Covid-19 : quels vaccins pour les Ukrainiens ayant précédemment reçu Covishield ou CoronaVac ?

Une réfugiée ukrainienne reçoit son vaccin contre la Covid-19 au centre Acea de Rome, le 9 mars 2022. Selon les chiffres du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), plus de deux millions d'Ukrainiens ont fui leur pays depuis que la Russie a commencé son invasion militaire de l'Ukraine le 24 février 2022. [EPA-EFE/RICCARDO ANTIMIANI]

Pour prévenir la propagation de la Covid-19, les pays accueillant des réfugiés ukrainiens doivent veiller à l’accessibilité aux vaccins. Sur les six vaccins autorisés en Ukraine, deux ne sont pas autorisés par l’Agence européenne des médicaments (EMA), et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) indique qu’il faut recourir à des combinaisons de vaccins dans ces cas-là.

Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie le 24 février dernier, 3,6 millions de réfugiés ont déjà quitté le pays en guerre. Alors que la pandémie de Covid-19 est toujours présente et que les cas sont en augmentation dans le monde entier, les organisations sanitaires internationales et européennes veulent s’assurer que les vaccins sont accessibles à ceux qui fuient la guerre.

« Les personnes qui se trouvent dans des circonstances particulièrement vulnérables, dans des situations de conflit ou d’urgence humanitaire, sont les groupes les plus prioritaires pour une vaccination complète », a indiqué Kate O’Brien, directrice de la vaccination, des vaccins et des produits biologiques à l’OMS, lors d’un point de presse mercredi 23 mars.

Elle a ajouté qu’il est important que les gens soient « protégés, en particulier contre les maladies graves et l’hospitalisation ».

35 % des Ukrainiens sont entièrement vaccinés et environ 2 % seulement ont reçu une dose de rappel, selon les données de l’OMS du 27 février.

Lors du point de presse de mercredi, le vice-président de la Commission européenne, Margaritis Schinas, a déclaré que « malheureusement, l’Ukraine est un pays présentant un faible taux de vaccination et cela constituera un défi en matière de vaccination ».

Il a ajouté que l’UE possède « suffisamment de stocks de vaccins contre la Covid pour couvrir les besoins de tous ceux qui arrivent ».

« Nous poursuivons nos efforts pour utiliser les outils de l’UE, comme l’accord de passation conjointe de marché, afin de soutenir les États membres dans la distribution des vaccins. »

Six vaccins sont autorisés en Ukraine. Quatre d’entre eux sont bien connus des Européens, il sagit de ceux développés par BioNTech et Pfizer, Moderna, AstraZeneca et Janssen Pharmaceutica NV.

Les deux autres vaccins autorisés dans le pays sont répertoriés par l’OMS comme vaccins d’urgence : le vaccin Covishield de l’Indian Serum Institute et le vaccin CoronaVac de la société pharmaceutique Sinovac, basée à Pékin, mais ils ne sont pas autorisés par l’EMA.

La procédure est claire pour ceux qui doivent recevoir une primo-vaccination ou qui ont reçu leur première injection avec un vaccin autorisé dans l’UE, mais elle l’est moins pour ceux qui ont été vaccinés avec Covishield ou CoronaVac et qui ont maintenant besoin d’une deuxième injection ou d’un rappel.

En Moldavie, il faut s'occuper de la santé des réfugiés mais aussi de celle des Moldaves, selon l'OMS

Lors d’un déplacement en Moldavie, Hans Kluge, directeur régional de l’OMS pour l’Europe, a déclaré qu’il était urgent de renforcer le système national de santé publique pour les réfugiés ukrainiens mais aussi pour les Moldaves eux-mêmes.

Pour l’OMS, il faut opter pour une combinaison de vaccins

« Les recommandations de l’OMS autorisent et recommandent, en réalité, des combinaisons de vaccins comme un moyen parfaitement acceptable d’assurer une vaccination complète », a souligné Mme O’Brien.

Un porte-parole de l’OMS a confié à EURACTIV qu’une approche hétérologue, où différents vaccins sont administrés, pourrait même offrir une meilleure protection contre le virus.

« De plus en plus de données montrent que l’efficacité et l’immunogénicité des schémas hétérologues étaient similaires ou supérieures à celles des schémas homologues. Cela indique qu’il est à la fois sûr et au moins aussi efficace de recevoir un vaccin différent comme deuxième dose et/ou dose de rappel que de recevoir toutes les doses du même produit », a déclaré le porte-parole.

« Ceux qui ne peuvent pas avoir accès au même vaccin devraient recevoir les vaccins qui sont autorisés et disponibles là où ils se trouvent », a conclu le porte-parole.

Interrogé par EURACTIV sur les plateformes de vaccins qui devraient être sélectionnées pour être combinées avec Covishield et CoronaVac, Mme O’Brien n’en a spécifié aucune, mais elle a déclaré que « la disponibilité des produits sur un certain nombre de plateformes différentes permet un accès large pour que les gens puissent compléter leur schéma vaccinal s’ils ont déjà [reçu une première dose] ».

Aucune recommandation de l’ECDC

Le 18 mars, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) a publié des conseils pour la prévention et le contrôle de la Covid-19 dans les centres d’accueil temporaire dans le contexte de de l’afflux massif de réfugiés ukrainiens.

L’accent a été mis sur la vaccination et le dépistage des personnes déplacées dans les centres d’accueil, « où le risque d’épidémies de maladies transmissibles est plus élevé », indique l’ECDC dans un communiqué de presse.

Il a également souligné que « de nombreuses personnes fuyant l’Ukraine ne seront probablement pas complètement vaccinées contre la Covid-19 » et qu’en cas « d’absence de preuve documentée d’une vaccination antérieure, les enfants et les adultes ukrainiens éligibles devraient se voir proposer une primovaccination contre la Covid-19 ainsi qu’une dose de rappel ».

En revanche, le texte ne mentionne pas la vaccination des personnes ayant déjà reçu leur première injection ou leur primovaccination avec Covishield et CoronaVac.

Un porte-parole de l’ECDC a confié à EURACTIV qu’il avait été démontré que le mélange de vaccins était « sûr et entraînait une immunogénicité satisfaisante, la plupart des preuves concernent des produits vaccinaux autorisés dans l’UE et il existe très peu de preuves dans la littérature sur les vaccinations hétérologues chez les personnes primo-vaccinées avec Covishield ou Coronavac ».

Pour l’instant, l’ECDC ne dispose « d’aucune information sur les politiques nationales en matière de vaccinations hétérologues après une primovaccination avec un vaccin contre la Covid-19 non autorisé dans l’UE », a expliqué le porte-parole de l’ECDC.

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