Couac à l’Assemblée nationale après la suspension de l’examen du futur passe vaccinal

Les oppositions rejettent la prolongation de séance demandée par Olivier Véran lors du vote sur l'instauration du passe vaccinal, empêchant son adoption. [CHRISTOPHE PETIT TESSON/EPA-EFE]

Les députés de l’opposition ont voté une suspension de séance dans la nuit du 3 au 4 janvier, mettant la majorité présidentielle en difficulté dans sa volonté d’aller vite vers l’adoption du passe vaccinale.

Dans la nuit du 3 au 4 janvier, lors de l’examen, par l’Assemblée nationale, du projet de loi instaurant le passe vaccinal, les oppositions ont voté une suspension de séance empêchant ainsi la mise en place du nouveau dispositif.

Alors que les députés devaient s’exprimer sur l’instauration du passe vaccinal, censé succéder au passe sanitaire, la majorité (LaREM, Modem et Agir) n’a pas pu contrer les élus de l’opposition qui ont refusé la prolongation de séance, demandée par le ministre de la Santé Olivier Véran.

Si les positions du Rassemblement national et de La France insoumise étaient connues et largement relayées depuis plusieurs jours par leurs élus, c’est le vote des Républicains qui étonne : la candidate LR à l’élection présidentielle, Valérie Pécresse, avait assuré le soutien de ses troupes à la mesure proposée par le gouvernement, qu’elle jugeait efficace pour contrer l’épidémie.

Ce qui n’a pas empêché le groupe LR de voter la suspension de séance, main dans la main avec les Insoumis, les députés RN, les socialistes et les communistes. Damien Abad avait pourtant confirmé que le groupe LR, qu’il préside, voterait « dans sa majorité » en faveur du dispositif, alors qu’il en a, de fait, empêché l’adoption dans un temps raisonnable.

Les réactions n’ont évidemment pas tardé. Accusés d’amateurisme de manière quasi unanime, les macronistes vilipendent le double discours des Républicains : non seulement pour le refus de prolonger la séance, mais également sur le fond.

Plus tôt dans la soirée, un amendement visant à supprimer le passe vaccinal du texte a été déposé par les députés LR et largement voté par ces derniers, dont Aurélien Pradié, porte-parole de la campagne de Valérie Pécresse – une attitude jugée « irresponsable » par la Ministre Amélie de Montchalin.

Déjà opposés au passe sanitaire avant le passe vaccinal, les députés LFI et RN se réjouissent d’avoir évité un débat au rabais, qui aurait eu lieu pendant la nuit, « loin du regard des Français » selon les mots de Marine Le Pen, qui salue « une victoire pour la démocratie ».

L’une des seules voix discordantes est celle de Robert Ménard, soutien de la candidate du RN et maire de Béziers, qui a critiqué « ceux qui se réjouissent de la suspension de séance ».

La France insoumise et le Rassemblement national vent debout contre le passe sanitaire

L’Assemblée nationale a adopté vendredi (23 juillet) en première lecture le nouveau projet de loi anti-Covid qui prévoit l’extension controversée du passe sanitaire et l’obligation vaccinale pour les soignants, au bout d’une nuit blanche marquée par d’âpres débats.

Mais ce psychodrame est surtout politique, puisqu’il met en exergue les stratégies des oppositions, à quelques mois de l’élection présidentielle.

Mme Le Pen et M. Mélenchon ont l’œil rivé sur les 5 millions de Français majeurs non vaccinés, qui constituent un vivier électoral important, sans oublier les personnes vaccinées en désaccord avec la politique gouvernementale de gestion de la crise.

De leur côté, Les Républicains montrent, peut-être pour la première fois depuis l’investiture de Mme Pécresse le 4 décembre dernier, un désaccord sur une question importante et sur laquelle une ligne politique claire avait pourtant été donnée par la candidate.

Les débats reprendront en fin de journée et pourront se dérouler même après minuit, comme l’a établi la Conférence des présidents. L’audition de M. Véran au Sénat, prévue mardi (4 janvier), a été reportée à une date ultérieure, une fois le texte adopté à l’Assemblée, a indiqué l’entourage du ministre de la Santé à EURACTIV.

Passe vaccinal : le calendrier s'accélère

« Nous visons une adoption définitive du passe vaccinal dès la première quinzaine du mois de janvier » a annoncé Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement, mardi 21 décembre.

Subscribe to our newsletters

Subscribe