Coronavirus : la Commission appelle à la coordination avant de fermer les frontières

Le commissaire européen à la gestion des crises, Janez Lenarcic (G), et la commissaire européenne à la santé et à la sécurité alimentaire, Stella Kyriakides (D), s'expriment lors d'un point presse sur les derniers développements du coronavirus en Europe et plus particulièrement en Italie. Le 21 février, l'Italie est devenue le premier pays d'Europe à signaler le décès d'un de ses propres citoyens à cause du virus, ce qui a déclenché des restrictions de voyage dans une douzaine de villes où le nombre de personnes contaminées a continué à augmenter. [EPA/OLIVIER HOSLET]

Toute restriction aux frontières liée au coronavirus dans l’UE doit s’appuyer sur une évaluation approfondie des risques et un avis scientifique, selon l’exécutif européen. Qui appelle à une réaction proportionnée et coordonnée.

Au lendemain de l’épidémie de coronavirus en Italie, la commissaire européenne à la santé, Stella Kyriakides, et le commissaire en charge de la gestion de crise, Janez Lenarčič, ont rappelé que la mise en place de mesures restrictives aux frontières dans l’espace Schengen était du ressort de l’État membre en question.

À ce jour, aucun pays de l’UE n’a notifié la Commission de son intention de prendre de telles mesures. Stella Kyriakides a déclaré que l’exécutif européen suivait de près la situation en Italie, qui démontre à quel point la situation peut vite changer.

Selon elle, la situation est préoccupante et met en lumière l’importance pour les États membres d’être préparés à des cas similaires.

Avec 224 cas actuellement, l’Italie fait face à la pire épidémie de coronavirus en dehors de l’Asie. Des villes entières dans le nord du pays ont été entourées d’un cordon sanitaire, des écoles ont été fermées et des événements publics, comme les derniers jours du carnaval de Venise, ont été annulés.

Six personnes sont décédées depuis le vendredi 21 février dans le pays transalpin. Dimanche soir, Vienne a bloqué un train venant d’Italie après une annonce des Chemins de fer italiens informant l’opérateur autrichien OBB que deux personnes à bord présentaient des symptômes de fièvre.

« Ce soir, un train faisant la route de Venise vers Munich a été arrêté à la frontière autrichienne », a confirmé le ministre autrichien de l’Intérieur.

Le gouvernement italien se montre toutefois réticent à suspendre le système de libre circulation de Schengen. « Pour l’instant, il n’y a pas de raison de prendre une telle initiative », a déclaré Giuseppe Conte, Premier ministre italien, tout en ajoutant qu’une réintroduction temporaire des frontières aurait un effet dévastateur sur l’économie du pays. « Qu’allons-nous faire de l’Italie ? Un lazaret* ? », s’est-il indigné.

Dans une interview télévisée, le ministre français de la Santé, Olivier Veran, a lui-aussi assuré que fermer les frontières avec l’Italie « n’a pas de sens, puisqu’un virus ne s’arrête pas aux frontières. »

Il a ajouté qu’il n’y avait pas de véritable épidémie en Italie, car les autorités sanitaires ont pris les mesures pour justement « enrayer l’épidémie ».

L’Italie hésite à fermer l’espace Schengen face à l'épidémie de coronavirus

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Reste à savoir si la Commission européenne est prête pour une suspension européenne de l’espace Schengen dans l’éventualité d’une escalade de la situation. À cette question, Janez Lenarčič explique que l’exécutif ne travaille pas là-dessus actuellement, mais qu’il existe plusieurs plans d’urgence et divers scénarios.

Des responsables du Centre européen de prévention de contrôle des maladies (ECDC) et de l’Organisation mondiale de la Santé se rendent aujourd’hui en Italie. La Commission a demandé à l’ECDC d’évaluer la situation au regard de l’Europe.

Dans une interview avec Euractiv au début du mois de février, Andrea Ammon, la directrice de l’ECDC avait expliqué que tant qu’il n’y avait que quelques cas et quelques groupes autour d’eux, il n’y avait pas de raison de trop s’inquiéter du nouveau coronavirus.

L’UE pourrait mieux se préparer face au coronavirus

La directrice de l’organe sanitaire européen appelle l’UE à revoir les mesures de prévention de la pandémie.

Andrea Ammon appelle cependant à repenser les plans de préparation à une pandémie pour s’assurer que l’Europe est bien équipée pour faire face à un scénario de propagation du virus comme c’est le cas actuellement en Chine.

*Les lazarets étaient des bâtiments où les passagers provenant de bâteaux étaient mis en quarantaine lors des épidémies de peste.

 

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