COVAX demande un financement supplémentaire si un nouveau variant Covid apparaît

L'ambassadeur d'Espagne en Argentine Francisco Javier Sandomingo (R) assiste à l'arrivée des vaccins donnés par le gouvernement espagnol à l'aéroport d'Ezeiza, en Argentine, le 23 septembre 2021. [EPA-EFE/Juan Ignacio RONCORONI]

Cela fait plus d’un an que l’initiative de vaccination COVAX, codirigée par Gavi, a livré sa première cargaison de vaccins. Récemment, l’offre a dépassé la demande pour la première fois et l’initiative se concentre désormais sur la collecte de fonds pour se préparer aux futurs variants.

Marie-Ange Saraka-Yao, directrice générale de Gavi pour la mobilisation des ressources, les partenariats avec le secteur privé et le financement innovants, s’est entretenue avec EURACTIV pour expliquer le besoin de financement supplémentaire et le passage de l’offre à la demande.

Pouvez-vous expliquer brièvement ce pourquoi un financement supplémentaire est nécessaire ainsi que ce à quoi COVAX se prépare  ?

Ce que nous voulons, c’est que les gens soient prêts. En particulier parce que nous sommes proches de la ligne d’arrivée, nous ne voulons pas revenir à la situation antérieure. Nous demandons de la flexibilité, et un exemple de cela est le vaccin adapté aux variants. Tous les trois ou quatre mois, nous avons eu un nouveau variant. Il est très important que nous soyons en mesure, si un nouveau variant apparaît, de soutenir les pays [à faible et moyen revenu] afin de ne pas revenir à la situation de 2020, où ils étaient à la fin de la file d’attente. Et nous savons que c’est faisable.

Nous lançons une mise en commun de vaccins pandémique, de sorte qu’en cas d’apparition d’un nouveau variant, nous soyons en mesure d’être dans la file d’attente pour les vaccins adaptés au nouveau variant. L’équité, c’est avoir des armes, mais aussi avoir le bon vaccin et le droit de ne pas retomber dans ce déséquilibre observé autrefois.

Comment cela fonctionnerait-il  ?

Une fois que nous avons cette mise en commun, si un nouveau variant apparait demain, nous pouvons immédiatement mettre de l’argent sur la table avec les fabricants pour qu’ils considèrent également les pays à faible et moyen revenu. De cette façon, nous ne retomberons pas dans ce cercle vicieux que nous connaissons tous trop bien. Il s’agit de donner une égalité d’accès aux nouveaux vaccins, ce qui est essentiel.

Parlons argent : quelle somme COVAX veut-elle engager et pour quoi faire  ?

Nous avons créé une opportunité d’investissement et ce que nous demandons à ce stade, c’est 1,1 milliard de dollars pour couvrir les livraisons urgentes, le soutien et les éléments auxiliaires pour soutenir les pays et augmenter leur efficacité. Nous couvrons le soutien aux pays, le transport, tous ces aspects, vous savez, être capable d’avoir plus de personnel de vaccination pour lancer la campagne afin que nous puissions accélérer le rythme de la vaccination. C’est donc la première partie.

Et la deuxième partie, c’est vraiment pour répondre aux chocs, c’est-à-dire lancer cette mise en commun. Pour cela, l’idée serait d’obtenir à terme 2,7 milliards de dollars. Mais le fait d’avoir déjà des promesses de dons nous permettra d’être en mesure de faire une offre au cas où un nouveau variant apparaîtrait.

Nous avons parlé des projets de COVAX pour l’avenir. Quelle est la situation à l’heure actuelle, alors que COVAX a livré 1,4 milliard de doses à 245 pays  ?

Ce que nous pouvons constater, c’est que tous les efforts et les investissements commencent vraiment à mûrir et à produire des résultats. Mais bien sûr, il y a beaucoup de différences et de lacunes dans la couverture [vaccinale]. Nous sommes désormais en mesure de donner aux pays une vue sur l’approvisionnement et de répondre à leurs préférences. Ce qui se passe réellement, c’est que nous sommes en mesure d’aider les pays à augmenter leur capacité à recevoir des doses de vaccin Covid au fil du temps et, surtout, à respecter leurs propres stratégies.

À l’heure actuelle, le point essentiel est que la pandémie n’est pas terminée. Il s’agit donc de finir le travail et de les amener au niveau d’immunité qu’ils souhaitent car tant qu’il y a un écart entre les niveaux de couverture vaccinale des pays, il y a toujours un risque de résurgence [de la pandémie] et de vies perdues.

En janvier, COVAX a fait don de son milliardième vaccin contre la Covid-19. Comment la situation évolue-t-elle sur le terrain ?

Comme je l’ai dit, la couverture vaccinale est inégale. En janvier, 34 pays avaient une couverture inférieure à 10 %. Maintenant, avec les efforts de livraison dans certains de ces pays, elle atteint 19 %. En l’espace de deux mois, vous pouvez réellement accélérer la vaccination si vous disposez des fonds nécessaires. C’est pourquoi nous sommes intervenus pour dire : « Écoutez, nous avons vraiment besoin de ce financement, parce qu’en fait, l’effort peut porter ses fruits relativement rapidement ». Et lorsque les pays disposent des ressources, de la logistique et ainsi de suite, ils peuvent augmenter leur taux de vaccination.

Au début de la pandémie, il semblait que l’accès aux vaccins était le principal problème. Est-ce maintenant la livraison qui pose problème ?

Pendant longtemps, le problème était l’accès aux vaccins parce que nous n’avions pas d’argent et que la réserve limitée de vaccins était déjà utilisée. Aujourd’hui, nous avons fait de grands progrès et, pour la première fois, l’offre a dépassé la demande. Je pense que c’est grâce à tous les soutiens que nous avons eus de par le monde. Nous avons cette visibilité, et nous pouvons donner aux pays une vue d’ensemble sur chaque type de vaccin également. Ils peuvent choisir en fonction de leurs propres choix et de leur stratégie vaccinale.

Mais, en même temps, lorsque les vaccins commencent à arriver, c’est là que vous vous rendez compte : « Oh, OK, j’avais en quelque sorte besoin de ceci mais en fait, j’ai plus besoin de ceci ». Parce que certains vaccins, dans certains pays, ont des exigences de distribution différentes de celles d’autres pays, […] l’accent est désormais mis sur la distribution. Et c’est pourquoi nous avons un besoin urgent de financement pour les livraisons, afin que tout soit prêt lorsque les vaccins arrivent à l’aéroport : la logistique, le personnel de vaccination, mais aussi la formation.

Subscribe to our newsletters

Subscribe