Covid long : la France poursuit ses recherches, l’UE recommande aux malades de ne pas travailler à plus de 70% de leur capacité

La maladie représente un défi considérable pour les employeurs et les employés. [fizkes/Shutterstock]

En France, la nouvelle ministre de la Santé Brigitte Bourguignon continuera la lutte contre le Covid long. De son côté, Bruxelles recommande aux malades de travailler à temps partiel, sans quoi le risque de rechute de la maladie serait inévitable.

Encore difficile à identifier, le Covid long concernerait 10 à 30% des personnes infectées par la Covid-19.

On considère qu’une personne est atteinte de Covid long lorsqu’elle présente des symptômes de la maladie pendant plus de trois mois après avoir été testée positive. Épuisement, essoufflement, malaises post effort, douleurs… Un véritable calvaire pour les malades.

Le ministère de la Santé a fait savoir à EURACTIV que la nouvelle ministre de la Santé Brigitte Bourguignon s’emparerait à son tour du dossier Covid long dans la continuité de la feuille de route de son prédécesseur Olivier Véran.

En mars dernier, M. Véran définit trois priorités concernant la maladie : améliorer sa prise en charge, mieux la connaître et surtout mieux la faire connaître au sein de la population et des professionnels de santé.

« On attend de Mme Bourguignon continue sur la même lancée qu’Olivier Véran, et qu’elle aille plus loin avec une vraie reconnaissance, une vraie prise en charge et avoir de la recherche », déclare à EURACTIV Céline Castera de l’association de patients AprèsJ20.

La maladie représente un défi considérable pour les employeurs et les employés, peut-on lire dans la dernière publication de l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail sur l’impact de la Covid sur le monde du travail publiée le 20 mai dernier.

Pour la plupart d’entre eux, difficile de retourner au travail. Il y a l’épuisement physique, mais aussi l’épuisement psychique, ce « brouillard cérébral » dont parlent les malades et qui provoque des troubles de l’attention et de la concentration.

Pour réduire le risque de rechute, les travailleurs ne doivent pas faire plus de 70 % de ce dont ils se sentent capables, indique encore la publication, car « la fatigue peut provoquer des rechutes et retarder davantage la guérison ».

« Ceci suggère la nécessité d’une politique spécifique au sein des entreprises, ou du moins une reconnaissance explicite de la maladie du Covid long dans les politiques existantes en matière d’arrêt maladie », précise l’agence européenne.

À cela s’ajoute la nécessité d’allonger les délais qui permettent d’obtenir un congé maladie, en raison de  la récupération qui « peut être très lente à cause de la fatigue ou d’autres symptômes », rappelle la publication.

Le gouvernement présente sa feuille de route du Covid long

Le gouvernement souhaite « poursuivre et intensifier les actions menées pour prendre en charge les Covid longs », a annoncé le cabinet d’Oliver Véran jeudi (17 mars), confiant à un groupe d’experts l’établissement d’une feuille de route.

Incapacité de travailler depuis septembre 2021

Certains malades ne peuvent tout simplement pas retourner travailler, comme Mme Castera 41 ans. Infirmière libérale dans l’est de la France, elle a dû s’arrêter de travailler définitivement en septembre dernier après avoir passé deux mois alitée en fauteuil roulant.

La jeune femme a contracté le coronavirus en mars 2020. Lorsqu’elle reprend le travail trois semaines après, la fatigue est intense. Le verdict tombe : elle a un Covid long. Elle sera arrêtée un an. En mai 2021, Céline reprend le travail à 25%. En septembre 2021, à son retour de vacances, la jeune femme est épuisée et est arrêtée pour de bon.

Céline Castera et les membres d’Aprèsj20 appellent d’abord à une reconnaissance de la maladie. Le manque de données et le manque de reconnaissance de la maladie entraînent des « difficultés de prise en charge », souligne Céline Castera.

Le manque de reconnaissance plonge également des malades dans la précarité qui perdent leur emploi, ou travaillent à temps partiel, et n’ont alors pas accès à un congé longue maladie par exemple.

« Former les médecins est également nécessaire. Il faut aussi que la recherche avance », ajoute Mme Castera.

Les analyses concernant les Covid longs sont toujours en cours, a déclaré Santé publique France à EURACTIV, sans donner plus de précisions.

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