Covid-19 : un risque estival méconnu

[Shutterstock/Vitaly Karyakin]

Pourrait-il y avoir une deuxième vague de Covid-19 dès cet été en France ? Difficile de trancher actuellement, puisque l’éventuel rebond épidémique dépendra de la réponse du virus aux conditions météorologiques estivales. Un article de notre partenaire, le Journal de l’environnement.

Comme le virus de la grippe, plusieurs coronavirus, dont ceux responsables du rhume hivernal, sont « météo-sensibles », faisant leur retour en hiver après un repos estival. Outre la température, l’exposition aux UV, plus intense en été, déstabilise les particules virales. Or à ce jour, rien ne permet de dire ce que sera le comportement saisonnier du SRAS-CoV-2, agent de la Covid-19.

De même, les pays tempérés, en Europe et en Amérique du Nord, sont de très loin les plus touchés par l’épidémie, alors que plusieurs pays tropicaux sont relativement épargnés. Plusieurs pays d’Asie tropicale, au sud de la Chine, présentent un faible nombre de décès liés à la Covid-19, tels que la Thaïlande (56 morts) et le Vietnam (zéro décès), selon les chiffres officiels.

L’Afrique, bilan léger mais fortes craintes

Si l’Afrique fait l’objet de nombreuses inquiétudes, elle compte à ce jour moins de 2 000 décès officiels, pour la plupart dans les pays arabes et en Afrique du Sud. Pourtant, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estimait encore jeudi 7 mai que la maladie pourrait tuer jusqu’à 190 000 Africains au cours de la première année de la pandémie, et en infecter jusqu’à 44 millions.

Faut-il y voir une protection épidémique du continent africain, et si oui, est-ce là une conséquence d’une météo-sensibilité du virus ? Pas forcément : l’Afrique présente une bien moindre densité de population que l’Europe ou l’Asie, et la population la plus jeune au monde. Si elle compte plusieurs mégalopoles, dont Lagos au Nigéria, les échanges aériens avec d’autres capitales mondiales sont réduits, limitant l’introduction du virus. Derniers touchés, plusieurs pays africains ont pu rapidement adopter des mesures de distanciation sociale et de confinement.

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Un débat scientifique pas tranché

De plus, la météo-sensibilité du SRAS-CoV-2 fait encore débat chez les scientifiques. Lors d’une étude publiée vendredi 8 mai dans le Canadian Medical Association Journal (CMAJ), menée sur plus de 375 000 cas dans 144 pays et États américains, Peter Jüni, de l’Institut de politique sanitaire à l’université de Toronto (Ontario), et ses collègues estiment ainsi que la température et la latitude n’influent pas sur la croissance du nombre de cas.

À l’inverse, l’humidité semble avoir un léger effet positif : lorsque l’hygrométrie augmente de 10 %, le taux de transmission diminue de 9 %. Ce qui pourrait conforter l’hypothèse, non prouvée à ce jour, avancée fin mars par la Société italienne de médecine environnementale (SIMA) : selon les experts transalpins, les particules fines pourraient porter le virus, favorisant sa propagation. L’humidité, qui diminue le taux de particules fines, pourrait ainsi ralentir la propagation épidémique.

À l’inverse des chercheurs canadiens, une équipe brésilienne soutient au contraire l’idée d’une sensibilité du virus à la température. Publiée fin avril dans the Science of Total Environment, leur étude montre, au sein du Brésil, que toute hausse de 1 °C diminue de 5 % le nombre de nouveaux cas. Et ce jusqu’à 25,8 °C : au-delà, les auteurs observent un effet plateau, avec une persistance de la transmission à faible niveau.

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