Covax a livré 100 pays et continue de parier sur AstraZeneca

D’ici au 31 mai, Covax a l’intention de livrer 238,2 millions de doses aux 142 pays qui y participent. Sur ce total, seules 1,2 million sont le vaccin Pfizer/BioNTech.i [EPA-EFE/LUONG THAI LINH]

Cent pays et territoires livrés en vaccins anti-Covid en 42 jours : le système Covax a célébré jeudi (8 avril) cette étape symbolique et renouvelé sa confiance au sérum d’AstraZeneca, la colonne vertébrale d’une campagne pour l’heure handicapée par des délais de livraison.

Le vaccin AstraZeneca-Oxford représente la quasi totalité des doses distribuées par ce système Covax, créé par l’Alliance du vaccin (Gavi), l’OMS et la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (Cepi) pour tenter de combattre les inégalités d’accès à l’immunisation anti-Covid, notamment en fournissant gratuitement 92 pays défavorisés.

Mais Covax joue de malchance.

Il est non seulement en concurrence avec les pays riches qui, sous la pression de leur opinion publique, ont fait fi de leurs promesses de solidarité et tentent de vacciner le maximum de monde au détriment des pays moins riches, mais il doit aussi faire face à des délais de livraison.

Le gouvernement indien a limité les exportations du vaccin fabriqué par le Serum Institute of India afin de pouvoir lui-même faire face à une seconde vague d’infections. Covax se fournit aussi en Corée du sud.

Et pour couronner le tout, le vaccin d’AstraZeneca a défrayé la chronique parce qu’il pourrait provoquer – dans de très rares cas – certains types de caillots sanguins.

D’ici au 31 mai, Covax a l’intention de livrer 238,2 millions de doses aux 142 pays qui y participent. Sur ce total, seules 1,2 million sont le vaccin Pfizer/BioNTech.

St. Lucie

Mercredi (7 avril), l’Agence européenne des médicaments (EMA) avait conclu que les caillots sanguins devraient être répertoriés comme effet secondaire « très rare » du vaccin AstraZeneca, tout en estimant que les bénéfices l’emportent sur les risques.

L’OMS lui avait emboîté le pas jugeant que le lien « était plausible mais non confirmé » et encourageant à continuer la vaccination parce que « la balance des risques penche très en faveur du vaccin ».

Gavi a indiqué à l’AFP suivre les directives de l’OMS et souligné que « le vaccin AstraZeneca reste un important outil de santé publique contre la pandémie de Covid-19 et il est efficace pour prévenir les cas sévères (de Covid-19), les hospitalisations et la mort ».

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Les caillots sanguins doivent être répertoriés comme un effet secondaire « très rare » du vaccin AstraZeneca contre le Covid-19, a reconnu mercredi le régulateur européen.

C’est l’île de Sainte Lucie, dans les Caraïbes, qui est devenue jeudi le 100e pays livré par Covax, qui avait fait sa première livraison le 24 février au Ghana.

En 42 jours, ce sont 38,4 millions de doses qui ont ainsi pu être livrées grâce en particulier au savoir faire logistique d’Unicef et 61 des 92 pays fournis gratuitement ont ainsi pu commencer leur campagne d’immunisation.

D’ici la fin du premier semestre Covax pense pouvoir livrer tous les pays qui en ont fait la requête.

Et ceci « en dépit des volumes moindres en mars et en avril » en partie parce que les producteurs ajustent leur processus de production et « une demande accrue pour des vaccins anti-Covid 19 en Inde », souligne l’Alliance du vaccin.

Deux milliards de dollars

Mais explique Seth Berkley le patron de Gavi : « Nous continuons à faire face à un immense défi pour tenter de mettre fin à la phase aiguë de la pandémie », qui a déjà fait au moins 2,9 millions de morts dans le monde depuis les premiers cas détectés en décembre 2019, en Chine.

D’ici la fin 2021, l’objectif est d’arriver à vacciner jusqu’à 27% de la population des 92 pays les plus défavorisés bénéficiant de Covax.

À comparer aux 70% de la population vaccinée que vise l’Union européenne ou la totalité de la population adulte des États-Unis promise par l’administration Biden d’ici l’été.

Et il manque encore 2 milliards de dollars en 2021 pour payer pour les 1,8 milliard de doses promises aux 92.

Malgré les engagements publics de nombreux responsables de pays riches, c’est le nationalisme vaccinal qui prime et le patron de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus n’a de cesse de le dénoncer, en expliquant que tant que la pandémie fera rage dans certaines parties du monde le risque d’apparition de variants encore plus dangereux reste entier.

La directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique Matshidiso Moeti a aussi rappelé jeudi que « plus d’un milliard d’Africains restent en marge de cet objectif historique de mettre fin à la pandémie ».

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