La Commission tente d’assurer la survie des entreprises face au coronavirus

Le commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton. [MSC/Müller]

L’exécutif européen prend des mesures drastiques pour s’assurer que les grosses entreprises et les PME résistent à l’impact économique du coronavirus, déclare Thierry Breton, le commissaire européen au Marché intérieur.

La progression du coronavirus en Europe force les autorités publiques à prendre des mesures draconiennes, comme le confinement total en Italie ou la fermeture des écoles en Espagne.

Alors que les marchés de l’UE et du reste du monde s’effondrent, les leaders européens doivent tenir une téléconférence ce 10 mars sur les actions à prendre pour combattre le virus.

« Nous devons coopérer afin de protéger la santé de nos citoyens », affirme le président du Conseil européen, Charles Michel, sur Twitter.

Thierry Breton a indiqué à la presse lundi 9 mars que la Commission prenait le coronavirus « très au sérieux », au vu de ses conséquences sur la santé publique, mais aussi sur l’économie européenne.

Rien que dans l’industrie touristique, l’une des plus touchées par l’épidémie, la perte économique s’élève à environ un milliard d’euros par mois, précise le commissaire européen.

À l’heure où l’Europe entre en période de crise, il assure que l’exécutif européen fera tout pour « ne perdre personne dans cette situation », en référence aux grosses entreprises et aux PME.

À ce titre, il énumère une série d’actions à mener pour minimiser l’impact économique de la baisse de la demande, comme la mise à disposition de liquidités suffisantes pour les PME ou l’application plus souple de règles relatives aux aides d’État.

Ce mercredi 11 mars, la Banque centrale européenne (BCE) discutera des moyens d’assumer les conséquences économiques du coronavirus. Les marchés s’attendent à ce que la BCE ouvre de nouvelles lignes de crédit pour soutenir l’économie réelle, en particulier les PME.

Thierry Breton ne s’est cependant pas encore prononcé à ce jour sur les mesures que prendrait l’exécutif européen, ou sur la modification des règles de l’UE pour faciliter les interventions publiques.

« Il est trop tôt pour que je m’exprime à ce sujet », communique-t-il, mais il ajoute que la Commission est « fortement mobilisée » et bien coordonnée pour intervenir.

« Nous ne pouvons réagir sans comprendre parfaitement les chiffres », explique le commissaire européen, laissant sous-entendre que l’exécutif attendrait le mois d’avril, date de publication des résultats au premier trimestre des entreprises, pour agir.

Coronavirus : les ministres des Finances de l’UE estiment qu’il est urgent d’attendre

Les ministres des Finances de l’Union européenne ont promis une réponse coordonnée pour faire face à l’impact économique du coronavirus. Mais ils ne prendront aucune décision avant la mi-mars au plus tôt.

Pour affronter cette période difficile, Thierry Breton appelle à la solidarité, non seulement entre États membres, mais aussi entre sociétés — surtout lorsqu’elles dépendent d’un même secteur industriel.

À cet égard, il tiendra une téléconférence ce mardi 10 mars avec les fabricants de matériel de protection, tels que les masques ou les gants, et les autorités nationales, afin d’assurer la couverture de tous les besoins, tout particulièrement ceux du personnel de santé.

Il a aussi annoncé qu’il organiserait une réunion semblable avec les représentants de l’industrie pharmaceutique en fin de semaine.

Ces conférences visent à mesurer la capacité de production en Europe et les besoins des États membres les plus touchés, notamment l’Italie, afin d’attribuer les ressources plus efficacement.

La solidarité ne peut s’exercer qu’à partir du moment où l’état des lieux a été dressé, indique Thierry Breton. « Mais nous serons mieux organisés qu’actuellement ».

Cependant, il est resté vague sur la suppression potentielle des contrôles à l’exportation du matériel médical — une prescription imposée en France et en Allemagne la semaine dernière —, ou s’il allait « pointer du doigt » les États membres qui refusent de coopérer avec leurs voisins en crise.

« Nous ne sommes pas là pour blâmer qui que ce soit, nous sommes là pour nous organiser ». « Personne n’a le droit de dire “faites ceci ou cela” — nous devons faire preuve de bonne volonté, tous ensemble, pour gérer l’offre et la demande ».

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