L’obésité infantile touche davantage le sud de l’Europe

L'obésité fait déjà des ravages dès l'enfance. [SHUTTERSTOCK]

Selon une nouvelle étude de l’OMS, les cas graves d’obésité et de surcharge pondérale sont plus nombreux dans le sud de l’Europe. Mais les pays du Nord n’échappent pas non plus au phénomène.

Lors du Congrès européen sur l’obésité à Glasgow, la section européenne de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a présenté deux études sur l’obésité infantile sévère en Europe et sur le lien entre l’allaitement et l’obésité.

Ces deux rapports de recherche font partie de l’Initiative de surveillance de l’obésité infantile (COSI) de l’OMS, créée il y a plus de dix ans pour estimer la prévalence de la maladie et surveiller les changements dans les cas de surpoids et d’obésité chez les enfants.

Dans la première enquête, la Grèce, Malte, l’Italie, l’Espagne et Saint-Marin ont signalé des taux d’obésité sévère supérieurs à 4 % chez les enfants d’âge scolaire, le plus élevé parmi les 21 pays participants à la collecte de données. Les pays d’Europe de l’ouest et du nord comme la Belgique, l’Irlande, la Norvège et la Suède ont enregistré des taux inférieurs à 2 %.

Bien que certains des États membres les plus peuplés de l’UE, comme l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni, n’aient pas été inclus dans la recherche, il s’agit de la plus grande initiative de ce type dans le monde, aucune étude comparative des pays européens n’ayant été publiée avant elle.

La Grèce, l’Espagne et l’Italie affichent également des taux de prévalence globaux de préobésité, d’obésité et d’obésité sévère supérieures à 40 %, tandis qu’à Saint-Marin, au Portugal et à Malte, ils restent supérieurs à 30 %.

La raison pour laquelle la prévalence de l’obésité sévère est plus élevée dans le sud n’a pas encore été éclaircie, selon les auteurs de l’étude. Certaines recherches suggèrent que le fait que les pays du sud de l’Europe aient un ratio taille par rapport à l’âge plus faible peut être une explication, mais d’autres facteurs comme le poids à la naissance, la durée du sommeil, les habitudes alimentaires ou l’activité physique peuvent également influencer le résultat. Les chercheurs estiment également que le déclin du régime méditerranéen traditionnel pourrait être lié à l’explosion du problème.

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Obésité sévère

Malte (5,5 %) enregistre la prévalence la plus élevée d’obésité sévère chez les enfants d’âge scolaire, suivie par la Grèce (4,8 %), Saint-Marin (4,6 %), la Macédoine du Nord (4,4 %) et l’Italie (4,3 %).

« L’obésité sévère est un problème de santé très grave, et ces enfants souffrent déjà de l’impact d’une telle obésité à leur âge », prévient João Breda, responsable du Bureau européen de prévention et de contrôle des maladies non transmissibles de l’OMS. « Nous avons constaté que les marqueurs de la santé cardiovasculaire, par exemple, sont déjà différents et que le risque de diabète augmente. »

Les données montrent que sur les quelque 13,7 millions d’enfants âgés de 6 à 9 ans vivant dans les 21 pays européens ayant participé à l’étude, près de 400 000 sont touchés par une obésité sévère. Les sexes ne sont pas égaux devant la maladie, puisque les garçons sont beaucoup plus touchés que les filles.

« Les systèmes de santé des différents pays ne sont pas préparés à relever ce défi et ils ont déjà montré qu’ils avaient des difficultés à traiter les adultes gravement obèses », souligne João Breda. Il s’agit d’un « travail difficile » pour les pays, qui fournissent un niveau de soins de santé primaires, des services spécialisés et des incitations, mais forment aussi des professionnels pour lutter contre l’obésité.

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Allaitement maternel

La deuxième étude publiée lors du Congrès européen sur l’obésité montre que les bébés qui ne sont jamais ou seulement partiellement allaités courent un risque accru d’obésité infantile. Dans tous les pays étudiés, la prévalence de l’obésité est plus élevée chez les enfants qui n’avaient jamais été allaités au sein (16,8 %)   et/ou qui l’avaient été pendant moins de six mois (13,2 %). Au contraire, les bébés nourris au sein pendant au moins six mois n’ont que 9,3 % de chances d’être obèses.

« Il s’agit d’une différence très importante en termes d’incidence, ce qui montre que l’allaitement maternel a un effet protecteur contre l’obésité », insiste João Breda. Il souligne que les aliments pour bébés qui complètent l’allaitement maternel pourraient jouer un rôle dans l’aggravation de la situation actuelle. « Dans une étude que nous publierons en mai, nous avons constaté que ces produits sont pleins de sucres et que leur profil nutritionnel est en fait très pauvre. »

Cette nouvelle étude semble indiquer que dans quatre des dix produits évalués, plus de 40 % des calories proviennent de sucres libres. « Il y a vraiment trop de sucre dans ces produits et je ne dirais pas que le secteur commercial des aliments pour bébés est complètement hors de contrôle, mais il faut plus de réglementation », conclut-il.

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