Covid-19 : le Centre européen de lutte contre les maladies demande que les mesures sanitaires soient « appliquées d’urgence »

Jusqu'à présent, 67,7 % de la population européenne est entièrement vaccinée, mais avec d'énormes écarts d'un pays à l'autre. [Mongkolchon Akesin/Shutterstock]

Le Centre européen des maladies, l’ECDC, a recommandé mercredi 24 novembre d’appliquer immédiatement des mesures sanitaires et de poursuivre les efforts de vaccination des citoyens européens afin d’éviter une « charge très élevée de Covid-19 ».

« De récents scénarios de modélisation élaborés par l’ECDC indiquent que la charge de morbidité potentielle dans l’UE/EEE due au variant Delta sera très élevée en décembre et janvier », a averti Andrea Ammon, directrice du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies, dans une déclaration en ligne mercredi.

L’Europe est confrontée à une nouvelle vague de Covid-19 fulgurante, le nombre de nouveaux cas ne cessant d’augmenter rapidement. Au cours de la deuxième semaine de novembre, près de deux millions de personnes ont été infectées par le virus.

Pour limiter la propagation du variant Delta, qui est à l’origine de la plupart des infections à l’heure actuelle, des mesures de santé publique doivent être « appliquées dès maintenant, en combinaison avec des efforts continus pour augmenter l’utilisation du vaccin dans la population totale », a déclaré M. Ammon.

C’est « d’autant plus important » que la période des fêtes de fin d’année est propice aux rassemblements et aux voyages.

Jusqu’à présent, 67,7 % de la population européenne est entièrement vaccinée, mais avec d’énormes écarts d’un pays à l’autre.

« Il existe encore des sous-populations et des groupes d’âge dans lesquels la couverture reste inférieure à celle souhaitée, même dans les pays qui ont atteint une bonne couverture vaccinale globale », a déclaré M. Ammon.

En conséquence, « cela laisse un grand vide en matière de vaccination qui ne peut être comblé rapidement et laisse toute la place à la propagation du virus », a-t-il ajouté.

Mardi (23 novembre), l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a averti que 700000 personnes supplémentaires pourraient décéder du virus en Europe d’ici mars prochain.

« La Région Europe reste sous l’emprise de la pandémie de Covid-19. La semaine dernière, les décès signalés dus à la Covid-19 sont passés à près de 4200 par jour, soit un doublement par rapport aux 2100 décès quotidiens enregistrés à la fin du mois de septembre », a déclaré l’OMS dans un communiqué en ligne.

Le directeur régional de l’OMS pour l’Europe, Hans Kluge, a appelé à une approche « vaccin plus », qui consiste à combiner la vaccination, la distanciation sociale, le port du masque et le lavage des mains.

Dans l’ensemble du bloc européen, le taux de vaccination diffère d’un pays à l’autre. Seuls 24,2 % des Bulgares sont vaccinés, contre 86,7 % des Portugais.

La course à la dose de rappel

L’ECDC recommande également aux pays d’envisager une dose de rappel « pour tous les adultes de 18 ans et plus, avec une priorité pour les personnes de plus de 40 ans ».

Pour accélérer l’injection de doses de rappel, la Commission européenne veut harmoniser la durée de validité des certificats Covid-19, y compris les effets des rappels, a déclaré la Commissaire à la santé Stella Kyriakides lundi (22 novembre) lors de la session plénière du Parlement européen.

Une source européenne a déclaré à EURACTIV que le certificat Covid-19 pourrait expirer douze mois après la deuxième injection.

La Roumanie, la Bulgarie, la Hongrie, la Tchéquie et la Grèce ont déjà commencé à proposer la troisième dose aux citoyens de tous âges. D’autres l’ont recommandé aux personnes âgées et à celles à la santé fragile.

Au même moment, le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a envoyé une lettre à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, demandant de faire du rappel une condition pour que les citoyens de l’UE de plus de 60 ans puissent avoir un certificat européen Covid-19 valide et voyager au sein du bloc.

EURACTIV Grèce rapporte que dans sa lettre, le dirigeant grec fait référence à l’efficacité élevée (plus de 90 %) de la troisième dose pour la prévention de maladies graves et propose qu’elle devienne une condition pour voyager en toute sécurité au sein de l’UE pour les personnes âgées.

Il a souligné que cela permettrait aux systèmes de santé nationaux de faire face à une importante vague d’hospitalisations en hiver, mais aussi que la pandémie soit contrôlée sans qu’il soit nécessaire d’imposer de nouvelles restrictions générales, qui mettraient en péril la reprise économique et la liberté de circulation.

La Grèce a déjà rendu le rappel obligatoire pour les plus de 65 ans et l’administre sept mois après la dernière vaccination.

En Italie, le délai pour recevoir une troisième dose devrait être réduit à cinq mois au lieu de six, selon une lettre publiée mardi (23 novembre) par le directeur général de la prévention des maladies au ministère de la santé, Giovanni Rezza.

La dose de rappel devrait « accroître la protection contre l’infection due à la baisse de l’immunité, ce qui pourrait potentiellement réduire la transmission dans la population et prévenir des hospitalisations et des décès supplémentaires », a conclu M. Ammon de l’ECDC.

ECDC, Novembre 2021

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