Bruxelles prépare un plan de « biodéfense » pour contrer la prochaine crise sanitaire

[EPA-EFE/STEPHANIE LECOCQ]

Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, s’est entretenue par vidéoconférence avec les PDG de diverses entreprises pharmaceutiques pour discuter du plan de « biodéfense » que l’UE veut mettre en œuvre à l’avenir. Un article d’Euroefe.

Les sociétés avec lesquelles Bruxelles a signé des accords d’achat de vaccins contre le Covid-19, telles que BionNTech/Pfizer, Moderna, AstraZeneca, Johnson & Johnson, Curevac et Sanofi, ont pris part à la réunion organisée par l’exécutif européen dimanche 31 janvier.

L’objectif est de créer un programme de biodéfense public-privé pour faire face aux futures pathologies et de développer des vaccins contre celles-ci.

« Aujourd’hui, j’ai rencontré par vidéoconférence les PDG de sociétés qui produisent des vaccins. L’objectif : notre nouvelle initiative pour renforcer la préparation en matière de biodéfense. Nous discutons de la manière d’aborder les variants du Covid-19, d’augmenter la fabrication et d’être mieux préparés aux futures pandémies », a écrit Ursula von der Leyen dans un tweet à l’issue de la réunion.

La menace des nouveaux variants

La discussion a notamment porté sur « les exigences pour le développement, la fabrication et l’approbation accélérée de vaccins contre les variants du Covid-19 au sein de l’UE », selon un communiqué publié par la Commission au terme de la rencontre.

« Ce fut une réunion très constructive, avec de nombreuses suggestions pratiques », précise la déclaration.

La pandémie de Covid-19 a mis en évidence le fait « que les capacités de fabrication constituent un facteur limitant » et qu’« il est fondamental de relever ces défis ».

En outre, l’émergence de variants inquiétants fait peser une « menace imminente », celle d’une « efficacité réduite des vaccins récemment approuvés ». Il est donc nécessaire de se « préparer » à ce risque.

« D’autres discussions avec l’industrie et d’autres secteurs concernés » auront lieu dans les semaines à venir, a indiqué la Commission.

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Une nouvelle autorité pour répondre aux urgences sanitaires

Dans le cadre des préparatifs de son nouveau plan de biodéfense, Bruxelles prévoit d’établir une autorité européenne pour la réaction aux urgences sanitaires (HERA – Health Emergency Response Authority), afin de fournir une approche plus structurée de la préparation aux pandémies.

Cet organisme contribuera notamment à anticiper les menaces et à identifier les réponses qu’il convient de leur apporter.

Dans cette optique, « une réponse pilote sur la préparation européenne à la biodéfense est en train de se mettre en place », dans le but de financer la conception et le développement de vaccins et d’en accroître la fabrication à court et moyen terme, « en mettant également l’accent sur les variants du Covid-19 », ajoute le communiqué de Bruxelles.

Selon la Commission, l’industrie « constituera un partenaire important » dans le cadre de ce projet et la collaboration sera axée « à la fois sur l’amélioration de la préparation de l’Europe à une pandémie à moyen terme et sur l’aide à apporter pour relever les défis plus immédiats liés au Covid-19 ».

La commissaire européenne à la santé, Stella Kyriakides, et le responsable du marché intérieur, Thierry Breton, ont également pris part à la réunion du 31 janvier, de même que la directrice exécutive de l’Agence européenne des médicaments, Emer Cook.

« Le Covid-19 a démontré qu’une action coordonnée était nécessaire pour anticiper et répondre aux urgences sanitaires », avait déclaré Eric Mamer, le porte-parole de l’UE, en annonçant la réunion.

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« Nous ne pouvons pas attendre la prochaine pandémie pour commencer à nous y préparer », a pour sa part souligné Ursula von der Leyen lors d’un discours prononcé il y a quelques jours au Forum de Davos.

Il s’agira d’un mécanisme permanent visant à assurer « un financement qui peut être prévu à long terme » et qui réunira « des entreprises de technologie de pointe, des producteurs de premier plan et des organismes de régulation tels que l’Agence européenne des médicaments ou la Commission européenne », a précisé Ursula von der Leyen.

Depuis le début de la pandémie de Covid-19, l’UE, comme d’autres régions, a fait face à des difficultés, d’abord pour s’approvisionner en équipements médicaux et obtenir certains médicaments et principes actifs, et à l’heure actuelle pour obtenir et distribuer les vaccins dans les délais prévus.

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