Covid-19. Allons-nous pouvoir éviter un troisième confinement ?

« Il ne faut pas exclure un troisième confinement en dernier recours », a déclaré lundi après-midi le Premier ministre Jean Castex lors du comité de suivi parlementaire. [EPA-EFE/IAN LANGSDON]

Pour l’instant, il n’est pas question d’en parler. Le gouvernement a répété ce lundi qu’un nouveau confinement n’était pas à l’ordre du jour. Cette solution est présentée par le Premier ministre comme le dernier recours. Est-il évitable ? La marge de manœuvre semble très réduite.

Ce lundi matin 11 janvier, sur Europe 1, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, assurait : « À ce stade, il n’y a pas de reconfinement prévu mais évidemment nous suivons la situation avec beaucoup d’attention […] et évidemment on continuera à prendre les mesures nécessaires, notamment dans certaines villes. »

Lundi après-midi, lors du comité de suivi parlementaire, le Premier ministre Jean Castex lâchait : « Il ne faut pas exclure un troisième confinement en dernier recours. » Avant d’ajouter : « Pour le moment, les chiffres à date nous laissent penser que le couvre-feu suffit. »

Jusqu’à quand ? La réponse devrait être connue d’ici à la conférence de presse que tiendra le Premier ministre, ce jeudi 14 janvier.

Troisième vague, variant britannique…

L’hypothèse d’une troisième vague ne peut pas être écartée tant que les retombées des fêtes de fin d’année sur le rythme des contaminations n’ont pu être établies.

À cela s’ajoute le variant britannique que le gouvernement souhaite surveiller au plus près. 70 % plus contagieuse, cette souche a entraîné une hausse exponentielle de cas dans le sud-est de l’Angleterre.

Que sait-on des deux nouveaux variants du Covid-19 ?

L’émergence au Royaume-Uni et en Afrique du Sud de deux nouveaux variants du Sars-CoV-2, plus contagieux selon les premières données, inquiète au plus haut point la communauté internationale. Le point sur ces deux mutations.

Des foyers d’infections ont été depuis localisés à Bagneux, Lille, dans les Hautes-Alpeset Marseille, où la première adjointe a évoqué, lundi 11 janvier, la possibilité d’un reconfinement local. Pas encore à l’ordre du jour.

Quant à la campagne de vaccination, commencée le 27 décembre, la première phase ne concernera qu’un million de Français en janvier. Cela permettra de limiter les contaminations et la mortalité au sein de Ehpad, pas de contrôler massivement la circulation du virus.

Pour autant, Jean Castex a insisté, ce lundi 11 janvier, devant les parlementaires : « La situation sanitaire est encore préoccupante, mais est l’une des moins dégradée en Europe grâce à la responsabilité des Français. »

Reconfinement ou couvre-feu étendu

Cela n’empêche pas des voix de se faire entendre pour réclamer un reconfinement : l’association PandémIA, constituée d’experts médicaux et scientifiques, craint que « l’aggravation de l’actuelle vague impose mi-janvier, un nouveau confinement, du fait, de nouveau, des graves pressions sur le système de santé. »

Pour l’association, « un reconfinement strict est la meilleure arme pour lutter contre la pandémie de Covid-19. »

Pour l’heure, le gouvernement semble plutôt miser sur le couvre-feu, avancé à 18 h dans un nombre grandissant de départements. Jusqu’à être étendu à tout le territoire ? Il pourrait également choisir, lors du conseil de défense qui se tiendra mercredi, de durcir certaines mesures.

Le tabou de l’école

Mais les leviers ne sont pas très nombreux. Depuis jeudi 7 janvier, un nouveau protocole sanitaire permet aux salariés qui le souhaitent de se rendre un jour par semaine sur leur lieu de travail.

Une semaine plus tard, difficile d’imaginer le gouvernement faire marche arrière et inciter à nouveau massivement au télétravail. Idem pour l’ouverture des lieux des cultes.

Quant à la fermeture des écoles, c’est un tabou – « Nous sacralisons, nous sanctuarisons l’école parce que l’éducation est fondamentale pour notre pays », a insisté dimanche 10 juin Olivier Véran, sur Europe 1  – même si certains scientifiques la réclament.

À l’issue d’une réunion avec les syndicats enseignants jeudi 7 janvier, le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer a annoncé que le protocole sanitaire ne serait pas renforcé dans les établissements scolaires. Tout en disant se tenir en alerte et prêt à bouger le curseur s’il le fallait. Mais il se refuse à envisager pour l’heure un report des épreuves anticipées du baccalauréat.

Une marge de manœuvre étroite

La marge de manœuvre est étroite mais le gouvernement ne peut se permettre le statu quo si les chiffres de contaminations gonflent.

Un nouveau reconfinement, après les ratés du début de la campagne de vaccination, serait vécu comme un nouveau camouflet alors que le déconfinement se fait à marche retenue depuis la mi-décembre.

Mais si l’épidémie, portée par le variant britannique, devient, à l’image de ce qui s’est passé au Royaume-Uni, à nouveau hors de contrôle, ce troisième confinement sera inévitable.

« En milieu de semaine, on saura quelle est la taille de l’ennemi et là il faudra prendre des mesures appropriées », prévient l’épidémiologiste Arnaud Fontanet, membre du conseil scientifique. Le verdict tombera alors jeudi, lors de la conférence de presse du Premier ministre.

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