Coronavirus: pas confinés mais disciplinés, les Suédois assument le risque

La Suède est un des rares pays européens à ne pas avoir pris des mesures radicales depuis le début de l’épidémie de Covid-19. Le gouvernement parie moins sur le confinement que sur le civisme. Un article de notre partenaire Ouest-France.

Crèches, écoles et collèges ouverts, télétravail seulement recommandé, cafés et restaurants qui continuent de servir. Dans une Europe confinée, la Suède a fait le choix d’une stratégie alternative. Elle privilégie incitations et recommandations, plutôt qu’obligations ou interdictions.

L’objectif est pourtant le même : « Nous voulons ralentir la propagation du virus, pour éviter un engorgement de nos hôpitaux », martèle sans cesse Anders Tegnell, chef épidémiologiste auprès de l’Agence de la santé publique, devenu malgré lui une star. En attendant, comme ailleurs, que la population acquière la fameuse immunité collective qui stoppera le virus.

Désaccord flagrant entre chefs d'Etat sur la réponse économique au coronavirus

Les dirigeants européens n’ont pas trouvé de consensus sur les mesures de relance à mettre en œuvre pour contrer les effets de la pandémie. Les pays du Nord ne veulent pas des « obligations corona » réclamées certains États membres.

Civisme et responsabilité individuelle

C’est la méthode qui diffère. Le gouvernement, qui suit les avis des experts, met l’accent sur « le civisme » et la « responsabilité individuelle » – des mots répétés à longueur de conférence de presse. Les plus de 70 ans et les personnes à risque sont incités à éviter tout contact social, tandis que le reste de la population est prié de se confiner en cas de symptôme grippal, et d’éviter les « déplacements non nécessaires ». Depuis dimanche 29 mars, les regroupements de plus de cinquante personnes sont quand même interdits, contre 500 jusque-là.

Les écoles, en revanche, restent ouvertes car, affirme l’Agence de santé publique, les enfants ne sont pas un vecteur majeur de transmission du virus. Mais aussi, parce que leur fermeture risquerait d’accroître les contacts avec les personnes âgées et de priver de personnel des secteurs clés de la société.

La population derrière son gouvernement

Dans l’ensemble, les Suédois respectent les recommandations. Si le pays n’est pas totalement à l’arrêt, il vit au ralenti. Les autorités sanitaires assument leur choix et préparent la population à de nombreux morts dans les semaines qui viennent. On en était lundi 30 mars à 146 décès du Covid-19.

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Afin de mieux surmonter les difficultés causées par la crise sanitaire, les ministres européens de l’Agriculture appellent la Commission à prendre des mesures plus spécifiques.

Le gouvernement a d’ailleurs le soutien d’une majorité de la population. « Je pense que la Suède fait le bon choix. Cela ne sert à rien de fermer toute la société », juge Arvid, médecin infectiologue dont les deux enfants vont à l’école. « Au final, je ne pense pas que les résultats seront différents, parce qu’à un moment, il faut bien sortir du confinement. » L’ensemble des partis au parlement jouent aussi la carte de l’unité.

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