Des États membres font pression pour accélérer l’approbation du vaccin Sputnik V

Des boîtes de vaccins Sputnik V sont déchargées d'un camion dans un entrepôt de Hungaropharma, une société hongroise de vente en gros de produits pharmaceutiques, à Budapest, le 4 mars 2021. [EPA-EFE/Zoltan Mathe HUNGARY OUT]

Le vaccin russe Sputnik V fait l’objet d’une controverse en Europe, car de plus en plus de pays envisagent de l’approuver à titre exceptionnel, sans attendre l’avis de l’Agence européenne des médicaments. Un article d’Euractiv Italie.

Sputnik V suscite un vaste débat en Europe. Le vaccin produit en Russie, qui semble d’une efficacité remarquable d’après ce que révèlent les tests publiés jusqu’à maintenant, n’a pas encore été approuvé par l’Agence européenne des médicaments (EMA). Celle-ci a toutefois entamé le processus d’examen des données pour aller plus vite.

Certains pays européens ont décidé de faire cavalier seul et d’approuver le vaccin pour un usage domestique à titre exceptionnel. Après la Hongrie, qui a été la première à l’utiliser, de même que le vaccin chinois de la société Sinopharm, la Slovaquie et la République tchèque ont également reçu une livraison de doses de Sputnik V récemment.

Le Premier ministre slovaque, Igor Matovič, a demandé à l’EMA d’accélérer les procédures d’approbation des vaccins, en particulier celles relatives au Sputnik V, car « des vies sont en jeu, de nombreuses vies ». Igor Matovič appelle à raccourcir la durée du processus, en passant de deux à trois mois actuels à quelques semaines.

Un sondage effectué récemment en Slovaquie a montré que le vaccin russe jouissait auprès de la population d’une perception plus favorable que ceux d’AstraZeneca et de Moderna et était à peine moins plébiscité que celui de Pfizer-BioNtech. 53% des répondants se disaient prêts à y avoir recours.

L’EMA, pour sa part, avait déconseillé l’approbation nationale du vaccin Sputnik V, comparant la démarche à une « roulette russe ». La présidente du conseil d’administration de l’EMA, Christa Wirthumer-Hoche, avait prévenu l’Autriche, qui était également intéressée par l’achat du vaccin de Moscou, que les données n’étaient pas suffisantes pour établir son efficacité.

Vaccins : l'Autriche envisage de produire le Spoutnik V en cas d'autorisation

Le chancelier autrichien, Sebastian Kurz, s’est dit ouvert dimanche à ce que les vaccins russe Spoutnik V ou chinois contre le Covid-19 soient produits en Autriche, s’ils obtiennent une autorisation de mise sur le marché dans l’Union européenne.

Ces déclarations avaient provoqué une vive réaction des fabricants du vaccin, qui avaient exigé des excuses publiques de la part de l’EMA, dont les commentaires auraient soulevé « des questions sur une possible interférence politique dans l’examen actuel des données sur le vaccin ».

« Les Européens méritent un examen neutre, comme cela a été effectué dans 46 autres pays », ont écrit les fabricants. « Après avoir différé [l’examen des données] pendant des mois, l’EMA n’a pas le droit de saper la crédibilité de tous les autres régulateurs, qui ont évalué toutes les données pertinentes. »

La Russie a accusé à plusieurs reprises l’UE de vouloir politiser la question des vaccins, alors que de leur côté, les institutions européennes soulignent que leur seule préoccupation est la santé des citoyens. Quoi qu’il en soit, des détracteurs de Sputnik V affirment que la Russie cache des ambitions politiques derrière son vaccin.

Ouverture d’un site de production de Sputnik V en Italie ?

L’Italie pourrait être le premier pays européen à accueillir un site de production du vaccin russe Sputnik V, après que le fonds souverain russe Rdif et l’agence pharmaceutique suisse Adienne ont signé un accord commercial, ce qui a également été confirmé par la Chambre de commerce italo-russe.

La Russie offre à la Finlande la technologie nécessaire à la fabrication du vaccin Spoutnik V

La Russie a proposé à la Finlande de lui fournir la technologie nécessaire à la production de son vaccin Spoutnik V, a révélé l’agence de presse Tass, dans ce que les observateurs craignent être une manœuvre stratégique à motifs politiques et commerciaux.

Le site est situé à Caponago, dans la province de Monza et Brianza, et selon les plans, la production devrait commencer en juillet, avec pour objectif de produire au moins 10 millions de doses de Sputnik V d’ici à la fin de l’année.

« Il s’agit du premier accord de ce type en Europe », précise Vincenzo Trani, chef de la Chambre de commerce italo-russe. « Cela pourrait constituer un événement historique et démontrer le bon état des relations entre nos pays. Et aussi que les entreprises italiennes voient au-delà des divisions politiques », a-t-il ajouté.

Cependant, la région de Lombardie a affirmé n’avoir appris la nouvelle que lorsqu’elle avait été rapportée dans les médias. Les autorités italiennes ont confirmé qu’elles n’avaient pas été informées de l’accord à l’avance.

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