amnesty International, le Planning familial.

Elles s’inquiètent de « menaces et attaques continues » contre les défenseurs des droits des femmes depuis la décision de justice, citant les menaces de mort à l’encontre de Marta Lempart, l’une des organisatrices des manifestations pro-avortement.

Le Tribunal constitutionnel a proscrit le 22 octobre 2020 l’interruption volontaire de grossesse en cas de malformation grave du foetus, ce qui aboutit à l’interdiction de tout IVG sauf en cas de viol ou d’inceste, ou lorsque la vie de la mère est en danger.

Cette juridiction proche du parti conservateur nationaliste au pouvoir, Droit et Justice (PiS), est actuellement au coeur d’un conflit avec Bruxelles : elle a récemment jugé incompatibles avec la Constitution certains articles des traités européens, contestant la primauté du droit européen et la compétence de la Cour de justice de l’UE.

Les militants en Pologne pour les droits des femmes estiment que « la rhétorique du gouvernement et les campagnes médiatiques qui les dénigrent (…) favorisent la désinformation et la haine, ce qui peut mettre leur sécurité en danger », selon les ONG.

L’organisation « Abortion without borders » (« Avortement sans frontières »), qui aide les femmes dans les pays européens où l’avortement est illégal ou très restreint, a par ailleurs indiqué que 17.000 femmes en Pologne l’avaient contactée dans les six mois qui ont suivi le jugement pour obtenir de l’aide, et continue de recevoir environ 800 appels par mois.

Les ONG appellent le gouvernement polonais à « revenir sur les restrictions » à l’IVG et à « cesser de s’en prendre aux droits des femmes, aux défenseures des droits des femmes et mettre fin aux manoeuvres visant à saper l’État de droit, la démocratie et les droits humains ».

Elles exhortent la Commission européenne à lancer une procédure d’infraction contre la Pologne pour avoir recours à « un Tribunal constitutionnel politiquement compromis pour éroder les droits des personnes (…) et saper les équilibres démocratiques, en violation flagrante des traités de l’UE ».

Enfin l’exécutif européen est incité à mettre en oeuvre « de toute urgence » un mécanisme liant l’accès aux fonds européens au respect des valeurs de l’UE.

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