Bientôt des certificats d’immunité au coronavirus ?

[Shutterstock/Horth Rasur]

Avancée dans plusieurs pays, l’idée d’un tel document a aussi fait son chemin à Paris, où Anne Hidalgo souhaite les expérimenter sur le personnel de la Ville. Un article de notre partenaire, Ouest-France.

La semaine dernière, la maire de Paris, Anne Hidalgo, a présenté une série de mesures au gouvernement qui pourraient être mises en œuvre au moment du déconfinement. Pour les personnes qui ont été au contact du virus et sont guéries, la Ville propose d’expérimenter « au plus vite » la mise en œuvre de « certificats d’immunité ».

« Après une infection, il faut attendre deux à trois semaines avant que les anticorps montent dans la population », rappelle le directeur de la Santé Jérôme Salomon. « Faire des tests sérologiques quand vous êtes malades n’a pas de sens ». Les anticorps produits sont spécifiques à la maladie. Certains protègent sur le long terme — pendant des années, voire toute la vie.

À Paris, l’idée est que, délivré par un médecin, un tel document « pourra permettre à toute personne immunisée de s’abstraire de certaines obligations de confinement ou de mesure barrière ». Pour ce faire, il faut attendre le dépistage massif à partir de tests sérologiques, qui vérifient la réponse immunitaire dans le sang. Les agents de la Ville pourraient être les premiers à participer à l’expérimentation.

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Rétablir les droits à la vie normale

« Les certificats auxquels on réfléchit aujourd’hui n’ont pas vraiment de précédent dans l’histoire », explique François Buton, spécialiste de l’histoire de la surveillance épidémiologique. « Ils sont censés donner des droits — à la vie normale : travailler, circuler — ou plutôt les rétablir, car ils attestent une immunité. Mais que sait-on de cette immunité ? »

La réponse immunitaire du corps au Sars-Cov-2 est toujours assez peu connue. On ne sait pas combien de temps dure une immunisation et si elle protège contre les réinfections. Pour le cas du virus Sars-Cov-1, qui a provoqué l’épidémie de SRAS en 2003, l’immunité durait jusqu’à trois ans. Pour d’autres types de coronavirus, l’immunité était plus courte.

Par ailleurs, il faut s’assurer que les tests sont assez précis. Selon l’Institut Helmholtz en Allemagne, un tiers de tous les rhumes saisonniers sont causés par des coronavirus déjà connus et inoffensifs. Jusqu’à présent, seuls des tests de neutralisation approfondis peuvent prouver, après un test d’anticorps positif, que la personne concernée a effectivement été infectée par le Sars-Cov-2.

Une immunité assez faible de la population

Pourrait-on envisager ces certificats dans toute la France ? Selon les premières données révélées mercredi par le président du conseil scientifique Jean-François Delfraissy, le taux d’immunité de la population française est plus faible que prévu. « Peut-être autour de 10 à 15 % », a-t-il déclaré sur France Info.

Si peu de personnes sont immunisées, l’immunité collective, qui protège les personnes qui ne sont pas encore tombées malades de le devenir, ne peut pas fonctionner. Difficulté supplémentaire, selon Jérôme Salomon, « il y aura des différences importantes d’immunité selon les régions ».

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