COVAX : sur un milliard de vaccins distribués, des millions de doses rejetées

Initialement, deux milliards de doses étaient censées être livrées par COVAX d'ici la fin de l'année 2021. [Shutterstock]

COVAX, le mécanisme de soutien à la vaccination dans les pays en voie de développement, a distribué son milliardième vaccin vendredi (15 janvier) sous les acclamations de tous, alors que ce don ne représente que la moitié de l’objectif initial.

Bien que très applaudi, le nombre total de vaccins distribués jusqu’ici n’atteint pas les deux milliards de doses initialement promises avant la fin 2021. De plus, de nombreux pays ont été contraints de rejeter des dons en raison de problèmes logistiques.

« C’est une étape clé dans le déploiement mondial de vaccins le plus important et le plus rapide de l’histoire, mais le monde se trouve à un autre carrefour dans notre lutte contre la Covid-19 », a déclaré Seth Berkley, épidémiologiste et directeur exécutif du partenariat public-privé pour la santé mondiale Gavi, une alliance de vaccins qui vise à accroître l’accès à la vaccination dans les pays en développement.

Gavi s’est associée à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et à la coalition Cepi pour coordonner le mécanisme COVAX.

En tant que contributeur le plus important de COVAX, l’UE a déjà offert 331 millions de vaccins depuis qu’elle a envoyé pour la première fois des doses en février 2021 au Ghana, a déclaré un fonctionnaire de la Commission européenne à EURACTIV.

Selon la présidente de la Commission, Ursula von Der Leyen, l’UE espère s’appuyer sur ces résultats pour livrer 700 millions de doses d’ici la mi-2022.

Louable mais insuffisant

En l’état actuel des choses, 36 des 194 États membres de l’OMS ont vacciné moins de 10 % de leur population, et 88 moins de 40 % selon l’OMS.

Pour aller de l’avant, les législateurs de la commission du développement (DEVE) du Parlement européen ont discuté jeudi (13 janvier) de l’accès aux vaccins dans les pays en voie de développement avec des représentants d’organisations telles que GAVI et l’UNICEF.

« Le taux de vaccination est désespérément bas sur le continent africain. Nous avons besoin de voir une accélération », a reconnu le président de la commission, Tomas Tobé, dans son discours d’ouverture.

Dans un communiqué de presse, le directeur de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déclaré que si 9,4 milliards de doses ont été injectées dans le monde, plus de 85 % des Africains n’en ont pas encore reçu.

Toutefois, lors des discussions au Parlement jeudi, la directrice de la division des approvisionnements de l’UNICEF, Etleva Kadilli, a souligné que de nombreuses doses de vaccin ont pu être refusées par des pays à faible revenu. Ce chiffre s’élèverait à 100 millions pour le seul mois de décembre.

Mme Kadili a déclaré que la majorité des refus étaient dus à la durée de conservation des produits, les doses de vaccins ayant une durée de vie très limitée. D’autres refus étaient dus à un manque de capacité de stockage dans certains pays.

Un fonctionnaire de la Commission a déclaré à EURACTIV que l’exécutif européen était conscient du problème et qu’il « discute avec COVAX de la question des pays qui refusent les vaccins en raison de leur courte durée de conservation ».

Le fonctionnaire a ajouté que Gavi exige que les vaccins donnés « aient une durée de conservation d’au moins 10 semaines à leur arrivée dans le pays ».

Parmi les autres raisons du rejet des vaccins figurent « l’état de préparation à recevoir un grand nombre de doses, la situation politique sur le terrain, le processus d’approbation réglementaire dans le pays bénéficiaire », a expliqué le responsable.

Comme les doses rejetées peuvent être réorientées vers d’autres pays, le fonctionnaire a souligné que « le rejet des doses ne signifie pas qu’elles ont été gaspillées ».

S’assurer que les vaccins ne sont pas gaspillés en raison de problèmes logistiques est également un élément qui, selon l’eurodéputée Chysoula Zacharopoulou, coprésidente du Conseil COVAX, s’avérera être l’un des principaux défis en 2022.

« Nous avons demandé un budget supplémentaire pour assurer la logistique ; cela doit être poursuivi en 2022 », a-t-elle souligné.

Au cours de la discussion, Mme Kadilli, de l’UNICEF, a également insisté sur la nécessité de « reconstruire mieux et de renforcer les systèmes de santé afin de les rendre plus résilients pour faire face aux futures épidémies et pandémies », tandis que Mme Zacharopoulou a déclaré que l’UE devait penser au-delà de la Covid-19 et prendre en compte les problèmes sanitaire africains de manière plus globale pour éradiquer des maladies telles que le paludisme.

« Nous sommes prêts à corriger les choses qui n’ont pas fonctionné et à faire en sorte que l’Afrique puisse bénéficier de nos actions », a-t-elle conclu.

Covax demande un traitement égal pour tous les vaccins homologués par l’OMS

Les autorités partout dans le monde doivent considérer comme pleinement vaccinée toute personne ayant été immunisée avec les sérums homologués par l’OMS et les grandes agences sanitaires, a estimé jeudi (1er juillet) le système Covax.

Subscribe to our newsletters

Subscribe