Clash entre Commission et eurodéputés sur l’étiquetage de la viande

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Pas assez protecteur pour les consommateurs, le projet de la Commission mécontente les eurodéputés. Ils exigent une information plus détaillée pour tous les types de viande.

En 2013, le scandale de la viande de cheval défrayait la chronique en France et en Europe. Un an plus tard, les eurodéputés ont voté, le 22 janvier dernier, pour une résolution visant à renforcer les règles d'étiquetage de la viande.

La Commission propose que les lieux d'élevage et d’abattage soient indiqués sur les étiquettes pour toutes les viandes, même si les bêtes n’y sont restés que quelques mois.

Cependant, elle n'a pas imposé l’étiquetage du lieu de naissance de l’animal, ce qui corrrespondait pourtant à une demande du Parlement.

« Nous voulons l’indication obligatoire sur les étiquettes du lieu de naissance, d’élevage et d’abattage des viandes non transformées de porc, de volaille, de moutons et de chèvre, comme c’est le cas pour le bœuf », a déclaré l'eurodéputé britannique Glenis Willmott (S&D), auteur de la résolution.

Consulter le parcours de l'animal

« Ceci permet aux consommateurs de voir le parcours de l'animal, et de voir s'il s'agit de pays qui respectent les normes relatives au bien-être des animaux […]. La décision prise par la Commission et les États membres n'est pas acceptable pour nous, ni pour les consommateurs, » a ajouté l'eurodéputé.

Les eurodéputés affirment que l'origine de la viande est devenue une préoccupation de premier ordre après les récents scandales alimentaires. En effet, le scandale de la viande de cheval a particulièrement marqué les esprits et a montré qu'il fallait des règles de traçabilité plus strictes, ainsi que des informations supplémentaires pour les consommateurs.

« Les consommateurs souhaitent savoir exactement d'où vient la viande qui se trouve dans leur assiette. Le Parlement européen a entendu [cette demande]. Selon Monique Goyens, directrice du Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC), 90 % des consommateurs veulent avoir accès à des informations exhaustives et non à des informations partielles.

Restaurer la confiance

« Si nous voulons restaurer la confiance vis-à-vis du secteur alimentaire, et en particulier de la viande, aucune raison ne peut justifier une information partielle sur l'origine de la viande. Les prix de la viande bovine ne se sont pas envolés après l'étiquetage obligatoire du lieu de naissance, d'élevage et d'abattage de l'animal. Donc, la position de la Commission, qui consiste à dire que les prix vont connaître une augmentation brusque si le même modèle [d'étiquetage] est appliqué à d'autres types de viande, semble un peu légère, » ironise la directrice du BEUC.

Les eurodéputés de la commission Environnement ont donc demandé que la Commission retire et modifie son projet de loi.

À la suite de la crise de la vache folle (ou encéphalopathie spongiforme bovine), l’Union européenne (UE) a adopté de nouvelles dispositions concernant l’identification des bovins et l’étiquetage de leur viande.

Les règles d'étiquetage dans l'UE ont été mises en place le 1er janvier 2002. Depuis lors, le Parlement n'a eu de cesse de réclamer l'extension du système à d'autres viandes.

  • 3-6 février 2014 : la résolution devrait être adoptée lors de la session plénière de Strasbourg

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