Bruxelles devrait proposer une interdiction du dioxyde de titane

Soulignant que la priorité de la Commission européenne était « la santé de ses citoyens et la sécurité de la nourriture qu’ils consomment et des produits qu’ils utilisent », un représentant a confirmé que l’exécutif présenterait une proposition visant à retirer le dioxyde de titane de la liste européenne des additifs alimentaires, jeudi (6 mai). [SHUTTERSTOCK]

La Commission européenne proposera le retrait du dioxyde de titane (E171) de la liste des additifs alimentaires de l’UE tandis que l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) ne le considère plus comme sûr.

Soulignant que la priorité de la Commission européenne était « la santé de ses citoyens et la sécurité de la nourriture qu’ils consomment et des produits qu’ils utilisent », un représentant a confirmé jeudi (6 mai) que l’exécutif présenterait une proposition visant à retirer le dioxyde de titane de la liste européenne des additifs alimentaires.

La commissaire à la santé Stella Kyriakides a également étayé les propos selon lesquels Bruxelles proposerait une interdiction de la substance à travers le bloc. Les discussions à ce sujet devraient être entamées au fil du mois.

Toutefois, sachant que l’EFSA n’a pas identifié de risque sévère et intrinsèque au E171, aucune mesure n’entrera en vigueur immédiatement.

À l’inverse, les 27 devraient plancher sur une période de transition adéquate pour garantir le remplacement de la substance, là où il s’avère nécessaire.

« Les étapes à suivre feront l’objet de débats au fil des prochaines semaines, dans le but de prendre une mesure ad hoc dès que possible », a indiqué la source européenne proche du dossier.

Le dioxyde de titane est largement utilisé comme colorant dans de nombreux aliments, notamment les gâteaux, viennoiseries et compléments alimentaires. Il ne présente aucun apport nutritionnel ou fonctionnel aux denrées alimentaires.

La décision de la Commission européenne fait suite à la publication de la nouvelle évaluation de l’EFSA jeudi (6 mai).

« En tenant compte de toutes les études et données scientifiques disponibles, le groupe a conclu que le dioxyde de titane ne peut plus être considéré comme un additif alimentaire sûr. Un élément critique pour arriver à cette conclusion est que nous n’avons pas pu exclure les problèmes de génotoxicité qui pourraient survenir à la suite de la consommation de particules de dioxyde de titane. Après une ingestion orale, l’absorption des particules de dioxyde de titane est faible, mais elles sont susceptibles de s’accumuler dans l’organisme », a fait savoir le professeur Maged Younes président du groupe scientifique de l’EFSA sur les additifs alimentaires et les arômes (groupe FAF).

À titre informatif : la génotoxicité est la capacité d’une substance chimique à endommager l’ADN, le matériel génétique des cellules. La génotoxicité d’une substance pouvant elle-même entraîner des effets cancérigènes, il est crucial d’évaluer l’effet génotoxique potentiel d’une substance avant de statuer sur sa sécurité.

La nouvelle a été chaleureusement accueillie par les groupes de militants, notamment Safe Food Advocacy Europe (SAFE) qui s’oppose à l’utilisation du E171 depuis plusieurs années.

Floriana Cimmarusti, secrétaire générale de SAFE, a soutenu que « des consommateurs, ONG et députés remettaient en cause le dioxyde de titane depuis des années, toujours en gardant le bien-être des consommateurs européens au centre des préoccupations, en particulier la santé de nos enfants qui ingèrent ces produits toxiques quotidiennement ».

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« Nous espérons désormais que la Commission lancera des actions adéquates, en maintenant la santé des consommateurs au cœur de ses décisions », a-t-elle ajouté.

Selon Camille Perrin, cadre supérieur chargée du dossier alimentaire au Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC), l’E171 n’a pas sa place dans notre alimentation.

« À la vue de cette nouvelle preuve soulevant des inquiétudes sur la sécurité de l’additif, il ne fait aucun doute que les gouvernements devraient soutenir son interdiction dans les denrées à travers le bloc », a-t-elle expliqué.

Faisant valoir que le BEUC avait tiré la sonnette d’alarme en 2019 déjà, Mme Perrin déplore l’oisiveté de l’UE sur le sujet.

« Les décideurs politiques auraient dû agir plus tôt et prendre exemple sur la France, où l’E171 est interdit à des fins alimentaires depuis janvier 2020, en vertu du principe de précaution », a-t-elle renchéri, appuyant que l’additif n’était utilisé que pour des raisons esthétiques.

« L’Hexagone prouve que le secteur alimentaire peut se passer de ce colorant blanc. Beaucoup de professionnels l’ont d’ailleurs supprimé de leurs recettes. Il est donc temps d’interdire le dioxyde de titane à travers l’UE. »

Contacté par EURACTIV, un porte-parole de FoodDrinkEurope, une organisation représentant l’industrie agroalimentaire au sein du bloc, a déclaré que la « sécurité des consommateurs et des produits était de la plus haute importante pour la filière ».

De ce fait, FoodDrinkEurope « prend acte de l’évaluation de l’EFSA et l’analysera plus en détail ».

« L’industrie des aliments et boissons s’aligne sur la législation européenne et agira conformément à toute décision de gestion des risques faisant suite à cette évaluation. »

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